TOMC­RUISE, CHANTEURDE ROCK’N’ROLL

Tom Cruise en bête de scène, Alec Bald­win en pro­prié­taire de boîte de nuit, Paul Gia­mat­ti en gé­rant ma­ni­pu­la­teur et Ca­the­rine Ze­ta-jones en mi­li­tante an­ti­rock. C’est ce que pro­pose L’ère du rock, adap­ta­tion de la co­mé­die mu­si­cale du même nom.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie Agence QMI

Pour mettre sur pied une pro­duc­tion de cette am­pleur, qui suit deux jeunes (Ju­lianne Hough et Die­go Bo­ne­ta) vou­lant réus­sir dans les an­nées 1980 à Los An­geles, le réa­li­sa­teur Adam Shank­man n’a re­cu­lé de­vant rien... pas même de­vant le fait d’em­bau­cher l’une des plus grandes ve­dettes hol­ly­woo­diennes pour la trans­for­mer en star du rock.

« Alors que je me di­sais que ce se­rait su­per d’avoir une star pour in­car­ner Sta­cee Jaxx, j’ai croi­sé Tom Cruise. Je lui ai alors par­lé du rôle et il a écla­té de rire. Eh bien, il a ac­cep­té, et je me suis re­trou­vé à faire une co­mé­die mu­si­cale avec Tom Cruise ! », s’est rap­pe­lé Adam Shank­man lors d’un évé­ne­ment pro­mo­tion­nel du film.

« Ce qui est gé­nial avec les an­nées 1980, c’est que c’est une époque qui se prête mer­veilleu­se­ment bien à l’au­to­dé­ri­sion. Mais c’est aus­si les an­nées au cours des­quelles je me suis le plus amu­sé, car rien n’avait de consé­quence fâ­cheuse, je pou­vais faire ce que je vou­lais. Alors, quand on était une rock star, on pou­vait vrai­ment faire n’im­porte quoi. On pou­vait bai­ser au­tant qu’on vou­lait, car il n’y avait pas en­core le si­da, on trou­vait des tonnes de drogues et la dés­in­tox n’exis­tait pas... De sur­croît, tout ce­la était vi­sible sur MTV. C’est la der­nière fois de ma vie où j’ai eu l’im­pres­sion que je pou­vais m’amu­ser et faire la fête, et c’est ce que j’ai vou­lu rendre dans le film. »

NO SEX, NO DRUGS...

Sur le pla­teau et dans les mois qui ont pré­cé­dé le tour­nage, pas ques­tion de se li­vrer à des ex­cès, l’am­biance était d’un sé­rieux ad­mi­rable. Bien connu de ses pairs pour son pro­fes­sion­na­lisme, Tom Cruise a ain­si pas­sé des se­maines à s’en­traî­ner.

« J’ai pas­sé cinq heures par jour à ap­prendre à chan­ter et trois heures par jour à dan­ser. Je sa­vais, avant, que je pou­vais te­nir une note, mais per­sonne ne m’avait ja­mais ap­pris à contrô­ler ma voix », a ex­pli­qué l’ac­teur – qui n’a pas par­ti­ci­pé aux ac­ti­vi­tés de pro­mo­tion – dans les pages du ma­ga­zine Play­boy.

Le ci­néaste a dé­crit avec pas­sion son tra­vail avec l’ac­teur. « Je sa­vais que de don­ner le rôle à Tom Cruise mar­che­rait à cause de Ton

nerre sous les tro­piques ( Tro­pic Thun­der), à cause de son ni­veau d’im­pli­ca­tion et du même sé­rieux qu’il met dans un rôle dra­ma­tique que dans un rôle co­mique. Et c’est vrai­ment sa voix, rien n’a été re­tra­vaillé ni tru­qué. »

« Il ar­ri­vait sur le pla­teau deux heures avant pour ré­pé­ter... Tout ce qu’on en­tend sur lui et qu’on ne croit pas est to­ta­le­ment vrai. C’est l’ac­teur le plus pro­fes­sion­nel que je connaisse. Il nous a don­né une grande le­çon à tous. »

Aus­si sur­pre­nant que ce­la puisse pa­raître, il n’y a eu au­cune fric­tion entre Ca­the­rine Ze­ta-Jones, Alec Bald­win, Rus­sell Brand, Paul Gia­mat­ti et Tom Cruise. « Non, pas de ba­taille d’ego, tout le monde fai­sait son tra­vail », a sou- li­gné Adam Shank­man.

« Die­go Bo­ne­ta a ob­te­nu des con­seils de Tom Cruise sur la ma­nière de réus­sir une au­di­tion et des trucs pour sor­tir avec les filles de la part d’Alec Bald­win. C’était com­plè­te­ment fou ! »

COURS DE CHANT

À l’ins­tar de Tom Cruise, les ac­teurs ont eu des cours de chant afin de par­faire leurs voix et Ca­the­rine Ze­ta-Jones – qui avait dé­jà une ex­pé­rience cer­taine en la ma­tière avec Chi­ca­go – a sau­té dans l’aven­ture à pieds joints. « Adam m’a de­man­dé si je vou­lais dan­ser et chan­ter à nou­veau, il m’a pré­ci­sé que je chan­te­rais du Pat Be­na­tar, que j’au­rais un duo avec Rus­sell Brand et que je se­rais la mé­chante. J’ai im­mé­dia­te­ment ré­pon­du oui ! », a dit l’ac­trice, dont le per­son­nage du maire de la ville mène une croi­sade contre la mu­sique rock, qu’elle tient res­pon­sable de tous les maux de la terre. « Tour­ner une co­mé­die mu­si­cale pour le cinéma n’est pas du tout la même chose que pré­sen­ter quelque chose sur Broad­way. C’est très exi­geant, car il faut re­faire les scènes de mul­tiples fois en fonc­tion des angles de ca­mé­ra. Mais c’est tout aus­si gra­ti­fiant ! »

« Quand on voit le film, on peut sen­tir tout le plai­sir qu’ont pris les ac­teurs à jouer. Et j’ai l’im­pres­sion que le pu­blic va em­bar­quer tant c’est conta­gieux ! »

L’ère du rock rem­plit les salles obs­cures du Qué­bec de notes de mu­sique le 15 juin.

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