L’UNION DE DEUX UNI­VERS

Dave St-pierre et Jean­not Pain­chaud ont l’air de vieux co­pains. Pour­tant, les deux ar­tistes — l’un, cho­ré­graphe ré­pu­té, et l’autre, pré­sident et co­fon­da­teur du Cirque Éloize — se connaissent de­puis seule­ment quelques an­nées. Tous deux pas­sion­nés du mou­vem

Le Journal de Quebec - Weekend - - PLANÈTE WEB - Va­nes­sa Gui­mond VA­NES­SA.GUI­MOND@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

C’est dans le confort du « sa­lon » ad­ja­cent à la salle d’en­traî­ne­ment, si­tuée dans le quar­tier gé­né­ral du Cirque Éloize, la gare Dal­hou­sie, que nous ren­con­trons Jean­not Pain­chaud et Dave St-Pierre.

Lors­qu’on leur de­mande com­ment naît l’ins­pi­ra­tion me­nant à la créa­tion d’un spec­tacle comme le leur, Jean­not nous ré­pond ceci : « Elle peut naître d’une mu­sique qu’on écoute, d’une image qu’on voit. Tout à l’heure, nous étions dans nos bu­reaux, il pleu­vait, et il y avait même quelque chose là. C’est une émo­tion qu’on a en­vie de dé­ve­lop­per et de pous­ser. Après, tout dé­coule des ren­contres ar­tis­tiques que nous fai­sons. »

L’heu­reuse ren­contre entre Jean­not et Dave a eu lieu par l’en­tre­mise d’un dan­seur qui a tra­vaillé avec le Cirque Éloize sur iD et avec Dave sur LOVE. Lorsque la com­pa­gnie a dû adap­ter l’un de ses nu­mé­ros pour le Fes­ti­val mon­dial du cirque de de­main, c’est ce dan­seur qui a sug­gé­ré à Jean­not et son équipe de tra­vailler avec le ré­pu­té cho­ré­graphe. Après l’avoir vu in­ter­agir avec ses ar­tistes, Éloize lui a de­man­dé de di­ri­ger les ré­pé­ti­tions des dan­seurs d’iD. « Nous nous sommes ren­du compte que nous avions de nom­breux points en com­mun, a af­fir­mé Dave. Quand Jean­not m’a par­lé de la pro­chaine créa­tion et m’a de­man­dé si ça me ten­tait d’em­bar­quer, j’ai dit oui, pour­quoi pas. Je sa­vais dé­jà que nous nous en­ten­dions bien. »

« Cha­cun vient avec son ba­gage, avec son uni­vers, mais il y a des ar­tistes avec qui on s’en­tend sur ce qu’on aime, sur no- tre vi­sion du beau et du spec­ta­cu­laire. À par­tir de ce mo­ment, tout de­vient plus fa­cile, a ajou­té Jean­not Pain­chaud. Ce que j’aime, c’est me faire pro­vo­quer par des créa­teurs qui viennent d’ailleurs et avec Dave, on se fait bous­cu­ler. »

LE CIRQUE : UNE CAR­RIÈRE MAN­QUÉE

Dave St-Pierre, re­con­nu pour ses oeuvres à la fois ir­ré­vé­ren­cieuses et per­son­nelles, ac­cu­mule les ex­pé­riences dans le monde du cirque.

En plus d’avoir tra­vaillé sur iD, ce­lui à qui l’on doit la tri­lo­gie Sexologie et autres uto­pies contem­po­raines et Warning a tra­vaillé à deux re­prises pour le Cirque du So­leil. Il a si­gné les cho­ré­gra­phies de LOVE, mais éga­le­ment une par­tie de celles de Zu­ma­ni­ty.

« Je pense que j’ai ra­té une car­rière d’ar­tiste de cirque, af­firme le cho­ré­graphe. J’ai dé­ci­dé de de­ve­nir dan­seur, mais j’au­rais fa­ci­le­ment pu de­ve­nir un acro­bate aé­rien. »

Bien que les arts du cirque aient tou­jours été proches de lui, Dave ex­plique que ce sont ces ex­pé­riences avec le Cirque du So­leil qui lui ont per­mis de réel­le­ment plon­ger dans le bain.

« J’ai eu droit à la to­tale, ra­conte Dave, avec le sou­rire. J’ai vu les acro­bates, j’ai dé­cou­vert qu’ils vi­vaient dans un autre monde. Comme j’ex­plique sou­vent aux gens, ce n’est pas juste un en­traîne- ment im­pli­quant tes muscles et ton sque­lette. Quand tu montes sur un mât chi­nois, 25 pieds dans les airs, ce sont aus­si les nerfs qui entrent en ligne de compte. Je me suis ren­du compte qu’il faut être men­ta­le­ment très fort. Aus­si­tôt que tu dé­rapes un peu, c’est ta vie qui est sur la ligne. Tu risques de graves bles­sures. Quand je les vois al­ler, je trouve ça for­mi­dable, car ils ont un autre sens scé­nique que les ac­teurs ou les dan­seurs. »

Et en quoi consis­te­ra son tra­vail de met­teur en scène, au cours des pro­chaines se­maines ?

« Mon tra­vail, dans ce spec­tacle-ci, c’est d’ame­ner tout ce que je tra­vaille ha­bi­tuel­le­ment avec mes dan­seurs aux acro­bates. Je veux qu’on sente qu’ils ne sont pas seule­ment des es­pèces de bombes phy­siques. Il faut aus­si qu’ils soient sen­sibles. »

Une chose est sûre, Dave se sent comme chez lui avec les ar­ti­sans du Cirque Éloize.

« Qui­conque ex­prime haut et fort sa dif­fé­rence est à sa place, dans le monde du cirque, af­firme Jean­not Pain­chaud. Dave est donc à sa place, ici. »

Dave St-Pierre Jean­not Pain­chaud

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