AU SER­VICE DE SA MA­JES­TÉ

Mat­thew Vaughn, connu pour son X-Men: pre­mière classe, est le réa­li­sa­teur et cos­cé­na­riste de King­sman: Ser­vices se­crets, une sorte de pa­ro­die dé­jan­tée des his­toires d’agents se­crets. Pleins feux sur un long-mé­trage pas comme les autres.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI

«Mark Millar et moi par­lions de notre amour des films d’es­pion­nage et je me suis mis à dire que je trou­vais qu’ils de­ve­naient trop sé­rieux. J’avais l’im­pres­sion que les James Bond, les Bourne et autre Mis­sion: im­pos­sible de­ve­naient tous in­ter­chan­geables. J’ai donc sug­gé­ré à Mark que nous fas­sions quelque chose de com­plè­te­ment dif­fé­rent, comme ce que nous avions fait aux su­per hé­ros dans Kick-Ass, mais pour les es­pions. En fait, le concept était de prendre tout ce que nous ai­mons dans le genre, mais de le rendre plus fou», a in­di­qué Mat­thew Vaughn aux jour­na­listes in­vi­tés sur le pla­teau de tour­nage de la pro­duc­tion l’an der­nier. C’est ain­si que la bande des­si­née

King­smen est née, puis le film qui prend l’af­fiche le 13 fé­vrier. «Nous avons fait un film très mo­derne. Je vais le com­pa­rer avec ce qu’a fait Spiel­berg avec Les aven­tu­riers de l’arche per­due. Il a pris les films de son en­fance et les a ren­dus mo­dernes, frais et ac­ces­sibles. Je fais la même chose avec les films d’es­pion­nage avec les­quels j’ai gran­di. Nous fai­sons des ré­fé­rences aux longs mé­trages des an­nées 1960, mais ce sont juste des clins d’oeil. Nous pro­po­sons quelque chose de com­plè­te­ment dif­fé­rent», a ajou­té le réa­li­sa­teur. Dès que Mat­thew Vaughn a com­men­cé à se pen­cher sur le pro­jet, il a pas­sé un coup de fil à Co­lin Firth afin de confier à l’acteur os­ca­ri­sé le rôle de l’agent se­cret qui ini­tie son jeune pro­té­gé (Ta­ron Eger­ton) aux fi­celles du mé­tier. «Co­lin m’a dit oui avant même que j’aie ter­mi­né la pre­mière phrase de mon pe­tit dis­cours. Je lui ai lan­cé l’idée et il m’a dit: “Ça a l’air gé­nial.” Il n’a ja­mais la chance de tour­ner dans des films comme ce­lui-ci.»

UN UNI­VERS UNIQUE

Egg­sy (Ta­ron Eger­ton) est un jeune dé­lin­quant qui sort de pri­son grâce à l’in­ter­ven­tion d’Har­ry ( Co­lin Firth), an­cien col­lègue de son père dé­cé­dé. Or, Har­ry fait par­tie d’un groupe de su­per agents se­crets ap­pe­lés les King­smen (lit­té­ra­le­ment «Les hommes du roi » ) et y tra­vaille sous le nom de code Ga­la­had. L’en­traî­ne­ment d’Egg­sy est confié à Mer­lin (Mark Strong) jus­qu’à ce que Va­len­tine (Sa­muel L. Jack­son), un mé­chant aus­si riche que cha­ris­ma­tique, veuille anéan­tir l’es­pèce hu­maine.

«Le jeu d’acteur peut être deux choses. La pre­mière, c’est que ce­la peut être un masque. On em­barque alors to­ta­le­ment dans ses fan­tasmes et dans son per­son­nage. Ou alors, on af­fronte alors ses peurs les plus pro­fondes. Pour

King­smen, c’est le cô­té du fan­tasme qui a pré­do­mi­né. Les dia­logues sont ex­cel­lents, je suis mer­veilleu­se­ment bien ha­billé et j’ai bé­né­fi­cié de l’aide d’une équipe de cas­ca­deurs ex­tra­or­di­naires. Bref, tout le monde me fait avoir l’air ma­gni­fique», a dit en riant Co­lin Firth.

Har­ry se sent aus­si res­pon­sable d’Egg­sy dans la me­sure où, comme l’a in­di­qué Co­lin Firth, «il est cou­pable de la mort de son père. Il l’a re­gar­dé gran­dir, de loin, et il pense vrai­ment qu’Egg­sy a tout pour de­ve­nir un ex­cellent King­sman.»

«Ce film est vrai­ment la vi­sion de Mat­thew Vaughn. C’est un mé­lange presque pa­ra­doxal. D’un cô­té, il éprouve un amour qua­si en­fan­tin pour le ci­né­ma, c’est un sen­ti­ment très pur, comme ce­lui d’un ga­min qui veut être en­sor­ce­lé par ce qu’il voit à l’écran. Et de l’autre, il est ca­pable de faire quelque chose de très so­phis­ti­qué. C’est quel­qu’un qui pos­sède une sen­si­bi­li­té ci­né­ma­to­gra­phique qui s’adresse à un pu­blic mon­dial.»

EN­TRAέNE­MENT RI­GOU­REUX

Évi­dem­ment, qui dit es­pions dit for­cé­ment en­traî­ne­ment. Et, même si Co­lin Firth a eu droit à des cas­ca­deurs pour les scènes les plus dan­ge­reuses, il a quand même fal­lu qu’il se sou­mette à un en­traî­ne­ment des plus ri­gou­reux.

Si l’acteur de­meure ex­trê­me­ment mo­deste, Da­mien Wal­ters, le co­or­don­na­teur des cas­cades a ré­vé­lé ce qui s’était pro­duit. «Quand Co­lin est ve­nu nous voir pour la pre­mière fois, il a été très hon­nête. Il nous a dit qu’il ne s’était ja­mais bat­tu de sa vie, sauf dans Brid­get Jones. Il n’a ja­mais tour­né dans un film d’ac­tion. Il se tient en forme, mais ce n’est pas le genre d’homme à pra­ti­quer un sport. Quand il nous a par­lé pour la pre­mière fois, il n’avait ja­mais ap­pris de ma­noeuvres de com­bat et nous avons com­men­cé au dé­but.»

«Il a vrai­ment été gé­nial! On consta­tait les amé­lio­ra­tions de jour en jour. Ce qui est gé­nial de Co­lin, c’est que, une fois qu’il a ap­pris la cho­ré­gra­phie d’un com­bat, il com­mence à y ajou­ter des élé­ments de son per­son­nage.» Pour Co­lin Firth, l’at­trait de Kings

man: Ser­vices se­crets s’ex­plique d’une ma­nière re­la­ti­ve­ment simple.

«Les films d’es­pion­nage des an­nées 1960 conti­nuent de plaire. Je crois donc que le mé­lange de haute tech­no­lo­gie et

de choses plus clas­siques joue pour beau­coup dans le plai­sir qu’y prend le pu­blic. En fait, quand on re­garde bien, les films d’es­pion­nage couvrent un large éven­tail de longs mé­trages. Ça va d’Aus­tin Po­wers à John Le Car­ré!»

Et ce qu’il a pré­fé­ré est le cô­té in­ter­gé­né­ra­tion­nel du long-mé­trage.

«J’ai 54 ans et j’ai tra­vaillé avec quel­qu’un qui en a 25 [NDLR: Ta­ron Eger­ton] ain­si qu’avec Sir Mi­chael Caine. Même si je ne connais pas son âge, je sup­pose qu’il a au­tant d’an­nées de plus que moi que j’en ai avec Ta­ron. Et nous étions tous les trois as­sis sur les mêmes chaises en bois, en train de boire le même thé dans les mêmes tasses en plas­tique, en train d’échan­ger des anec­dotes… et avec exac­te­ment la même des­crip­tion de tâches!»

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