L’hu­mour en toute hu­mi­li­té

Hu­mo­riste res­pec­té de­puis plu­sieurs an­nées, Sté­phane Fal­lu est conscient qu’il n’a ja­mais ven­du 100 000 billets, mais il a re­con­quis son pu­blic en as­su­rant les pre­mières par­ties de Do­mi­nic et Mar­tin et a pri­vi­lé­gié les pe­tites salles pour sa pro­chaine tou

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Sandra Godin SANDRA.GODIN@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

«Si tu es deuxième tout le temps dans ta vie, tu es bon en mau­dit, fait-il re­mar­quer. Dans mon show, je ris un peu de tout le monde qui veut être pre­mier. Au­jourd’hui, tu ne peux plus juste cou­rir, tu dois faire des tri­ath­lons. On peut-tu se cal­mer et juste faire des ef­forts?»

Le titre Bon Deuxième est d’ailleurs un clin d’oeil plein d’au­to­dé­ri­sion à sa car­rière. «Ça fait long­temps que je fais ça, tout le monde me connaît, mais je n’ai ja­mais ven­du 100 000 billets. Je suis comme l’hu­mo­riste le plus connu qui n’a ja­mais eu de gros shows. Mais je suis chan­ceux d’être là parce que j’en connais plein, des hu­mo­ristes qui ne font plus ça au­jourd’hui.»

FORT OC­CU­PÉ DE­PUIS 10 ANS

Ça fait main­te­nant 10 ans que Sté­phane Fal­lu a fait son spec­tacle so­lo. De­puis, il n’a pas chô­mé. Les pro­jets à la té­lé­vi­sion, à la ra­dio et à l’oc­ca­sion de dif­fé­rents ga­las l’ont te­nu très oc­cu­pé, si bien qu’il a tou­jours été pré­sent dans le mi­lieu cultu­rel, avec son sty- le bien à lui.

De re­tour sur les planches, il constate qu’en 10 ans, le mi­lieu de l’hu­mour a beau­coup évo­lué. «Les styles sont plus clairs et le pu­blic connaît beau­coup plus l’hu­mour. Au­jourd’hui, les gens aiment l’hu­mour bri­tan­nique, le stand-up amé­ri­cain; ils ont des ré­fé­rences.»

Les hu­mo­ristes, en­core plus nom­breux qu’avant, doivent in­no­ver dans leur fa­çon d’al­ler cher­cher le pu­blic.

«Les hu­mo­ristes doivent s’im­pli­quer beau­coup plus dans leurs su­jets, tan­dis qu’avant, on était beau­coup plus à l’ex­té­rieur de ce qu’on ra­con­tait. On doit mettre plus notre per­son­na­li­té de l’avant que le fait qu’on est des “ra­con­teux” de jokes. Ce qui va m’ar­ri­ver dans un ca­fé, ce n’est pas la même chose qu’il va ar­ri­ver à Jean-Fran­çois Mer­cier», dit-il en men­tion­nant aus­si An­dré Sau­vé et Ca­thy Gau­thier, entre autres.

VIE DE FA­MILLE ET PAS­SION

«Et l’hu­mour-cli­ché marche moins, le pu­blic veut être sur­pris, mais, en même temps, il a sa zone de confort. Avant, je pense que j’ame­nais trop le pu­blic ailleurs. C’é- tait bon, mais c’était beau­coup trop champ gauche.»

Le pu­blic re­trou­ve­ra donc le Sté­phane Fal­lu «gaf­feux», «désor­ga­ni­sé» et en­core un peu «im­ma­ture» même s’il sou­haite se dé­par­tir de son image d’ado. Âgé de 45 ans, Sté­phane Fal­lu est père de deux en­fants de deux et quatre ans. Il se­ra donc ques­tion de sa vie de fa­mille, de sa blonde, de la pa­ter­ni­té, des pas­sions qui prennent de l’im­por­tance en vieillis­sant (comme l’in­té­rêt pour le vin) et de sa vie en ban­lieue.

Par sou­ci d’ori­gi­na­li­té, Sté­phane Fal­lu a dé­ci­dé de re­ti­rer un numéro sur la qua­ran­taine. «Tous les hu­mo­ristes ont dé­jà par­lé de leur qua­ran­taine», a-t-il lais­sé tom­ber.

L’hu­mo­riste a fait ap­pel au duo Do­mi­nic et Mar­tin pour mon­ter le spec­tacle: Mar­tin Clou­tier à la mise en scène, tan­dis que Do­mi­nic Sillon l’a épau­lé dans l’écri­ture, tout comme la re­crue Syl­vain Ouel­let.

Est-il ner­veux à la veille de la pre­mière? «Je suis in­sup­por­table de­puis un mois dé­jà!»

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