RO­BERT PAT­TIN­SON PRIS DE PA­NIQUE

Ro­bert Pat­tin­son s’est ré­si­gné. Il vit une at­taque de pa­nique avant le tour­nage de cha­cun de ses films, comme avec Cosmopolis, tour­né au Ca­na­da sous la di­rec­tion du vé­té­ran Da­vid Cro­nen­berg.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Bruce Kirk­land Agence QMI

« Je crois que c’est de­ve­nu une ha­bi­tude », a ad­mis Ro­bert Pat­tin­son, 26 ans, lun­di der­nier, lors d’une confé­rence de presse te­nue à To­ron­to. « C’est in­tense et pro­lon­gé, comme si j’al­lais avoir une crise car­diaque, même plu­sieurs jours avant de com­men­cer. »

Avant Cosmopolis, il a pas­sé deux se­maines dans sa chambre d’hô­tel de To­ron­to à ru­mi­ner la pos­si­bi­li­té d’un éven­tuel échec, et il a dé­ci­dé de consul­ter Cro­nen­berg, chez lui. « Il m’a dit d’ar­rê­ter de me faire du mauvais sang », a dit Pat­tin­son, avec un sou­rire ti­mide.

SCÉ­NA­RIO PAR­FAIT

Cro­nen­berg a ef­fec­ti­ve­ment cal­mé Pat­tin­son, d'ex­pli­quer le Lon­do­nien. « Je crois qu’il a dit qu’il ar­ri­ve­ra ce qu’il ar­ri­ve­ra, lors du tour­nage. » Pat­tin­son a aus­si com­pris qu’il de­vait évi­ter d’ana­ly­ser à l’ex­cès l’his­toire ou son per­son­nage. Sur­tout parce qu’il a consta­té que le scé­na­rio de Cro­nen­berg, adap­té du ro­man de Don DiLillo, fai­sait le tra­vail à mer­veille.

« Ha­bi­tuel­le­ment », a dit Pat­tin­son de ses ex­pé­riences pré­cé­dentes, « le scé­na­rio est pour­ri et il n’y a pas de fon­da­tion sur la­quelle s’ap­puyer, au dé­part ; on s’ha­bi­tue à ça, de film en film. » Dans Cosmopolis, par contre, il a réa­li­sé que c’était l’in­verse qui se pro­dui­sait : « Le scé­na­rio était par­fait. C’était moi, le pro­blème ! »

Pat­tin­son, dont la car­rière a connu un es­sor ful­gu­rant grâce aux films de la sa­ga

Twi­light, a par­ti­ci­pé à plu­sieurs films non fan­tas­tiques, entre ses cinq ap­pa­ri­tions sous les traits du jeune vam­pire amou­reux Ed­ward Cul­len.

Pour l'ac­teur bri­tan­nique, Cosmopolis suit La rage de vivre, De l’eau pour les élé­phants et Bel Ami. Dans son nou­veau film, Pat­tin­son in­carne un jeune porte-éten­dard fic­tif du ca­pi­ta­lisme amé­ri­cain, le jour où son uni­vers s'écroule ra­pi­de­ment au­tour de lui.

En salle de­puis hier au Ca­na­da, le film pro­pose un divertissement sé­rieux au me- nu, dont la fac­ture vi­suelle, l’at­mo­sphère et le ton portent une em­preinte très sty­li­sée.

DANS SA LI­MOU­SINE

Le per­son­nage de Pat­tin­son, Eric Pa­cker, passe la ma­jeure par­tie du film dans sa li­mou­sine blanche, tra­ver­sant Man­hat­tan pour se rendre chez son bar­bier d’en­fance. Son ré­cent ma­riage à une blonde froide qui re­fuse tout contact sexuel sombre ra­pi­de­ment, tout comme son em­pire fi­nan­cier. Il y a des émeutes dans les rues. Des choses folles se pro­duisent dans la li­mou­sine, tan­dis qu’elle pro­gresse à tra­vers la foule. Lors d’une scène, un mé­de­cin lui rend vi­site pour lui pas­ser un exa­men de la pros­tate, tan­dis que notre an­ti­hé­ros consulte une conseillère (Emi­ly Hamp­shire).

« Je ne sais pas ce qui m’a le plus ex­ci­tée, a ri­go­lé Hamp­shire en confé­rence de presse. De voir Da­vid se pen­cher sur moi pour mon­trer à Rob com­ment se faire exa­mi­ner la pros­tate ou de voir Rob se faire aus­cul­ter les par­ties ! »

Tout le monde a bien ri. L’at­mo­sphère de la confé­rence de presse était drôle et dé­con­trac­tée, mal­gré son im­po­sant dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té. Cro­nen­berg, par exemple, s'est per­mis plu­sieurs plai­san­te­ries à l’en­droit de ses ac­teurs, mon­trant une hu­meur très dé­ten­due.

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