SAM WOR­THING­TON TENTE DE VAINCRE SES PEURS

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Bruce Kirk­land Agence QMI

LOS AN­GELES | Sam Wor­thing­ton, hé­ros de films d’ac­tion hol­ly­woo­diens, a ac­cep­té sans hé­si­ta­tion le rôle qui lui était pro­po­sé dans le thril­ler Le temps d’un vol, un film à sa « hau­teur ».

Ce n’est qu’en­suite que l’aus­tra­lien, qui a joué dans Ava­tar et Le choc des Ti

tans, a réa­li­sé qu’il s’était en fait en­ga­gé à se te­nir sur le re­bord ex­té­rieur d’une fe­nêtre du 21e étage de l’hô­tel Roo­se­velt, à Man­hat­tan. C’est là qu’as­ger Leth, le réa­li­sa­teur du film, avait choi­si de tour­ner la ma­jeure par­tie du long­mé­trage. « J’étais tel­le­ment ab­sor­bé par le scé­na­rio que j’en ai ou­blié le fait que ce se­rait moi qui de­vrais me te­nir au bord de cet édi­fice », a-t-il ex­pli­qué.

Il n’avoue­ra ja­mais qu’il a pa­ni­qué, mais il a pour­tant un vé­ri­table pro­blème – qu’il ex­plique d’ailleurs en des termes plu­tôt amu­sants. « Je ne crois pas avoir la peur des hau­teurs, s’est-il dé­fen­du avec une moue un peu triste. J’ai plu­tôt peur de tom­ber et de m’écra­ser sur le sol. N’im­porte qui de moin­dre­ment sen­sé au­rait eu peur de mar­cher sur le re­bord d’une fe­nêtre à 200 pieds de haut en­vi­ron. »

La pre­mière fois qu’il s’est aven­tu­ré à l’ex­té­rieur, il a dit à As­ger Leth : « Filme et on ver­ra ce que ça donne ». L’équipe de cas­ca­deurs l’avait at­ta­ché avec un har­nais de sé­cu­ri­té, mais l’ac­teur avait in­sis­té pour que la corde soit lousse et non ten­due, ques­tion de bien sen­tir le dan­ger.

L’AIR RÉEL

Son per­son­nage, un an­cien po­li­cier new-yor­kais éva­dé de pri­son, se met dans une fâ­cheuse po­si­tion pour at­ti­rer l’at­ten­tion. Une psy­cho­logue (Eli­za­beth Banks) qui tra­vaille pour la po­lice tente de le convaincre de re­des­cendre, mais elle ne sait pas qu’il a un plan. Wor­thing­ton vou­lait ab­so­lu­ment que ces scènes aient l’air réelles.

Pour l’ac­teur, cette pre­mière ex­cur­sion à l’ex­té­rieur a été un franc suc­cès. « Ce sont les pre­mières images que vous voyez dans le film. C’était la pre­mière fois que je mon­tais. J’ai été chan­ceux de ne pas fondre en larmes. Ç’au­rait don­né un ré­sul­tat dif­fé­rent dans le film, a-t-il af­fir­mé en lâ­chant un rire bruyant. Elle [la psy­cho­logue] au­rait ten­té de m’at­ti­rer à l’in­té­rieur avec des bon­bons. »

Cette anec­dote ré­vèle beau­coup au su­jet du film, Le temps d’un vol, comme au su­jet de son ac­teur prin­ci­pal. Le film contient peu d’ef­fets spé­ciaux et l’équipe en est fière. L’ac­teur est di­rect, mais ef­fa­cé.

Wor­thing­ton, main­te­nant âgé de 35 ans, est ori­gi­naire d’angleterre, mais a gran­di en Aus­tra­lie. Sa car­rière hol­ly­woo­dienne a dé­col­lé en flèche grâce au film Ava­tar, dans le­quel il in­ter­pré­tait le per­son­nage de Jake Sul­ly, le ma­rine pa­ra­plé­gique en­rô­lé pour prendre la place de son frère lors de la mis­sion sur la pla­nète Pan­do­ra. En­suite, il a joué le rôle de Per­sée dans le film Le choc des Ti

tans, mais il s’est tou­te­fois ex­cu­sé au­près du pu­blic pour avoir li­vré, se­lon lui, une per­for­mance dé­tes­table. Il a d’ailleurs pro­mis de faire mieux dans la suite La co­lère des Titans, dont la sor­tie est pré­vue en mars.

« J’adore, a ré­vé­lé l’ac­teur au su­jet de la suite. C’est ab­so­lu­ment im­pres­sion­nant. J’ai sen­ti, lors du pre­mier film, que j’avais lais­sé tom­bé le pu­blic en n’étant pas à la hau­teur de mon per­son­nage. J’ai joué comme un ac­teur clas­sique de films d’ac­tion fades. C’est tout. J’étais comme un au­to­mate. Je me suis haï pour ça. J’ai échoué, je l’avoue. J’ai donc vou­lu me re­prendre et créer un per­son­nage unique. »

LE CHOIX DE SES FILMS

L’ac­teur a sou­te­nu qu’après avoir tour­né Le choc des Titans, il a ten­té de cal­mer sa peur de la pré­ca­ri­té en ac­cep­tant de faire du dou­blage pour Call

of Du­ty : Black Ops, un jeu vi­déo. Après mûre ré­flexion, il a eu le cou­rage d’ac­cep­ter le rôle qu’on lui of­frait dans Le temps d’un vol.

« Je choi­sis dé­sor­mais de jouer dans les films que j’irais moi-même voir, pour être bien hon­nête. Je lis le scé­na­rio et me de­mande : “est-ce que je paye­rais 16 dol­lars pour al­ler voir ce film ?” Parce qu’en tant qu’ac­teur, ma res­pon­sa­bi­li­té vis-à-vis du pu­blic, c’est de lui en don­ner pour son ar­gent. » Se­lon Wor­thing­ton, Le temps d’un vol porte un re­gard nou­veau sur un genre plu­tôt fa­mi­lier. « C’est une bonne idée d’avoir le per­son­nage prin­ci­pal qui est con­fi­né à un en­droit », a-t-il sou­li­gné. Pen­dant ce temps, il y a tout de même de l’ac­tion du cô­té du frère du po­li­cier, in­ter­pré­té par Ja­mie Bell. « En écou­tant le film, on a en­vie de se dire que c’est presque “ti­ré par les che­veux”, mais c’est ce qui fait que c’est di­ver­tis­sant », a sou­te­nu l’ac­teur.

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