LAVIEAPRÈS LA­MORT

Un peu plus et Lo­co Lo­cass ne re­ve­nait ja­mais sous le feu des pro­jec­teurs. Entre deux tem­pêtes de neige, la cé­lèbre for­ma­tion hip-hop a bien failli s’éteindre l’hi­ver der­nier. En en­tre­vue, Biz, Bat­lam et Cha­fiik parlent can­di­de­ment de cette qua­si­rup­ture.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Marc-an­dré Le­mieux Agence QMI Le Qué­bec est mort, vive le Qué­bec ! en ma­ga­sin mar­di.

In­ti­tu­lé Le Qué­bec est mort, vi

ve le Qué­bec !, le troi­sième opus de Lo­co Lo­cass ar­rive dans les bacs huit ans après Amour oral, la pré­cé­dente of­frande du groupe. Les rap­peurs ont beau­coup dou­té du­rant cette pé­riode, s’in­ter­ro­geant no­tam­ment sur l’in­té­rêt que sus­ci­te­rait un éven­tuel re­tour sur disque. Le pu­blic ré­pon­drait-il à l’ap­pel?

Les signes étaient en­cou­ra­geants. En 2007, Biz et sa bande ré­col­taient un jo­li suc­cès grâce au titre La paix des bra

ves, fruit de leur col­la­bo­ra­tion avec Sa­mian, rap­peur d’ori­gine al­gon­quine. Quelques mois plus tard, M’ac­cro­cher, la chan­son-thème du drame Tout

est par­fait d’Yves-Ch­ris­tian Four­nier, ob­te­nait une no­mi­na­tion aux prix Gé­nie. Pen­dant ce temps, le clip ac­cu­mu­lait les clics sur You­Tube. Plus de 900 000 à ce jour. En 2010, Le but et Hymne à

Qué­bec trô­naient au som­met du pal­ma­rès des titres fran­co­phones les plus té­lé­char­gés de l’an­née au Ca­na­da.

« Dans nos spec­tacles, les gens étaient en­core plus ex­ci­tés qu’à l’époque d’Amour

oral, ra­conte Cha­fiik. Ça nous a ras­su­rés. »

Contrai­re­ment à leurs fans, Biz, Bat­lam et Cha­fiik n’étaient pas tou­jours au ren­dez­vous. Oc­cu­pés par leurs pro­jets res­pec­tifs, ils ne sem­blaient pas vou­loir li­bé­rer leur ho­raire pour en­re­gis­trer – et sur­tout pondre – de nou­veaux titres.

Tout s’est joué en fé­vrier, quand les or­ga­ni­sa­teurs du grand spec­tacle de la Fête na­tio­nale sur les plaines d’Abra­ham ont don­né un coup de fil au trio. « On s’est dit : “At­tends. Qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on re­fuse parce qu’on l’a dé­jà fait deux fois pis qu’on va de­voir chan­ter les mêmes tounes qu’avant ? Est-ce que ça vau­drait la peine qu’on se botte le cul pour ap­por­ter quelque chose de neuf au dé­bat ?”. Ça s’est dé­ci­dé à ce mo­ment-là. »

AU COMPTE-GOUTTES

C’est après avoir ré­per­to­rié tout ce que ses com­parses et lui avaient écrit que Cha­fiik a réa­li­sé qu’un nou­vel al­bum était à leur por­tée. « Avec Lo­co Lo­cass, les textes s’ac­cu­mulent au compte-gouttes. Après sept ans, on a fi­ni par avoir une tasse pleine ! », lance-t-il en riant. Mo­ti­vée par l’idée de re­prendre le dia­logue avec l’au­di­toire, la tête mu­si­cale du trio s’est lan­cée tête pre­mière dans la créa­tion de pistes so­nores. « C’est comme s’il avait eu une épi­pha­nie, re­late Bat­lam. Il a com­men­cé à nous en­voyer une nou­velle toune chaque deux jours. Des ma­quettes qu’on avait faites, mais qu’il avait pim­pées !» « Avec Chaf, c’est tout ou rien, pour­suit Biz. C’est soit “j’fume des battes pis j’me lève à 2 h de l’après-mi­di”, soit “j’fume des battes, j’me lève à 2 h de l’après-mi­di, mais je tra­vaille jus­qu’à 4 h du ma­tin !” C’est sans de­mi-me­sure ! »

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