Be­noit Pi­lon, un ci­néaste bien an­cré dans la réa­li­té

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA -

BAIE-CO­MEAU | (Agence QMI) At­ti­ré par la com­plexi­té de l'âme hu­maine, le ci­néaste Be­noit Pi­lon a été bom­bar­dé de ques­tions à la suite de la dif­fu­sion de son deuxième long mé­trage, Dé­charge, au Fes­ti­val du film in­ter­na­tio­nal de BaieCo­meau, dont il as­sume la pré­si­dence d'hon­neur.

So­li­de­ment an­cré dans la réa­li­té ur­baine, ce film met en ve­dette Da­vid Bou­tin dans le rôle de Pierre, un vi­dan­geur à son compte, qui mène une vie pai­sible, avec sa femme, Made- leine (Isabel Ri­cher) et ses trois en­fants. Mais lors­qu'un de ses re­je­tons se blesse sur une se­ringue je­tée par un jun­kie dans un parc, l'homme veut faire le mé­nage. C'est dans ce contexte qu'il fait la connais­sance d'une jeune pros­ti­tuée, Ève (Sophie Des­ma­rais).

Ma­rié à une in­ter­ve­nante so­ciale qui l'a sor­ti de la rue, Pierre va re­plon­ger dans le monde de ses dé­mons in­té­rieurs. «Je vou­lais un roc qui se fis­sure», ra­conte Be­noit Pi­lon, en ex­pli­quant pour­quoi il a confié ce rôle de per­son­nage très phy­sique à Da­vid Bou­tin. À ses yeux, cet ac­teur qué­bé­cois pos­sède ce

type de jeu à l'amé­ri­caine.

PROS­TI­TU­TION

S'il sou­haite que ses films fassent ré­flé­chir, Be­noit Pi­lon ne prend pas po­si­tion. D'ailleurs à un ci­né­phile qui lui de­man­dait s'il se­rait pour la lé­ga­li­sa­tion de la pros­ti­tu­tion, il a ré­pon­du par une autre ques­tion: «Est-ce que la lé­ga­li­sa­tion ré­gle­rait tous les pro­blèmes? » «Je ne pré­tends pas avoir as­sez ré­flé­chi à ce­la pour prendre une po­si­tion of­fi­cielle», a-t-il dit.

D'ailleurs, les der­nières images du film laissent en­tre­voir que le des­tin de ses per­son­na- ges ne lui ap­par­tient plus une fois le der­nier coup de clap don­né. «Je ne pré­tends pas mon­trer la réa­li­té, mais je veux que ce soit cré­dible»! Mis­sion réus­sie! Ré­com­penses Les prix sont-ils im­por­tants pour lui? «C'est sûr que ça fait plai­sir», dit-il, alors qu'on lui rap­pe­lait que son pre­mier film en avait rem­por­té plu­sieurs. «Le ci­né­ma n'est pas une science exacte. Je suis chan­ceux que ça soit arrivé dans ma car­rière, sou­tient-il. Il faut être humble pour ac­cep­ter que tu as eu du suc­cès avec un film et moins avec un autre».

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