280 livres D'AMOUR

Tout est dans la confiance. À 38 ans, l’hu­mo­riste Phi­lippe La­prise a dé­ci­dé de s’ac­cep­ter comme il est et de se trou­ver sexy. «En ce mo­ment, je n’ai ja­mais été aus­si en forme de toute ma vie», dit ce­lui qui lance le deuxième one man show de sa car­rière, P

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Ra­phaël Gen­dron-Mar­tin Le Jour­nal de Mon­tréal

Lors­qu’on a contac­té Phi­lippe La­prise pour une séance de pho­tos, l’hu­mo­riste était prêt à tout. En stu­dio, il s’est mis torse nu avec un noeud pa­pillon, au­cu­ne­ment gê­né de prendre la pose. «Je suis comme un dan­seur du 281... livres!» a-t-il lan­cé, en riant. Bien en­ten­du, le titre de son nou­veau spec­tacle, Plus sexy

que ja­mais, se veut d’abord iro­nique. Mais il ren­ferme aus­si une grande part de vé­ri­té puisque Phi­lippe La­prise af­firme se sen­tir su­per bien, lui qui veut se faire un ca­deau pour ses 40 ans en étant en forme.

S’AC­CEP­TER COMME ON EST

«L’an der­nier, je pe­sais 320 lbs. Puis j’en ai per­du 40 avec l’émis­sion Tes­té sur des hu­mains. Ça fait une grande dif­fé­rence. Je fais mon show pré­sen­te­ment et je ne cours pas après mon souffle.» Quand on lui de­mande s’il se trouve sexy, l’hu­mo­riste ré­pond «oui» sans hé­si­ter. «Il faut que ça vienne de toi, avec la confiance. C’est im­por­tant de se trou­ver sexy, de s’ac­cep­ter comme on est.» Si tout va bien pour lui pré­sen­te­ment, Phi­lippe La­prise n’a pas tou­jours été aus­si à l’aise avec son ap­pa­rence. «Comme tous les do­dus de l’époque, j’étais mal­heu­reux dans ma jeu­nesse. Mais à 16 ans, mon ami m’a dit que je de­vais me re­gar­der dans le mi­roir et me dire que je me trou­vais beau, si­non je n’au­rais ja­mais de blonde.»

DÉ­FI­CIT DE L’AT­TEN­TION

À 33 ans, l’hu­mo­riste a ap­pris une nou­velle qui al­lait chan­ger sa vie: il souf­frait d’un trouble du dé­fi­cit de l’at­ten­tion avec hy­per­ac­ti­vi­té (TDAH). «Le jour où j’ai re­çu ce diag­nos­tic, c’est là que je me suis ac­cep­té, dit-il. Avant ça, je pen­sais que j’étais un im­bé­cile qui ne sa­vait pas lire et écrire comme il faut. Quand j’étais jeune, j’ai re­dou­blé trois fois à l’école. J’ai fi­ni mon se­con­daire 5 à 20 ans, mais je suis ar­ri­vé là où je vou­lais al­ler: de­ve­nir hu­mo­riste.»

C’est son par­cours anor­mal que le co­mique aborde dans son nou­veau one man show. «Dans le pre­mier spec­tacle, je me dé­voi­lais un peu. Mais là, je vais vrai­ment en pro­fon­deur, dans mon âme. Je parle des af­faires hy­per proches de ma vie.»

Il trou­vait ain­si im­por­tant de faire un numéro sur le TDAH, car l’un de ses trois en­fants a aus­si le même pro­blème. «C’est hé­ré­di­taire. Même si elle n’a pas été diag­nos­ti­quée, je crois que ma mère l’a aus­si.»

Ce numéro-là, qu’il fait dans la deuxième par­tie du spec­tacle, ne laisse pas le pu­blic in­dif­fé­rent. «Il y a des gens qui rient et d’autres qui pleurent, parce qu’ils se re­con­naissent. Quand j’ai com­men­cé à faire ce numéro, il était très style “confé­rence”. Mais mon équipe trou­vait que c’était trop lourd. J’ai donc chan­gé des choses pour le rendre plus pun­ché. »

ÉCRI­TURE IM­PRO­VI­SÉE

Phi­lippe La­prise a com­men­cé le tra­vail de Plus sexy que ja­mais il y a trois ans, alors qu’il ani­mait le spec­tacle Dieu Mer­ci!. «Pen­dant le show, j’avais quelques mi­nutes sur scène pour bou­cher un trou. J’ai dé­ci­dé d’im­pro­vi­ser des af­faires. À la fin de l’été, j’étais sor­ti avec trois ou quatre ca­ne­vas qui fonc­tion­naient.»

Pen­dant six mois, il a en­suite loué des salles de 80 per­sonnes pour faire des spec­tacles de près de trois heures. «De ces spec­tacles, on a gar­dé les nu­mé­ros qui mar­chaient le mieux. Et j’ai com­men­cé mon ro­dage en juillet. Ç’a été la meilleure tech­nique, celle qui me sti­mule le plus. Il faut que je sois en dan­ger.»

Phi­lippe La­prise se­ra en spec­tacle au Théâtre Mai­son­neuve les 10 et 11 fé­vrier, ain­si qu’à la Salle Al­bert-Rous­seau, à Qué­bec, le 18 fé­vrier. In­fos et dates: phi­lip­pe­la­prise.com.

PHO­TO CHAN­TAL POI­RIER, LE JOUR­NAL DE MON­TRÉAL

Phi­lippe La­prise parle no­tam­ment de son trouble du dé­fi­cit de l’at­ten­tion avec hy­per­ac­ti­vi­té (TDAH) dans son nou­veau spec­tacle. PHI­LIPPE LA­PRISE

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