L’am­bi­tion faire rire

On la connaît pour ses rôles dra­ma­tiques et tous plus in­tenses les uns que les autres: té­moin de Jé­ho­vah dans Mi­ra­cu­lum, jun­kie dans Au se­cours de Béa­trice et, plus ré­cem­ment, ma­man éplo­rée par l’en­lè­ve­ment de son fils dans un épi­sode de 19-2. Pour­tant, q

Le Journal de Quebec - Weekend - - PHILIPPE LAPRISE - Cé­dric Bé­lan­ger Le Jour­nal de Qué­bec

«Quand je suis ren­trée à l’école nationale, quel­qu’un m’a dit: toi, on va te faire tra­vailler le tra­gique parce que tu vas jouer de la co­mé­die. C’est drôle, mais je n’ai ja­mais joué le co­mique. Quand j’étais ado­les­cente, j’ai­mais faire rire. On m’avait même sug­gé­ré de m’ins­crire à l’École de l’hu­mour», se rap­pelle Ma­ri­lyn Cas­ton­guay, avec qui Le Jour­nal s’est en­tre­te­nu il y a quelques jours.

Même si elle adore les per­son­nages dra­ma­tiques qu’on lui pro­pose, la co­mé­dienne ori­gi­naire de l’Isle-aux-Coudres, qu’on voit aus­si dans des émis­sions jeu­nesse à la té­lé, avoue qu’elle ai­me­rait vrai­ment jouer dans une co­mé­die. Sauf qu’on ne l’ap­pelle ja­mais pour des au­di­tions. «Comme on ne m’a ja­mais vue dans une co­mé­die, on ne m’as­so­cie pas à ça. Il fau­drait que quel­qu’un ose à un mo­ment don­né. Je ne vou­drais pas perdre ce cô­té de moi. J’aime ça», confie-t-elle.

IM­MER­SION AN­GLAISE

L’autre am­bi­tion de Ma­ri­lyn Cas­ton­guay se­rait de pou­voir jouer en an­glais. Pour y ar­ri­ver, elle songe à s’of­frir un sé­jour d’im­mer­sion dans une com­mu­nau­té an­glo­phone pour amé­lio­rer sa connais­sance de la langue de Sha­kes­peare.

«Je veux m’ou­vrir des portes pour tour­ner n’im­porte quoi, n’im­porte où. On di­rait que je ne peux pas conce­voir que je ne suis pas bi­lingue à l’âge que j’ai, en 2015. J’ai­me­rais tra­vailler en an­glais», dit la co­mé­dienne, qui avait pour­tant sui­vi des cours pri­vés quand elle était jeune.

«Quand je suis ar­ri­vée à Mon­tréal, on di­rait que c’est de­ve­nu plus po­li­tique. Je vi­vais et je tra­vaillais dans le Mile-End, mais je ré­pon­dais aux clients en fran­çais.»

UNE SCÈNE ÉPROU­VANTE

En at­ten­dant que ses voeux soient exau­cés, Ma­ri­lyn Cas­ton­guay ne manque pas d’ou­vrage, que ce soit au ci­né­ma, au théâtre ou à la té­lé­vi­sion. Bien que courte, sa der­nière ap­pa­ri­tion au pe­tit écran a été par­ti­cu­liè­re­ment mar­quante. La co­mé­dienne a ému tous les fans de 19-2 dans la peau d’une mère dont le fils a été en­le­vé et tué. Le tour­nage, se rap­pelle-t-elle, a ce­pen­dant été fort éprou­vant.

En en­tre­vue, Ma­ri­lyn Cas­ton­guay af­firme même qu’elle a cru qu’elle ne se­rait pas ca­pable de jouer les deux scènes qu’on lui de­man­dait. La si­tua­tion dans la­quelle se trou­vait son per­son­nage était trop tra­gique.

«On a fait cinq prises. C’est comme si mon corps re­fu­sait de jouer ça. C’était phy­sique. Tu dois jouer la pire dou­leur au monde, mais c’est comme si je ne vou­lais pas m’in­fli­ger ça. Il fal­lait que j’ac­cepte de perdre le contrôle, ce qui n’est pas fa­cile pour moi. À 3,2,1, j’ar­rê­tais de res­pi­rer et j’étais in­ca­pable de ren­trer dans la scène.»

Heu­reu­se­ment, la pré­sence de Podz (avec qui elle a dé­jà tour­né deux films) der­rière la ca­mé­ra a été d’un grand se- cours pour Ma­ri­lyn Cas­ton­guay.

«Il sait jus­qu’où on peut al­ler en­semble. À un mo­ment don­né, je lui ai dit que je ne se­rais pas ca­pable. Il m’a ré­pon­du: non, t’es ca­pable et j’ai confiance en toi. À chaque fois qu’on fi­nis­sait la scène, il me fai­sait un signe “plus” sans me mettre da­van­tage de pres­sion. Puis, en plein mi­lieu de la scène, sans sa­voir pour­quoi, j’ai lâ­ché prise. L’éner­ve­ment et l’émo­tion sont mon­tés. Podz a dit: cou­pez, va te re­pla­cer et on re­part de là. C’est ce­la que ça a don­né.»

Ma­ri­lyn Cas­ton­guay donne la ré­plique à Sophie Lo­rain et Ga­briel Arcand dans Au se­cours de Béa­trice, le mer­cre­di à 20h, à TVA.

Elle est aus­si de la dis­tri­bu­tion de la pièce La beau­té du monde, pré­sen­tée au théâtre aux Écu­ries, à Mon­tréal, du 10 au 28 fé­vrier.

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