VER­SAILLES à l’aube de la ré­vo­lu­tion

PA­RIS | Mine de rien, son vi­sage an­gé­lique illu­mine le grand écran de­puis près de 20 ans dé­jà. Dans Les Adieux à la reine, l’ac­trice Vir­gi­nie Le­doyen a re­trou­vé le ci­néaste Be­noit Jac­quot qui l’avait dé­jà di­ri­gée à ses dé­buts, dans La fille seule, alors q

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Maxime De­mers MAXIME. DE­MERS@ QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

Adap­té d’un ro­man de Chan­tal Tho­mas, Les

Adieux à la reine nous trans­porte à l’in­té­rieur du Châ­teau de Ver­sailles, dans les trois jours pré­cé­dant la Ré­vo­lu­tion fran­çaise de 1789. À Pa­ris, la co­lère gronde. Mais à l’in­té­rieur du pa­lais, la vie suit son cours, to­ta­le­ment iso­lée du monde ex­té­rieur.

Au coeur du der­nier film de Be­noit Jac­quot ( Le Sep­tième Ciel, Vil­la Ama­lia), il y a trois femmes : la reine Ma­rie-An­toi­nette (Diane Kru­ger) qui re­fuse de croire à tout ce qui se passe en de­hors du pa­lais ; la jeune Sidonie (Léa Sey­doux), jeune lec­trice en­tiè­re­ment dé­vouée à sa reine et se­crè­te­ment amou­reuse d’elle ; et en­fin l’élé­gante et ma­ni­pu­la­trice du­chesse de Po­li­gnac (Vir­gi­nie Le­doyen) dont s’éprend Ma­rie-An­toi­nette.

« Même si elle est peu pré­sente dans le film, Ma­dame de Po­li­gnac est le dé­clen­cheur, le ca­ta­ly­seur de la re­la­tion entre ces trois femmes », in­dique à pro­pos de son per­son­nage Vir­gi­nie Le­doyen, ren­con­trée le mois der­nier à Pa­ris.

« J’aime jouer des per­son­nages forts et ce­lui-ci en est vrai­ment un à mes yeux. Elle est in­tense, as­sez énig­ma­tique. »

Avant le tour­nage, l’ac­trice de 35 ans ne connais­sait pra­ti­que­ment rien de cette fa­meuse du­chesse de Po­li­gnac, ré­pu­tée pour avoir été une des grandes amies et confi­dentes de Ma­rie-An­toi­nette. Et elle n’a pas sen­ti le be­soin de se ren­sei­gner da­van­tage sur elle.

« Je sa­vais qu’avec Be­noit, on al­lait s’éloi­gner du manuel sco­laire, dit-elle. Je me fou­tais de sa­voir pré­ci­sé­ment com­ment s’ha­billait et com­ment par­lait Ma­dame de Po­li­gnac. Ce qui était in­té­res­sant, c’est de se ser­vir de ces per­son­nages qui ont exis­té pour leur don­ner une mo­der­ni­té. On n’était pas dans la re­cons­ti­tu­tion. »

RETROUVAILLES

Au mi­lieu des an­nées 1990, Be­noit Jac­quot avait of­fert à Vir­gi­nie Le­doyen son pre­mier rôle d’im­por­tance, ce­lui d’une jeune femme en­ceinte qui dé­cide d’éle­ver seule son en­fant.

Ce per­son­nage avait va­lu à l’ac­trice alors âgée de 17 ans une no­mi­na­tion pour le Cé­sar du meilleur es­poir fé­mi­nin.

« J’étais très contente de re­trou­ver Be­noit, mais ce qui est cu­rieux, c’est que je n’ai pas eu l’im­pres­sion que tant de temps a pas­sé de­puis La fille seule ; c’était comme si c’était la veille, ob­serve l’ac­trice de The Beach et de

8 femmes, à pro­pos de sa com­pli­ci­té avec le ci­néaste fran­çais.

« Be­noit fait par­tie de ma vie. On est res­tés très proches, lui et moi. Be­noit a été im­por­tant pour moi. Pas seule­ment avec les rôles qu’il m’a of­ferts, mais aus­si dans ma fa­çon d’être ac­trice et mon rap­port au cinéma. Il a im­pri­mé for­te­ment mon par­cours. Ç’a été une ren­contre im­por­tante, je crois qu’on tra­vaille bien en­semble. »

« COMME UN NAU­FRAGE »

Be­noit Jac­quot dit avoir pré­fé­ré abor­der son film comme un drame in­ti­miste plu­tôt que comme une re­cons­ti­tu­tion his­to­rique :

« Ce qui m’in­té­res­sait, c’était de fil­mer ces évé­ne­ments par le biais d’un point de vue unique, ce­lui d’une jeune em­ployée de la reine, et de suivre très ri­gou­reu­se­ment ce qui s’est pas­sé dans le Châ­teau pen­dant ces trois ou quatre jours qui ont pré­cé­dé un bou­le­ver­se­ment consi­dé­rable dans l’his­toire du monde », ex­plique-t-il.

« Je vou­lais pla­cer le spec­ta­teur dans la po­si­tion de cette jeune lec­trice, qui en sait fi­na­le­ment très peu même si elle est tout près du centre des évé­ne­ments. »

« Per­sonne, en fait, dans le Châ­teau, n’est en me­sure de com­prendre ce qui se passe à l’ex­té­rieur. Ils vivent dans un lieu clos, dans l’ob­ses­sion du couple royal. Pour moi, ils sont très proches des pas­sa­gers d’un pa­que­bot qui est en train de cou­ler. Ce que j’es­sayais de dé­crire et de re­pré­sen­ter, c’est un état de pa­nique qui s’em­pare d’un lieu pour le trans­for­mer en vé­ri­table ca­tas­trophe. C’est comme un nau­frage. »

Les Adieux à la reine prend l’af­fiche ven­dre­di (le 15 juin).

L’ac­trice Vir­gi­nie Le­doyen campe la du­chesse de Po­li­gnac dans Les Adieux à la reine, le nou­veau film de Be­noit Jac­quot. Diane Kru­ger joue quant à elle la reine Ma­rie-An­toi­nette. PHO­TOS COUR­TOI­SIE

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