L’AMOUR au temps de l’apo­ca­lypse

Le coeur de Steve Ca­rell et Kei­ra Knightley flanche quelques se­maines avant la fin du monde. Une pro­po­si­tion plu­tôt insolite de la part de la scé­na­riste et réa­li­sa­trice Lo­rene Sca­fa­ria.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie Agence QMI

« La mort de mon père a mo­di­fié le scé­na­rio ori­gi­nal que j’avais écrit, a-telle ex­pli­qué à l’Agence QMI ces der­niers jours. Dès le dé­part, j’avais en­vi­sa­gé que deux per­sonnes se ren­contrent et tombent amou­reuses l’une de l’autre alors que le monde va être dé­truit par une mé­téo­rite dans quelques se­maines. »

« La mort de mon père a été une es­pèce d’iro­nie alors même que j’écri­vais cette his­toire. J’ai pris six mois de congé pour pas­ser du temps avec lui et, quand j’ai re­lu ce que j’avais ré­di­gé, je me suis aper­çue que ma pers­pec­tive sur la vie et sur le monde avait ra­di­ca­le­ment chan­gé. C’était un homme mer­veilleux, mais de voir quel­qu’un de pro­fon­dé­ment cu­rieux de ce qui l’en­tou­rait, et ce, jus­qu’à la toute fin, m’a ap­por­té énor­mé­ment de choses. »

MORT ET AMOUR

Alors que l’as­té­roïde en­tre­ra en col­li­sion avec la Terre dans trois se­maines, Dodge (Steve Ca­rell) réa­lise qu’il a ra­té sa vie. Il se met en tête, à la sug­ges­tion de sa voi­sine Pen­ny (Kei­ra Knightley), de re­trou­ver son amour de jeu­nesse. Mais ces deux êtres, que tout sé­pare, tom­be­ront amou­reux l’un de l’autre.

« L’amour qui unis­sait mes pa­rents m’a mis une pres­sion im­pres­sion­nante ! J’ai eu sous les yeux un mo­dèle de per­fec­tion », a-t-elle dit en riant.

« J’ai tant ap­pris de la mort de mon père ! Mes pa­rents s’ai­maient tel­le­ment et on re­trouve énor­mé­ment de dé­tails très per­son­nels dans le film, no­tam­ment la des­crip­tion qui est faite de la fa­mille de Pen­ny, qu’elle veut al­ler re­joindre à tout prix. »

Et comme le sou­li­gnait Lo­rene Sca­fa­ria, « le ton gé­né­ral du film » a été im­pré­gné à la fois de cet amour et à la fois de cette mort. « C’était com­plè­te­ment sur­réa­liste comme si­tua­tion, et je crois que c’est ce qui a dic­té le ton et le rythme de Re­cherche ami pour par­ta­ger fin du monde. C’est ce qui m’a per­mis d’ex­plo­rer à fond les thé­ma­tiques que je vou­lais abor­der dès le dé­part. »

Dans le long mé­trage, la fin du mon- de est in­évi­table. Pas de vais­seau spa­tial, pas d’arme se­crète, pas de mi­racle de der­nière mi­nute qui fe­ra que le gou­ver­ne­ment pour­ra dé­truire le fa­meux as­té­roïde qui me­nace la pla­nète. Re­cherche ami pour par­ta­ger fin

du monde se concentre sur l’as­pect hu­main d’un tel ca­ta­clysme, sans au­cun des ef­fets spé­ciaux ha­bi­tuel­le­ment uti­li­sés par Hol­ly­wood.

Or, pour Lo­rene Sca­fa­ria, il ne s’agit pas du tout d’un drame qui ti­re­ra des larmes au pu­blic. « La mort est in­évi­table, et quelle plus belle fin que de mou­rir en­tou­ré de ceux qu’on aime ? », a-t-elle dit de sa voix douce.

RISQUES CAL­CU­LÉS

Non seule­ment la réa­li­sa­trice a-t-elle choi­si des ac­teurs à l’en­contre des rôles pour les­quels on les connaît, mais elle a ima­gi­né une his­toire d’amour entre deux per­sonnes phy­si­que­ment très dis­sem­blables.

Elle confie ne ja­mais avoir eu peur de la ré­ac­tion des ci­né­philes. « Steve Ca­rell n’est pas qu’un co­mique. Il pos­sède une souf­france qu’on sent même dans la sé­rie The Of­fice et il m’a dit s’être sen­ti ex­trê­me­ment proche de son per­son­nage de Dodge. J’ai trou­vé ce même ni­veau de pro­fon­deur chez Kei­ra Knightley. Elle est vrai­ment une vieille âme, elle pos­sède une éner­gie, une hu­ma­ni­té et une lu­mière ex­cep­tion­nelles. »

« Je me suis dit que les gens se­raient in­tri­gués en en­ten­dant par­ler d’une his­toire d’amour entre deux per­son­nages in­car­nés par Steve Ca­rell et Kei­ra Knightley. J’ai pen­sé qu’ain­si, le pu­blic ne sau­rait pas dans quoi j’al­lais l’en­traî­ner. Et c’était le but de l’opé­ra­tion ! »

« En fait, on ne sait pas où se cache l’âme soeur. Par­fois, ça prend une ca­tas­trophe pour qu’on réa­lise que la per­sonne qu’on aime se trouve à cô­té de nous », a-t-elle ajou­té.

« Je crois que l’amour est une sur­prise. En fait, je suis une in­cu­rable ro­man­tique ! »

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