DES HOMMES D' AC­TION

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Maxime Demers MAXIME. DEMERS@ QUE­BE­COR­ME­DIA. COM

OMER­TA

Mi­chel Cô­té se­rait-il la meilleure arme du cinéma qué­bé­cois contre les block­bus­ters es­ti­vaux amé­ri­cains ? De C.R.A.Z.Y. à De père en flic en pas­sant par Pi­ché : entre

ciel et terre et Le sens de l’hu­mour, le po­pu­laire ac­teur qué­bé­cois af­fiche une belle moyenne au boxof­fice ces der­nières an­nées. Et il pour­rait ré­pé­ter l’ex­ploit en­core cet été avec le thril­ler po­li­cier

Omertà.

Ce n’est pas lui qui en dé­cide ain­si, mais les pro­duc­teurs et les dis­tri­bu­teurs, qui prennent le risque de­puis quelques an­nées, d’op­po­ser des films qué­bé­cois at­ten­dus aux grosses pro­duc­tions hol­ly­woo­diennes de l’été.

Il reste que Mi­chel Cô­té, « Mon­sieur box-office au Qué­bec », est bien pla­cé pour sa­voir que le pa­ri vaut la peine d’être ten­té. Les suc­cès com­mer­ciaux de Crui­sing Bar 2, De père en flic, Pi­ché : entre ciel et terre et Le sens de l’hu­mour, tous sor­tis au mi­lieu de l’été, sont là pour le prou­ver. « Même si l’été, on se bat contre les gros block­bus­ters amé­ri­cains, on réus­sit de­puis quelques an­nées à ti­rer notre épingle du jeu, ob­serve l’ac­teur qui vient de cé­lé­brer son 62e an­ni­ver­saire. « L’été, les Qué­bé­cois sont en va­cances, ils aiment al­ler voir leurs films. L’an pas­sé, il y a même eu deux gros suc­cès : Star­buck et Le sens de l’hu

mour. » Cô­té re­tente donc le coup cet été en re­pre­nant le per­son­nage de l’en­quê­teur Pierre Gau­thier, rôle cen­tral de la sé­rie té­lé­vi­sée Omertà, dif­fu­sée de 1996 à 1999. Dans le film du même titre réa­li­sé par le scé­na­riste de la sé­rie, Luc Dionne (réa­li­sa­teur d’Au­rore et L’en

fant pro­dige), l’ex-po­li­cier de­ve­nu pro­prié­taire d’une im­por­tante agence de sé­cu­ri­té doit en­quê­ter sur un com­plot vi­sant à dé­tour

ner l'or qui re­pose dans les banques cen­trales nord-amé­ri­caines.

SE RE­NOU­VE­LER

Mi­chel Cô­té ad­met avoir hé­si­té avant d’ac­cep­ter de re­prendre un rôle qu’il a dé­jà joué dans le pas­sé :

« Je suis un gars fier et j’aime tra­vailler fort pour dis­pa­raitre der­rière des per­son­nages et créer de nou­veaux rôles que je n’ai ja­mais joués avant, dit-il.

« Quand Émile Gau­dreault m’a par­lé du tueur en sé­rie dans Le sens de l’hu

mour, par exemple, je me suis dit que ça chan­geait de Pi­ché que je ve­nais de jouer.

« Dans Omertà, je ne le cache pas, je joue un rôle que j’ai dé­jà joué. Le tra­vail de créa­tion est dé­jà fait. Mais le prix à payer, c’est que tu ne vas pas im­pres­sion­ner per­sonne parce que tout le monde sait que t’es ca­pable de le faire parce que tu l’as dé­jà fait. Il y a moins de sur­prise, moins de per­for­mance. »

Il dit avoir tou­te­fois fait des ef­forts pour re­nou­vel­ler le per­son­nage:

« J’ai ajou­té par exemple dans son oeil qu’il n’a pas de vie amou­reuse et qu’il n’est pas heu­reux sur ce plan, glisse Cô­té. C’est peut-être im­per­cep­tible, mais c’était im­por­tant pour moi. Ce­la me per­met­tait d’ap­pro­fon­dir le per­son­nage. »

UN GARS D’AC­TION

Si la pers­pec­tive de re­prendre un per­son­nage qu’il avait dé­jà te­nu l’a d’abord in­quié­té, la pos­si­bi­li­té de jouer de nou­veau dans un film d’ac­tion l’a im­mé­dia­te­ment at­ti­ré. Car Mi­chel Cô­té aime les rôles phy­siques et les films ou ça bouge.

« C’est tou­jours amu­sant de re­jouer au pe­tit gars en re­fai­sant un film de ban­dit avec une veste an­ti-balles, ad­met ce­lui qui a cam­pé le cri­mi­nel Mar- cel Ta­lon dans le thril­ler Le Der­nier

Tun­nel et un flic exem­plaire dans la co­mé­die De père en flic.

« J’adore jouer dans des films d’ac­tion. Le temps passe plus vite, et ça nous per­met de nous en­traî­ner avec le tour­nage. Dans la sé­rie Omertà, j’avais été très gâ­té sur ce plan : je me suis bat­tu, j’ai été pri­son­nier, j’ai été ta­bas­sé. J’avais ai­mé ça et j’aime en­core ça. J’es­père te­nir la forme pour le faire en­core long­temps. »

Pour lui, même s’il ne s’agit pas d’une suite, le film Omertà res­pecte bien l’es­prit de la sé­rie du même titre.

« Comme (dans) la sé­rie, on est dans une ap­proche réa­liste, loin des films ou des sé­ries po­li­cières amé­ri­caines. Dans un film amé­ri­cain, par exemple, il va se ti­rer 1 500 balles, le hé­ros va en re­ce­voir 350 mais il ne se­ra ja­mais bles­sé. Dans Omertà, c’est plus réa­liste. Il y a moins de balles qui se tirent mais quand ça ar­rive, c’est fa­tal. »

Ces der­nières an­nées, Mi­chel Cô­té nous a ha­bi­tués à tour­ner un film par an­née, et ain­si à être pré­sent sur nos écrans chaque été. Cette an­née, tou­te­fois, au­cun tour­nage ne fi­gure à l’ho­raire du co­mé­dien pour l’ins­tant.

« C’est la pre­mière an­née de­puis long­temps que je ne tourne pas de film, ad­met-il.

« Je ne ca­che­rai pas que je suis de plus en plus exi­geant pour mes rôles. Je ne veux pas re­com­men­cer à jouer des pe­tits rôles comme au dé­but de ma car­rière. Et de bons rôles, à mon âge, il y en a moins. » √ Omertà prend l’af­fiche

le 11 juillet.

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