CO­LIN FAR­RELL dans les sou­liers d’ar­nold

En sep­tembre der­nier, alors que le tour­nage de To­tal Recall (bud­get de 150 mil­lions $) ti­rait à sa fin, à To­ron­to, Co­lin Far­rell de­meu­rait par­ta­gé entre deux opi­nions contra­dic­toires sur sa pre­mière par­ti­ci­pa­tion à une su­per pro­duc­tion d’ac­tion.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Jim Slo­tek Agence QMI

« Ren­du à ce stade du tour­nage, j’avais en­core des griefs re­la­tifs aux dia­logues, mais d’un autre cô­té, j’ai ado­ré l’as­pect phy­sique du rôle », d’ex­pli­quer sim­ple­ment Far­rell, quelques mi­nutes avant de fil­mer une scène avec câbles et har­nais, dans les stu­dios Pi­ne­wood. L’ac­teur et sa co­ve­dette Jessica Biel de­vaient si­mu­ler l'état d’ape­san­teur.

À ce pro­pos, com­ment a-t-il trou­vé l’as­pect « sus­pen­du » de son tra­vail ? « C’est ab­so­lu­ment in­grat, puis­qu’on a constam­ment peur de lais­ser échap­per un pet so­nore », dit-il en riant.

DEUX PRO­JETS, UN CHOIX

La fa­çon dont Far­rell a abou­ti dans sa pre­mière mé­ga pro­duc­tion es­ti­vale d’ac­tion est une his­toire en soi. L’ac­teur avait, semble-t-il, dé­jà ac­cep­té de par­ti­ci­per au film Cosmopolis, de Da­vid Cro­nen­berg, lorsque Len Wi­se­man ( Un­der­world) l’a ap­pro­ché pour lui pro­po­ser de tour­ner un re­make de To­tal

Recall, un film de science-fic­tion met­tant en ve­dette Ar­nold Sch­war­ze­neg­ger (1990). L’his­toire, ins­pi­rée d’une nou­velle fu­tu­riste de l’au­teur Phi­lip K. Dick, est celle d’un homme qui dé­couvre que son ma­riage, son em­ploi et sa car­rière en­tière ne sont que de faux sou­ve­nirs, im­plan­tés ré­cem­ment par des in­con­nus aux in­ten­tions ma­ni­fes­te­ment mal­veillantes.

Far­rell a fi­ni par re­non­cer au pro­jet de Cro­nen­berg (Ro­bert Pat­tin­son l’a éven­tuel­le­ment rem­pla­cé dans Cosmopolis) et ac­cep­ter de faire To­tal Recall. Iro­ni­que­ment, le tour­nage du film de Cro­nen­berg s'est dé­rou­lé dans un stu­dio ad­ja­cent. « J’avais cru com­prendre que le pro­jet de film de Da­vid n’était pas en­core au stade concret et même que des portes se fer­maient. Il m’est dé­jà ar­ri­vé de re­fu­ser des rôles qui m’at­ti­raient ter­ri­ble­ment, tan­dis que j’at­ten­dais pa­tiem­ment que des pro­duc­tions se mettent en branle. » « Pour la pre­mière fois en plu­sieurs an­nées, j’étais ou­vert à l’idée de faire quelque chose de gi­gan­tesque. Je n’ai pas trop à me plaindre de la vie, alors que mon plus gros dé­fi consiste à être la fi­gure de proue d’un film do­té d’un bud­get de 150 mil­lions $. Mais en réa­li­té, ça me fout la trouille, l’idée d’être dans un très, très gros film. Et ça m’at­tire, en même temps. J’ai ren­con­tré Len et il m’a mon­tré ses des­sins concep­tuels. À cet ins­tant, j’ai eu le sen­ti­ment de m’im­pli­quer dans un pro­jet mer­veilleux et com­plexe, de faire par­tie d’un fa­bu­leux rêve d’en­fant. « Je me suis dit “Wow ! J’es­père seule­ment être à la hau­teur !” »

HIS­TOIRE DIF­FÉ­RENTE

La par­ti­cu­la­ri­té du film d’Ar­nold, c’est que la moi­tié de son his­toire se dé­rou­lait sur Mars (ce qui n’était pas le cas, dans l’his­toire de Dick). Dans le film de Wi­se­man, l’ac­tion se dé­roule en­tiè­re­ment sur Terre, dans un ave­nir où le monde est di­vi­sé entre, d’un cô­té, un riche hé­mi­sphère nord ap­pe­lé Fé­dé­ra­tion unie de la Bre­tagne et de l’autre, un pauvre hé­mi­sphère sud ap­pe­lé Nou­velle Asie. Les deux hé­mi­sphères sont re­liés par un as­cen­seur géant qui tra­verse le globe (Chi­na Fall). Des cols bleus l'em­pruntent quo­ti­dien­ne­ment pour al­ler et ve­nir d’une ex­tré­mi­té à l’autre de la pla­nète, entre mai­son et bou­lot.

Le hé­ros du film, Doug Quaid, dé­couvre qu’il n’est pas le seul à vivre une illu­sion, mais que la so­cié­té en­tière n’est pas telle qu’elle ap­pa­raît.

« Es­sen­tiel­le­ment, c’est l’his­toire d’un type qui se ré­veille de son état d’in­cons­cience ar­ti­fi­cielle », dit l’ac­teur.

RÉ­SERVE DE CO­LÈRE

S’il n’a rien d’un Sch­war­ze­neg­ger, Far­rell de­vient de plus en plus ex­plo­sif, sur le che­min qui le mène à la vé­ri­té.

« Je trouve la co­lère et la haine bien plus fa­ciles à rendre que l’amour », a pré­ci­sé l’ac­teur.

« Je crois que c’est parce que j’en­tre­tiens une re­la­tion plu­tôt simple avec l’amour, dans ma vie, avec ma fa­mille et avec mes amis. J’ai donc en moi des ré­serves de co­lère qui n’ont pas l’oc­ca­sion d’être ex­pri­mées au quo­ti­dien. J’y puise au be­soin. D’ailleurs, pour bien des gens, dans notre monde mo­derne, la co­lère et l’hos­ti­li­té de­meurent un es­pace très ac­ces­sible. »

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