GAR­DER LE MO­MEN­TUM

Après le suc­cès qu’a connu l’al­bum Fan­ta­sies, au Ca­na­da et à l’étran­ger, et l’érein­tante tour­née mon­diale qui a sui­vi, le groupe to­ron­tois Me­tric au­rait été en droit de s’ac­cor­der une pé­riode de re­pos bien mé­ri­tée. Or, les mu­si­ciens ont plu­tôt dé­ci­dé de c

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE -

On dit que Me­tric est un groupe to­ron­tois, mais la for­ma­tion a ses as­sises un peu par­tout en Amé­rique du Nord. « Notre stu­dio est à To­ron­to, mais notre com­pa­gnie de disque est à Mon­tréal, dit Emi­ly. Per­son­nel­le­ment, je passe beau­coup de temps à New York, là où Josh (Wins­tead) vit. Pour ce qui est de Joules, il vit à Oak­land. Nous sommes le groupe des Na­tions unies ! »

C’est dans un hô­tel au centre-ville, à Mon­tréal, que nous avons ren­con­tré Emi­ly Haines, chan­teuse du groupe, et Jim­my Shaw, gui­ta­riste et deuxième tête pen­sante de la for­ma­tion. Les mu­si­ciens étaient de pas­sage dans la mé­tro­pole pour y faire un peu de pro­mo, en plus d’of­frir un concert pri­vé à une poi­gnée de fans chan­ceux, au Na­tio­nal.

LE SUC­CÈS DE FAN­TA­SIES

Me­tric étant ac­tif de­puis 10 ans, de quelle fa­çon les mu­si­ciens ar­rivent-ils à être en­core per­ti­nents ? « Per­sonne n’est ca­pable de pré­dire ce qui se­ra en vogue ou po­pu­laire, ré­pond Emi­ly. C’est plu­tôt une ques­tion de faire ce qui a du sens pour toi. Pour nous, ç’a été vrai­ment di­ver­tis­sant de voir les modes et les groupes ve­nir et par­tir, à tra­vers les an­nées. Quand nous avons com­men­cé à jouer dans les clubs à New York, c’était la mode du ga­rage rock. J’étais là avec mon syn­thé­ti­seur Cir­cuits Pro One, que j’avais ache­té à Mon­tréal. Tout le monde me de­man­dait ce que c’était. Main­te­nant, la mu­sique avec syn­thé­ti­seur est vrai­ment ac­cep­tée. »

Dé­jà très ap­pré­cié par les cri­tiques et le pu­blic, Me­tric a vu sa po­pu­la­ri­té faire un grand bon avec la sor­tie de Fan­ta­sies, en 2009. Tout à coup, le nom du groupe était sur toutes les lèvres, aux quatre coins de la pla­nète. « C’était vrai­ment le fun, dit Emi­ly. Pour nous, la der­nière tour­née s’est tra­duite en ex­ci­ta­tion. Main­te­nant, nous avons plus d’es­pace sur scène. »

« C’est tel­le­ment bi­zarre. Tout est à pro­pos de l’es­pace, fait re­mar­quer Jim­my. Tout à coup, il y a plus d’es­pace dans ta chambre d’hô­tel, plus d’es­pace dans l’au­to­bus et dans l’avion. C’est comme si les gens vou­laient plus d’es­pace pour s’éloi­gner des autres. »

IS­TAN­BUL ET LE MEXIQUE

L’en­droit le plus in­usi­té où le groupe a joué du­rant la der­nière tour­née ? « Il y a des en­droits où, bi­zar­re­ment, il y a de l’amour pour nous, même s’il n’y a pas de ma­chine der­rière, pas de mar­ke­ting, dit Emi­ly. Nous al­lons à Is­tan­bul où nous se­rons en tête d’af­fiche d’un gros fes­ti­val. Il y a aus­si des places comme São Pau­lo et Mexi­co Ci­ty avec qui nous avons une vraie connexion. »

« Le der­nier show que nous avons fait était à l’Au­di­to­rio Na­cio­nal, à Mexi­co Ci­ty, dit Jim­my. C’était dans une salle de 12000 per­sonnes, à gui­chets fer­més, dans un grand parc, au centre de la ville. C’est une des plus in­croyables salles où nous avons joué. Les fans mexi­cains sont vrai­ment over the top et fous. »

ÉNER­GIES PO­SI­TIVES

Une fois la tour­née ter­mi­née, les membres du groupe se sont tous en­ten­dus pour re­tour­ner im­mé­dia­te­ment en stu­dio, mal­gré la fa­tigue. « C’était bi­zarre parce que nor­ma­le­ment, tu veux prendre une longue pause, parce que tu es épui­sé, dit Emi­ly. Nous étions fa­ti­gués, mais nous vou­lions conti­nuer à tra­vailler. Il y avait un mo­men­tum. Nous sommes al­lés di­rec­te­ment en stu­dio. Je crois que ç’a été une bonne idée parce que nous n’avons pu y pen­ser trop. »

« Nous avions be­soin de prendre ce mo­men­tum, ajoute Jim­my. Il y avait tel­le­ment de bonnes éner­gies po­si­tives. Nous étions vrai­ment heu­reux, car nous avions ac­com­pli quelque chose que nous n’avions ja­mais pen­sé être pos­sible. »

Eux qui viennent ré­gu­liè­re­ment Mon­tréal, pour­quoi ne s’ins­tallent-ils pas ici ? « À chaque fois que je viens ici, je me pose la même ques­tion, ré­pond Emi­ly. C’est plu­tôt parce que notre stu­dio est à To­ron­to. Pour­quoi ne pas en avoir un aus­si à Mon­tréal ? Bon point. En­voie-nous tes sug­ges­tions. Craig­slist, quel­qu’un ? »

Emi­ly Haines et Jim­my Shaw font par­tie de Me­tric de­puis dix ans.

Ra­phaël

RA­PHAEL.GEN­DRON-MARTIN@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

Gen­dron-Martin

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