À L’ORI­GINE ÉTAIT…

Rid­ley Scott livre un film vi­suel­le­ment et tech­ni­que­ment im­pec­cable, mais se contente du mi­ni­mum en ce qui concerne le scé­na­rio.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie Agence QMI Film de Rid­ley Scott. Avec Noo­mi Ra­pace, Lo­gan Mar­shall-green, Mi­chael Fass­ben­der, Char­lize The­ron.

La barre était haute pour le long mé­trage Pro­me­theus sor­ti plus de 30 ans après le film culte Alien, et le ci­néaste a donc choi­si un su­jet à la me­sure des at­tentes : la re­cherche, par les hu­mains, de leurs créa­teurs.

Le tout dé­bute en Écosse quand deux ar­chéo­logues, Eli­za­beth Shaw (Noo­mi Ra­pace) et son pe­tit ami Char­lie Hol­lo­way (Lo­gan Mar­shall-Green) dé­couvrent une sé­rie de sym­boles mil­lé­naires poin­tant vers un sys­tème so­laire à des an­nées-lu­mière de notre ga­laxie.

Quelques an­nées plus tard, en 2093, le vais­seau Pro­me­theus (ain­si nom­mé en rai­son de la lé­gende du ti­tan Pro­mé­thée) se di­rige vers la pla­nète en ques­tion, avec 17 per­sonnes à bord.

Outre Shaw et Hol­lo­way, on trouve no­tam­ment Me­re­dith Vi­ckers (Char­lize The­ron), em­ployée de la com­pa­gnie Wey­land qui dé­fraie l’ex­pé­di­tion et Da­vid (Mi­chael Fass­ben­der), un robot. Une fois ar­ri­vé sur les lieux, tout ce beau monde se­ra confron­té à une réa­li­té et des hor­reurs in­ima­gi­nables.

FAUX SUS­PENSES

Dans la tra­di­tion des films de science-fic­tion de peur (qu’on ne peut plus ap­pe­ler d’hor­reur, rien dans Pro­me­theus ne fe­ra faire de cau­che­mar), Rid­ley Scott mul­ti­plie les faux sus­penses. On sait que le râ­leur se fe­ra tuer le pre­mier, on sait aus­si que de pas­ser la nuit dans une grotte conduit in­va­ria­ble­ment à un dé­cès et à des at­taques ex­tra-ter­restres.

Am­bi­tieux, Rid­ley Scott aborde aus­si de « grands » thèmes phi­lo­so­phiques, tels que « Qui a créé nos créa­teurs ? », « Pour­quoi Dieu veut-il nous tuer ? », sans ja­mais pour au­tant y don­ner d’ex­pli­ca­tion. J’ima­gine qu’il nous ré­serve ça pour la suite, in­évi­table si Pro­me­theus en­grange des cen­taines de mil­lions $ au box-of­fice.

On sa­lue la pres­ta­tion de Noo­mi Ra­pace, aus­si pre­nante que dans la tri­lo­gie sué­doise Millé­nium. Char­lize The­ron est par­faite dans son rôle de femme forte. Si le per­son­nage d’Eli­za­beth Shaw a quelques gènes en com­mun avec Ri­pley, elle est suf­fi­sam­ment dif­fé­rente pour qu’on n’ait pas l’im­pres­sion d’une re­dite.

FASS­BEN­DER PAR­FAIT

Mi­chael Fass­ben­der. Ah ! Que dire ? Ceux — et celles, sur­tout — qui ont vu La honte ( Shame) com­pren­dront la fas­ci­na­tion to­tale qu’exerce dé­sor­mais l’ac­teur sur la gent fé­mi­nine. En Da­vid, androïde res­sem­blant au Man Who Fell To Earth de Da­vid Bo­wie (je vous conseille ce film hal­lu­ci­né) et au Hal de 2001, Odys­sée de l’es­pace, l’ac­teur est par­fait de froi­deur cy­nique et cal­cu­la­trice. Le voir vou­loir à tout prix res­sem­bler au Lau­rence d’Ara­bie de Pe­ter O’Toole confère au per­son­nage une touche d’hu­mour noire.

DÉ­CORS ÉPOUS­TOU­FLANTS

Sur le plan tech­nique, Pro­me­theus est un ré­gal. Les dé­cors sont épous­tou­flants, les ef­fets spé­ciaux im­pec­cables. Un mot spé­ci­fique pour sou­li­gner le 3D, par­ti­cu­liè­re­ment im­mer­sif. Ajou­tez-y, si vous le pou­vez, le son am­bio­pho­nique AVX pour une ex­pé­rience en­core plus com­plète... vous ne le re­gret­te­rez pas, car, mal­gré les la­cunes du scé­na­rio, Pro­me­theus se re­garde sur grand écran.

On au­rait sou­hai­té mieux et plus de la part d’un réa­li­sa­teur qui nous a quand même don­né Blade Run­ner (même si le long mé­trage a par­ti­cu­liè­re­ment mal vieilli). Pro­me­theus, qui se veut une in­tro­duc­tion à l’uni­vers d’Alien, suc­combe mal­heu­reu­se­ment à la mode ac­tuelle de ne pas trop rem­plir la tête du pu­blic.

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