Un rôle de RAS­SEM­BLEUR

Il al­lait de soi qu’yves Du­teil, ce­lui qui a com­po­sé l’un des plus vi­brants hom­mages à la langue fran­çaise, la chan­son La langue de chez nous, fasse par­tie du spec­tacle d’ou­ver­ture du Fes­ti­val d’été.

Le Journal de Quebec - Weekend - - FESTIVAL D' ÉTÉ DE QUÉBEC - Cé­dric Bélanger Le Jour­nal de Qué­bec

Sans sur­prise, l’ar­tiste fran­çais li­vre­ra son hymne à la langue de Mo­lière dans le cadre du spec­tacle Le fran­çais d’abord, le 5 juillet, sur les plaines d’Abra­ham.

Joint la se­maine der­nière en Corse, où il pos­sède une ré­si­dence, Du­teil a rap­pe­lé qu’il avait jus­te­ment écrit cette pièce « pour qu’on s’en serve ».

« Je suis très heu­reux de voir que cette chan­son conti­nue de vivre, de cir­cu­ler et de jouer son rôle de ras­sem­ble­ment de tous les fran­co­phones qui ont la langue fran­çaise au coeur et veulent la dé­fendre », dit-il.

Gé­né­reux et sym­pa­thique, Yves Du­teil a abor­dé avec Le Jour­nal de Qué­bec di­vers su­jets, de son amour du Qué­bec à la créa­tion de son pro­chain al­bum, qu’il en­re­gis­tre­ra à l’au­tomne et s’in­ti­tu­le­ra Fla­grant dé­lice.

Au­riez-vous été triste si on n’avait pas pen­sé à vous pour ce spec­tacle qui cé­lè­bre­ra la langue fran­çaise?

« J’au­rais pu ne pas y être parce que j’ai dé­jà été à cette émis­sion et qu’on a le sou­ci de ne pas in­vi­ter les mêmes per­sonnes. Je suis donc dou­ble­ment heu­reux d’y être. »

Dans La langue de chez nous, vous par­lez d’un Qué­bec pris dans un étau au nord de l’Amé­rique. Êtes­vous sur­pris qu’on y parle tou­jours fran­çais?

« Non parce que la vi­gueur et la fer­veur pour le fran­çais sont dues aux dif­fi­cul­tés que vous avez tra­ver­sées, les­quelles sont à la source de la ri­chesse de cette culture qué­bé­coise et fran­co­phone. »

Vous avez connu beau­coup de suc­cès chez nous. Que re­pré­sentent le Qué­bec et la ville de Qué­bec, pour vous?

« C’est comme un pè­le­ri­nage. C’est as­sez cu­rieux parce que j’ai ren­con­tré vrai­ment l’image du Qué­bec sur le disque de la Fran­co­fête, qu’on re­fe­ra exac­te­ment là où il a été en­re­gis­tré sur les plaines d’Abra­ham. Ce lien avec le Qué­bec est une vé­ri­table his­toire d’amour et d’af­fec­tion. C’est la pre­mière fois que je ren­con­trais des gens dans la rue qui, en vous croi­sant, vous disent : j’t’aime ben gros. J’ai trou­vé ça très émou­vant cette re­la­tion, d’abord à tra­vers Prendre un en­fant, qui joue pour les bap­têmes. C’est au Qué­bec que ce­la a com­men­cé. Puis, il y a eu La langue de chez nous. Je me sens très proche des Qué­bé­cois. »

Les chan­sons de votre nou­vel al­bum sont écrites et vous en­trez en stu­dio en sep­tembre. À quoi peut-on s’at­tendre?

« Je pense que ça va être un al­bum d’ar­ti­sans, d’une équipe. J’ai hâte de ren­trer dans le vif du su­jet parce que j’aime beau­coup les chan­sons. Je suis en peine de le dé­crire parce que le do­maine de la chan­son, c’est ce­lui de tout ce qu’on n’ar­rive pas à dire au­tre­ment. C’est comme si vous de­man­diez à un peintre de vous faire une des­crip­tion au­dio d’un ta­bleau vi­suel. Il est im­pos­sible de dire quelle émo­tion on pro­voque parce que tout est dans la fa­çon. Si je vous di­sais de quoi parlent les chan­sons, et bien ça ne vous par­le­rait pas du tout. Ça ne don­ne­rait pas l’image de ce que j’ai fait. »

Sept ans s’étaient écou­lés entre Sans at­tendre et (Fr)agiles, pa­ru en 2008. L’ins­pi­ra­tion est re­ve­nue plus ra­pi­de­ment cette fois?

« À un mo­ment don­né, on est en manque de créa­tion et c’est ce qui s’est pas­sé. J’ai eu une soif d’écri­ture. Ça fait un an et de­mi que je tra­vaille sur ce disque et spé­cia­le­ment de­puis l’été der­nier. Je me suis mis à tra­vailler comme peut-être ja­mais avant. C’est-àdire me le­ver à 7 h du ma­tin et par­fois me cou­cher à pas d’heure pour tra­vailler sur ces chan­sons. Il y en une dont le texte m’a pris un mois. Quelques fois, on re­vient de plu­sieurs heures de tra­vail en di­sant qu’on a amé­lio­ré un mot. »

Chaque mot uti­li­sé est donc très im­por­tant pour vous?

« Chaque mot a une vraie si­gni­fi­ca­tion. Je vais d’ailleurs vous ra­con­ter une anec­dote qui va dé­ter­mi­ner le choix d’une des chan­sons que je vais chan­ter à Qué­bec. Je re­çois de­puis plu­sieurs mois des cour­riels de gens qui m’en­voient un texte en me di­sant : je crois que tu vas ai­mer ça, c’est su­per. Les gens sont très élo­gieux. Il se trouve que c’est une de mes chan­sons. C’est Avoir et être, qui cir­cule sur In­ter­net en étant at­tri­bué à un au­teur in­con­nu. On a donc choi­si ce titre et La langue de chez nous parce que je trouve très amu­sant cet ef­fet de boo­me­rang. C’est très gra­ti­fiant parce que ça montre que la pros­pé­ri­té d’un ar­tiste est très courte mais celle des chan­sons est plus longue. »

YVES DU­TEIL

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