BIEN­VE­NUE en en­fance

Pour son sixième long mé­trage – et après une in­cur­sion dans le do­maine de l’ani­ma­tion – Wes An­der­son amène le pu­blic en 1965, alors que deux en­fants s’en­fuient de leur vil­lage.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie Agence QMI

Pré­sen­té en ou­ver­ture du Fes­ti­val de Cannes en mai der­nier – Moonrise King

dom était éga­le­ment en com­pé­ti­tion –, le long mé­trage met en ve­dette Frances McDor­mand, Bill Mur­ray, Bruce Willis, Ed­ward Nor­ton et Til­da Swin­ton. Les deux jeunes sont, eux, in­car­nés par Ja­red Gil­man et Ka­ra Hayward dont c’est la pre­mière ap­pa­ri­tion à l’écran.

« Nous avons cher­ché les deux jeunes ac­teurs pen­dant 8 ou 10 mois, car on at­tend tou­jours le mo­ment où on se dit : “Ce sont eux” », a dit Wes An­der­son lors de la confé­rence de presse de pré­sen­ta­tion du film au Fes­ti­val de Cannes. Les ado­les­cents sèment l’émoi dans une île de la Nou­velle-An­gle­terre quand ils tombent amou­reux l’un de l’autre et dé­cident de s’en­fuir. L’en­semble de la com­mu­nau­té se met à leur re­cherche. Un orage mo­di­fie­ra à ja­mais la vie de la bour­gade.

FA­MILLE ET AMOUR

Fa­mille et amour sont au coeur de Moon­ri

se King­dom, des pré­oc­cu­pa­tions chères au ci­néaste qui sou­li­gnait « avoir pui­sé dans ce que j’au­rais ai­mé qu’il m’ar­rive plu­tôt que ce qui m’est ar­ri­vé quand j’étais pe­tit. »

« La beau­té d’un film comme ce­lui-ci est qu’il y a des gens avec les­quels j’ai dé­jà tra­vaillé et d’autres avec les­quels j’avais en­vie de le faire. Chaque long mé­trage est un peu comme une réunion d’amis. Je me plais à pen­ser que, main­te­nant, j’ai agran­di ma fa­mille. Même si je n’ai pas une grande ex­pé­rience du théâtre, je crois que mes films sont sem­blables à ce que fait une com­pa­gnie théâ­trale. »

Si Bill Mur­ray est un ha­bi­tué des longs mé­trages de Wes An­der­son – il ne ta­rit d’ailleurs pas d’éloges à son su­jet –, les autres ac­teurs en étaient à leurs pre­miers pas avec le ci­néaste. Bruce Willis, qui in­carne un po­li­cier in­of­fen­sif, a ap­pré­cié la ma­nière très par­ti­cu­lière de tra­vailler du met­teur en scène. « C’était ra­fraî­chis­sant que Wes me de­mande de jouer ce rôle d’une fa­çon très spé­ci­fique. Ce film traite de l’amour, l’amour entre les jeunes, l’amour qui a dé­jà connu quelques heurts et dont on ne sait pas très bien com­ment se sor­tir, etc. C’est tou­jours la même his­toire, tout le monde a be­soin d’être ai­mé... même les flics ! »

Alors que Til­da Swin­ton est une ha­bi­tuée des rôles durs (il suf­fit de voir Il

faut qu’on parle de Ke­vin pour s’en convaincre), elle a beau­coup ai­mé par­ti­ci­per à ce qu’elle qua­li­fie de « vacances de fa­mille en cam­ping. »

« On cherche tou­jours une idylle et les adultes vont de dé­cep­tion en dé­cep­tion. Dans Moonrise King­dom, plus que dans tout autre film, les adultes sont les per­son­nages dé­ce­vants alors que les en­fants sont du bon cô­té. C’est un long mé­trage qui nous rap­pelle tous com­ment être du bon cô­té. »

UN CAMP D’ÉTÉ

Wes An­der­son

Ed­ward Nor­ton, trans­for­mé en chef scout dans le long mé­trage, ab­sent des écrans de­puis quelque temps, a lui aus­si uti­li­sé une image dé­ten­due pour par­ler du tour­nage. « C’était un peu comme un camp d’été. En fait, sur un pla­teau, Wes est comme mon per­son­nage : un chef scout qui se lance dans une aven­ture. C’est vrai­ment ce qu’on a en­vie de faire quand on est jeune et qu’on fait son film avec une pe­tite ca­mé­ra dans le jar­din de ses pa­rents. »

Vi­suel­le­ment, le film res­semble à un conte pour en­fants avec ses cou­leurs sa­tu­rées et ses cos­tumes des an­nées 1960. « Le film res­semble à un livre, à la ma­nière dont on se sent quand on tombe amou­reux pour la pre­mière fois. On a l’im­pres­sion d’être sous l’eau... », a dit Wes An­der­son.

Sur une note plus per­son­nelle, le réa­li­sa­teur a sou­li­gné, en guise de conclu­sion, se sen­tir ex­trê­me­ment proche de la fillette, in­car­née par Ka­ra Hayward. « Quand j’étais pe­tit, j’avais trou­vé une bro­chure af­fi­chée sur le fri­go et qui por­tait le titre de “Com­ment com­po­ser avec un en­fant à pro­blèmes”. Je sa­vais qu’il s’agis­sait de moi et j’ai ap­pris à en rire. »

Moonrise King­dom prend l’af­fiche le 15 juin pro­chain.

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