PRE­MIER RO­MAN REM­PLI D’ÉMO­TIONS

L’au­teur-com­po­si­teur-in­ter­prète Maxime Lan­dry, grand ga­gnant de Star Aca­dé­mie en 2009 et in­ter­prète mas­cu­lin de l’an­née en 2010, fait une en­trée re­mar­quée dans le monde lit­té­raire avec un pre­mier ro­man bou­le­ver­sant, ins­pi­ré de sa vie et de celle de son pè

Le Journal de Quebec - Weekend - - PHILIPPE LAPRISE - Ma­rie-France Bornais, Le Jour­nal de Qué­bec

Ber­trand, un homme tra­vaillant et dé­voué qui se sur­mène pour as­su­rer un ave­nir de qua­li­té à sa femme et à ses en­fants, se re­trouve bien loin de ses rêves et de ses am­bi­tions mal­gré tous ses ef­forts. Il ne voit pas ve­nir la dé­pres­sion qui le fait som­brer dans la noir­ceur. Après avoir com­mis l’ir­ré­pa­rable, il ra­conte l’an­née sui­vant son dé­part dans un jour­nal post-mor­tem tou­chant, ja­mais pa­thé­tique, qui cé­lèbre la vie et montre à quel point il re­grette son geste.

Maxime Lan­dry parle avec beau­coup d’émo­tion de son tout pre­mier ro­man, écrit pour exor­ci­ser la dou­leur liée au sui­cide de son père. «C’est le des­tin de mon père, qui s’est en­le­vé la vie quand j’avais 16 ans. Il en avait 42. Il s’est en­le­vé la vie le 28 août 2003. Ça m’a tel­le­ment fait du bien d’écrire l’his­toire, ça a été comme une thé­ra­pie», dit-il en en­tre­vue.

Il avait été ques­tion de cette tra­gé­die pen­dant son pas­sage à Star

Aca­dé­mie, ce qui lui a fait connaître des mo­ments très dif­fi­ciles. «J’es­sayais moi-même de faire mon deuil. En en­tre­vue, les gens me par­laient de ça, et, moi-même, je n’étais pas prêt. Je n’avais pas as­si­mi­lé le fait même si ça fai­sait cinq ans qu’il était par­ti. Linda Lemay, quand elle a en­ten­du par­ler de mon his­toire, a écrit une chan­son qui s’ap­pelle Cache-ca

che. Ça a été le plus beau ca­deau qu’on m’ait fait.»

En écri­vant le livre, il a eu des hauts et des bas. «J’étais an­cré dans l’his­toire. J’ai revécu l’an­née qui a sui­vi le dé­part de mon père, 10 ans plus tard. C’est un che­mi­ne­ment né­ces­saire qui ne m’était pas ar­ri­vé.»

Pas ques­tion tou­te­fois d’écrire une his­toire lourde, triste, crè­ve­coeur. «Mon père avait un sens de l’hu­mour noir que je vou­lais lais­ser trans­pa­raître à tra­vers ses re­marques. Je vou­lais créer de l’émo­tion, que ce soit drôle et, évi­dem­ment, tou­chant.»

Ce­la dit, Maxime Lan­dry ne pen­sait pas en faire un ro­man. «J’écris ma mu­sique, j’écris mes chan­sons. Le livre est par­ti d’une chan­son. J’étais in­ca­pable d’ar­rê­ter, de rac­cour­cir ce thème que je com­men­çais à abor­der en deux cou­plets. J’ai dé­ci­dé de pous­ser ça plus loin. Je me suis vite re­trou­vé avec une cin­quan­taine de pages.»

AI­DER LES GENS

Il es­père que son livre ai­de­ra bien des gens et les fe­ra ré­flé­chir. «Mon père tra­vaillait beau­coup trop et je ne consi­dère pas qu’il ai­mait ce qu’il fai­sait dans la vie. Un jour, moi, j’ai eu cette ré­vé­la­tion de me dire: je vais m’ar­ran­ger pour faire tou­jours ce que j’aime dans la vie parce que je ne veux pas que ça ar­rive. Je suis chan­ceux de pou­voir le faire. J’ai 27 ans et je ne me ver­rais pas faire autre chose que ce que je fais en ce mo­ment. L’écri­ture du ro­man m’a per­mis de ré­pondre à mes ques­tions. J’avais le crayon en main et j’ai pu dé­ci­der de la fin de l’his­toire.»

Maxime Lan­dry a dé­jà une his­toire en tête pour son pro­chain livre.

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