BLAGUE À PART

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Marc-an­dré Le­mieux MARC-ANDRE.LE­MIEUX@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

Les gars de Misteur Valaire blaguent beau­coup en en­tre­vue. Tel­le­ment, qu’on a par­fois du mal à dis­tin­guer le vrai du faux. Pince-sans-rire à l’ex­trême, Drouin, Luis, France, Jules et To n’en ratent pas une. Ques­tion: « Vous consi­dé­rez-vous comme un groupe ambitieux? » Ré­ponse: « Oui. On veut jouer dans de beaux ma­riages… grecs si pos­sible. C’est le rêve ul­time. On est même prêt à adap­ter notre ma­té­riel. » Ques­tion: « Pour­quoi avez-vous dé­ci­dé de lan­cer un al­bum en­re­gis­tré lors de votre grand concert ex­té­rieur au Fes­ti­val de jazz? » Ré­ponse: « Parce que le Live à So­rel est tom­bé entre deux chaises. On vou­lait se ra­che­ter. »

Bien évi­dem­ment, le quin­tette fi­nit tou­jours par four­nir les ex­pli­ca­tions dé­si­rées, no­tam­ment en ce qui concerne sa troi­sième ga­lette, ti­rée de son pas­sage au coeur du Quar­tier des spec­tacles l’été der­nier.

« C’était le point culmi­nant de notre tour­née, ex­plique Luis. C’était aus­si le plus gros show de notre vie. On avait une équipe im­mense, des in­vi­tés… On avait beau­coup de moyens. »

Pré­sen­té en plein centre-ville de­vant une foule de plu­sieurs mil­liers de per­sonnes, ce concert a per­mis au groupe d’as­seoir sa ré­pu­ta­tion à l’échelle lo­cale.

Épau­lés par James Di Sal­vio et Li­quid de Bran Van 3000, Gi­gi French, Bé­ni bbq, Sen­ja Sar­geant et huit mu­si­ciens jazz, les Sher­broo­kois d’origine ont joué les titres de Fri­ter­day Night (2007) et Gol­den Bom­bay (2010), en plus des chan­sons in­édites Just Get Down et

Sha­ving (Part 3). « C’est l’fun qu’elles sortent sur un al­bum, dit Drouin. On les fai­sait seule­ment en show et les gens nous les de­man­daient sou­vent. »

For­ma­tion mul­ti­pla­te­forme jus­qu’au bout des ongles, Misteur Valaire pro­fite éga­le­ment du lan­ce­ment du disque pour pro­po­ser un do­cu­men­taire sur les cou­lisses du mé­ga concert. Of­fert sur le site docu.mv.mu, ce film réa­li­sé par Phi­lippe Ar­se­nault et bour­ré d’anec­dotes d’ar­rière-scène re­late la pré­pa­ra­tion tech­nique du spec­tacle. Pour le groupe, il s’agis­sait d’une ex­cel­lente fa­çon d’im­mor­ta­li­ser l’évé­ne­ment et de chas­ser le stress dans les heures pré­cé­dant le mo­ment de vé­ri­té.

« Phi­lippe est un ami, pré­cise Luis. Ça nous fai­sait du bien de répondre à ses ques­tions. Ça nous chan­geait les idées. Au­tre­ment, on au­rait pas­sé la jour­née à pen­ser au show. »

UNE PER­CÉE À L’ÉTRAN­GER

Misteur Valaire ne chôme pas cet été. En juillet, le groupe par­ti­ci­pe­ra à plu­sieurs évé­ne­ments d’en­ver­gure, dont la Fête du lac des Nations à Sher­brooke, les Ré­gates de Val­ley­field, le FestiVoix de Trois-Ri­vières et, sur­tout, le Fes­ti­val d’été de Qué­bec (le groupe se pro­dui­ra sur les plaines d’Abra­ham en pre­mière par­tie de Jean Leloup). En­suite, il s’en­vo­le­ra pour l’Al­le­magne, où il donnera pas moins de neuf concerts au mois d’août.

« Étant don­né que ça fonc­tionne bien en France, ça nous per­met d’élar­gir notre cercle sur les pays avoi­si­nants », dit Jules.

« La pro­chaine étape, c’est l’An­gle­terre, an­nonce France. C’est un gros mar­ché, mais on y croit. Il faut se frayer un che­min au tra­vers des cen­taines de bands. Mais si on a une bonne équipe, tout est pos­sible. »

« On voit loin et on s’or­ga­nise pour y ar­ri­ver. On n’est pas li­mi­té par la langue. Notre am­bi­tion, c’est le monde », ajoute Drouin.

SOU­VE­NIRS DE FÊTE NA­TIO­NALE

Au mo­ment de notre en­tre­tien, les membres de Misteur Valaire se re­met­taient d’une Saint-Jean-Bap­tiste sur­vol­tée. Di­manche der­nier, le groupe dou­blait la mise au parc Mai­son­neuve. À 21 h, il fê­tait en com­pa­gnie d’Ariane Mof- fatt, Guy A. Le­page, Da­niel Bélanger et Isa­belle Boulay de­vant près de 150 000 per­sonnes… et quelques heures plus tard, il clô­tu­rait la soi­rée avec une pres­ta­tion sur­vol­tée de 90 mi­nutes.

« On avait peur que les gens s’en aillent après le grand spec­tacle. Il fal­lait bran­cher nos ins­tru­ments, ré­amé­na­ger la scène… Pis la pluie a re­com­men­cé. Heu­reu­se­ment, les gens sont res­tés. »

De cette soi­rée, le quin­tette re­tien­dra no­tam­ment l’am­biance en cou­lisses (« très fa­mi­liale ») et sa col­la­bo­ra­tion avec Ariane Mof­fatt sur une chan­son de Jean-Pierre Fer­land. « C’était un hon­neur de faire ça de­vant lui, dit Luis. Ça s’est pas­sé tel­le­ment vite. On est re­ve­nu d’Eu­rope, pis la jour­née d’après, il fal­lait commencer les ré­pé­ti­tions. On n’a pas eu beau­coup de temps pour se pré­pa­rer. Ça nous a fait pom­per le coeur pen­dant un cer­tain temps. »

Les gars n’ont ja­mais su ce que Fer­land avait pen­sé de leur nu­mé­ro. « Si on avait été une fille un peu plus sexy, je pense qu’on au­rait eu plus de chances d’avoir un bon feed­back de sa part ! », ri­gole Luis.

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