UN PRE­MIER RÔLE DE DUR POUR STÉPHANE ROUSSEAU

C’est par le rire que le pu­blic a ap­pris à le connaître et à l’ai­mer, il y a dé­jà plus de 20 ans. Mais dans le thril­ler po­li­cier Omertà, Stéphane Rousseau ne fait plus rire. Au contraire!

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Maxime Demers MAXIME. DEMERS@ QUE­BE­COR­ME­DIA. COM

Après avoir joué presque ex­clu­si­ve­ment dans des co­mé­dies (à l’ex­cep­tion du drame

Les Invasions Barbares, de Denys Ar­cand), l’ac­teur et hu­mo­riste brise l’image du beau gars sou­riant en cam­pant dans Omertà le per­son­nage de Sam Co­hen, un dangereux cri­mi­nel fraî­che­ment sor­ti de pri­son qui pré­pare un nou­veau coup avec la ma­fia.

« C’est le genre de rôle qu’on re­cherche comme ac­teur, ex­plique Rousseau en en­tre­vue.

« C’est très ins­pi­rant de sur­prendre et d’être sur­pris soi-même. Je connais tout ce que je peux faire en co­mé­die. Mais le drame est en­core à ex­plo­rer pas mal plus. Je pense que je peux me ré­in­ven­ter pas mal plus qu’en fai­sant rire les gens, ce que je vais conti­nuer à faire de toute fa­çon parce que j’adore ça. Mais c’est le fun d’al­ler ailleurs. Ça fait du bien et c’est ins­pi­rant. Et ça me sert aus­si dans mon hu­mour aus­si parce qu’on sort trans­for­mé de ce genre d’ex­pé­rience. »

Fan de po­lars et de films po­li­ciers, Stéphane Rousseau a convain­cu le réa­li­sa­teur Luc Dionne qu’il pou­vait être cré­dible dans le rôle d’un dur en se poin­tant à une séance d’es­sai dans la peau de son per­son­nage.

« J’avais dé­jà fait un pre­mier es­sai sans cos­tume ni rien, ra­conte-t-il.

« Luc et Denise Robert (la pro­duc­trice) m’ont en­suite de­man­dé si je pou­vais me créer un look pour le deuxième es­sai. Denise sa­vait que j’ai­mais bien le ma­quillage et que j’avais vou­lu faire ce­la quand j’étais jeune. Je suis donc al­lé dans ma boîte à ma­quillage et je me suis fait une belle ba­lafre… Ils ont ado­ré et ils m’ont dit que c’est exac­te­ment ce qu’ils cher­chaient pour le rôle. »

S’IM­PRÉ­GNER DU PER­SON­NAGE

Rousseau a abor­dé ce nou­veau dé­fi avec sérieux, al­lant même jus­qu’à s’ima­gi­ner dans la peau du per­son­nage chez lui, pour se pré­pa­rer pour ses jours de tour­nage. « Ma blonde me di­sait alors: ah non, Sam est

à la mai­son! Elle le trou­vait un peu in­quié­tant… C’était le fun d’avoir son re­gard dé­jà à la mai­son et de voir que ça mar­chait avec elle. Il y a une at­ti­tude et une per­son­na­li­té qui vient avec ce type de per­son­nage. J’ai es­sayé le plus pos­sible de m’im­pré­gner de cette éner­gie d’un gars sombre qui a un pas­sé lourd et qui peut pé­ter les plombs n’im­porte quand.

« J’ai tou­jours été fas­ci­né par ces per­son­nages aux­quels on a en­vie de se rap­pro­cher quand même, à nos risques et pé­rils. C’est pour ça que les femmes sont sou­vent at­ti­rées par ce genre de bad boys. Elles aiment flir­ter avec le dan­ger jus­qu’à ce qu’elles se rendent compte qu’elles peuvent se brû­ler. »

Cet été, Rousseau re­noue­ra avec la co­mé­die en jouant un rôle dans le film Pa­ris à

tout prix, que réa­lise sa co­pine Reem Khe­ri­ci et qui réunit une bro­chette de co­miques fran­çais.

D’ailleurs, de­puis quelques an­nées, c’est sur­tout le cinéma fran­çais qui l’a fait jouer. On l’a vu dans la mé­ga pro­duc­tion As­té­rix

aux Jeux olym­piques mais aus­si dans les co­mé­dies Mo­dern Love et Fa­tal.

« Au Qué­bec, j’ai eu ces der­nières an­nées quelques pro­jets qui ne se sont mal­heu­reu­se­ment pas concré­ti­sés, ex­plique-t-il.

« On fait du beau cinéma au Qué­bec et j’étais très content de re­ve­nir tour­ner ici avec

Omertà. Je me suis sou­vent de­man­dé pour­quoi on ne pen­sait pas à moi aus­si sou­vent que j’es­pé­rais.

« Comme j’ai sou­vent tour­né en France, je ne suis peut-être pas l’ar­tiste qui re­pré­sente le plus un gars qué­bé­cois.

Mais j’aime jouer au Qué­bec et j’aime ce qui se fait ici en ce mo­ment en cinéma. J’ai dû fé­li­ci­ter Pa­trick Huard au moins dix fois pour son rôle dans Star­buck. Il est ab­so­lu­ment ma­gni­fique. On rêve tous d’un rôle comme ça… »

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.