UNE CÉ­LI­BA­TAIRE DANS LA GROSSE POMME

Quand on parle d’une tren­te­naire seule à New York, on pense im­man­qua­ble­ment à Car­rie Brad­shaw dans Sexe à New York. Mais Lo­la — alias Gre­ta Ger­wig — est à la fois mo­derne et à mille lieues du flam­boyant per­son­nage de Sa­rah Jessica Par­ker.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie Agence QMI

Pleins feux sur une co­mé­die ro­man­tique réa­liste et an­ti­con­for­miste. Cet an­crage dans le quo­ti­dien vient du fait que les scé­na­ristes et réa­li­sa­teurs Da­ryl Wein et Zoe Lis­ter-Jones — qui tient le rôle d’Alice, la meilleure amie de Lo­la — sont non seule­ment un couple dans la « vraie » vie, mais se sont ins­pi­ré de leur propre his­toire conju­gale pour li­vrer Lo­la Ver­sus.

Au centre du long mé­trage in­dé­pen­dant : Lo­la (Gre­ta Ger­wig) qui, à 29 ans, va bien­tôt se ma­rier avec Luke (Joel Kin­na­man). Mais ce der­nier la laisse tom­ber à quelques se­maines des épou­sailles. Au cours de l’an­née sui­vante, Lo­la se bat­tra contre le monde en­tier — et sur­tout elle-même — et ap­pren­dra à être heu­reuse.

FÉ­MI­NISTE?

« Je connais tel­le­ment de femmes qui ont des qua­li­tés in­dé­niables et qui sont seules », a ex­pli­qué Zoe Lis­ter-Jones de sa dé­marche. Pour son col­lègue et conjoint, il s’agis­sait de mon­trer un cô­té des femmes qui est ab­sent du cinéma.

« Nous sommes tel­le­ment ha­bi­tués à des per­son­nages prin­ci­paux fé­mi­nins par­faits, char­mants et qui ob­tiennent tou­jours le mec à la fin. Ce n’est pas com­mun de voir une femme com­mettre des er­reurs et ne pas s’en ex­cu­ser », a dit Da­ryl Wein.

Lo­la, an­ti hé­roïne par ex­cel­lence, cu- mule les gaffes, couche avec son ex, son meilleur ami et un homme en­vers qui elle n’éprouve qu’une in­dif­fé­rence gla­ciale. « C’est une post co­mé­die ro­man­tique, dans le sens de post-apo­ca­lyp­tique, car l’his­toire se dé­roule après la rup­ture », a sou­li­gné Gre­ta Ger­wig aux mé­dias amé­ri­cains.

VIVRE AVEC ELLE-MÊME

« Lo­la suit sa tra­jec­toire. Elle est une bonne amie, une bonne fille. Elle pour­suit ses études et en­tend être avec Luke. Elle se com­porte comme si elle ne fai­sait que conti­nuer sur la lan­cée du se­con­daire. Mais quand Luke la quitte, elle doit dé­cou­vrir ce qu’elle veut faire. C’est une co­mé­die ro­man­tique to­ta­le­ment dif­fé­rente des autres parce qu’ici, la per­sonne avec la­quelle Lo­la es­saye de vivre est elle-même. »

De la même ma­nière, les gars ne sont pas mé­chants dans Lo­la Ver­sus et le per­son­nage de Luke — joué par Joel Kin­na­man qu’on ver­ra bien­tôt dans le re­make de Ro­boCop — n’est ni blanc ni noir, une vo­lon­té très claire du couple Da­ryl Wein et Zoe Lis­ter-Jones.

« La voix n’est pas don­née qu’aux femmes. Luke a été un per­son­nage dif­fi­cile à écrire parce que ce n’est ni un hé­ros, ni un mé­chant. Il de­vait être quel­qu’un à qui le pu­blic pou­vait s’iden­ti­fier qui gé­né­rait de la sym­pa­thie. De plus, Joel est l’homme le plus sexy du monde... ce qui aide ! Luke ne peut épou­ser Lo­la alors que le geste le plus simple à po­ser au­rait été de conti­nuer sans rien dire », a dit Zoe Lis­ter-Jones.

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