SOR­TIR DE SA ZONE DE CONFORT

Sa car­rière est en­core jeune mais on peut dé­jà dé­ce­ler un point com­mun entre les per­son­nages qu’Éve­lyne Bro­chu a choi­si de jouer à l’écran. «Je crois que j’aime les rôles qui m’amènent ailleurs et qui me dé­sta­bi­lisent», ob­serve l’ac­trice en en­tre­vue.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Maxime Demers Le Jour­nal de Mon­tréal

Dans le drame Inch’Al­lah, sor­ti en 2012, Éve­lyne Bro­chu cam­pait une mé­de­cin qué­bé­coise qui dé­couvre la dure réa­li­té du conflit is­raé­lo-pa­les­ti­nien en tra­vaillant dans une cli­nique ba­sée en Pa­les­tine.

Dans Les loups, le nou­veau film de la ci­néaste So­phie De­raspe ( Les signes vi­taux), l’ac­trice se glisse cette fois-ci dans la peau d’une étu­diante de Mon­tréal qui dé­barque à l’im­pro­viste dans une île de l'At­lan­tique Nord pen­dant la fonte des glaces. La pré­sence in­tri­gante de la jeune femme sou­lè­ve­ra des craintes dans cette pe­tite com­mu­nau­té qui vit de la chasse aux loups ma­rins.

«C’est vrai qu’il y a des liens entre Inch’Al­lah et Les loups dans la me­sure où ce sont des rôles qui m’ont fait voya­ger qui m’ont obli­gé à sor­tir de ma zone de confort», ex­plique Éve­lyne Bro­chu.

«On a tour­né Inch’Al­lah en Jor­da­nie et Les loups aux Îles-de-la-Ma­de­leine en plein hi­ver (en 2013). J’aime par­ti­ci­per à ces tour­nages qui sont aus­si des voyages et qui me dé­sta­bi­lisent au­tant comme ac­trice que comme être hu­main.»

«Le fait de ne pas revenir dor­mir chez soi après une jour­née de tour­nage nous oblige à ne pas tom­ber dans nos ré­flexes. Et je trouve que ça ap­pro­fon­dit l’ex­pé­rience. Je n’étais ja­mais al­lée aux Îles avant le tour­nage des Loups et je suis tom­bée en amour avec l’en­droit. C’est une place qui, de­puis, m’ha­bite. J’y suis d’ailleurs re­tour­née à quelques re­prises.»

RAP­PORT À LA NA­TURE

La force de la na­ture est au coeur du film de So­phie De­raspe. On la sent dans le vent puis­sant qui ba­laie les fa­laises et dans les vagues bruyantes qui heurtent les ro­chers.

«Aux Îles, l’hi­ver, il y a un élé­ment d’étran­ge­té, surtout pour une ci­ta­dine comme moi», ob­serve Éve­lyne Bro­chu.

«Ce­la nous rap­pelle à quel point on est pe­tit, fra­gile et dé­pen­dant de la na­ture. La vie nous a été don­née par la na­ture, mais elle peut aus­si nous être re­prise. De sen­tir notre corps être fouet­té par le vent et être en­tou­rés par une mer bru­tale nous font prendre conscience de ce­la.»

Même si son film aborde la ques­tion sen­sible de la chasse aux phoques, la réa­li­sa­trice So­phie De­raspe a vou­lu évi­ter de prendre po­si­tion dans ce dé­bat:

«C’était très im­por­tant pour moi de ne pas faire un film mo­ra­li­sa­teur, dit-elle. Même que pour moi, la chasse est en ar­rière-plan dans le film. C’est un pré­texte sym­bo­lique et vi­suel pour par­ler de notre rap­port à la na­ture. Parce que dans cette com­mu­nau­té de chas­seurs, ce qu’ils mettent dans leur as­siette, ils sont al­lés le cher­cher et ils l’ont tué. Cette na­ture est gé­né­reuse en leur of­frant la vie. Mais elle est plus puis­sante qu’eux et elle peut aus­si prendre des vies.»

Pré­sen­té ré­cem­ment au Fes­ti­val du film de Whist­ler, Les loups a per­mis à Louise Por­tal de re­ce­voir une men­tion pour sa per­for­mance dans le film.

En en­tre­vue, l’ac­trice ac­corde une grande par­tie du cré­dit à l’ap­proche de So­phie De­raspe.

«So­phie une grande réa­li­sa­trice qui a des choses à dire, sou­ligne Louise Por­tal. Elle est très pré­cise dans ce qu’elle cherche, mais elle est aus­si très souple dans sa fa­çon de tra­vailler.»

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