UN VOYA­GEUR QUI PENSE À TOUT›

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Marc-An­dré Le­mieux

An­nie Bro­co­li ne s’est ja­mais aus­si bien sen­tie. Après avoir pris une pause d’un an pour re­char­ger ses bat­te­ries, la chou­choute des en­fants re­vient sous les pro­jec­teurs avec une éner­gie re­nou­ve­lée. «J’ai un grand bon­heur dans le coeur», dit celle qui s’est tem­po­rai­re­ment re­ti­rée du cir­cuit pour «vivre».

En en­tre­vue au Jour­nal, An­nie Bro­co­li, de son vrai nom An­nie Gre­nier, trans­pire le bien-être. Son congé de 12 mois fut bé­né­fique à plu­sieurs points de vue. Après avoir cou­ru pen­dant plus d’une dé­cen­nie, ali­gnant les pro­jets (émis­sions, livres, DVD) à vi­tesse grand V, la co­mé­dienne et chan­teuse avait be­soin d’une pause.

«Sans le sa­voir, j’étais épui­sée, parce que du­rant les 14 pre­mières an­nées, j’étais dans la per­for­mance, ra­conte-t-elle. Quand est ve­nu le temps de dé­po­ser mon nou­veau pro­jet, la vie m’a dit: “Les nerfs!” Et pour la pre­mière fois, je l’ai écou­tée. C’est pro­ba­ble­ment la qua­ran­taine qui m’a ame­né cette sa­gesse.»

«Je l’aime beau­coup, la qua­ran­taine», ajoute-t-elle avec un sou­rire dans la voix.

Bien qu’elle pre­nait du re­cul, An­nie sa­vait qu’elle re­vien­drait en force. An­non­cée plus tôt cette se­maine, son as­so­cia­tion avec Yoopa lui donne rai­son.

«Je sa­vais que j’al­lais re­bon­dir. Je suis en­core en san­té. Je suis heu­reuse. Ça bras­sait beau­coup dans ma vie. Mes en­fants sor­taient de l’ado­les­cence, des proches étaient ma­lades… Je de­vais ar­rê­ter.»

RES­SOUR­CE­MENT

An­nie Bro­co­li a pro­fi­té de cette an­née sab­ba­tique pour se res­sour­cer non seule­ment en voya­geant, mais en re­gar­dant des films et des sé­ries té­lé qu’elle avait man­qués, faute de temps. Des oeuvres de tous ho­ri­zons, pas né­ces­sai­re­ment des­ti­nés aux en­fants, comme The Grand Bu­da­pest Ho­tel, le der­nier long-mé­trage de Wes An­der­son, ga­gnants de plu­sieurs Os­cars di­manche der­nier. «Le trai­te­ment des cou­leurs m’a fait ca­po­ter!»

Outre quelques films de Tim Bur­ton, elle a aus­si dé­vo­ré Brea­king Bad, une sé­rie qui – aus­si éton­nante que ce­la puisse pa­raître – lui a don­né plu­sieurs idées pour ses nou­veaux pro­jets.

«Les plans de ca­mé­ra m’ont fait hal­lu­ci­ner. Les re­tours en ar­rière sans aver­tis­se­ment, les sauts dans le temps… C’est le genre de trucs aux­quels je pense quand j’écris. Je pense tou­jours au vi­suel…»

«Je me suis dé­diée à mon mé­tier, mais en tant que spec­ta­trice, ré­sume-t-elle. Au­jourd’hui, je suis nour­rie. Je me sens rem­plie et pleine de res­sources.»

An­nie Bro­co­li re­vient sous les pro­jec­teurs à titre de mar­raine de Yoopa, la chaîne consa­crée aux tout-pe­tits du Groupe TVA. Son ap­port se dé­cli­ne­ra en ondes, mais aus­si sur in­ter­net et dans les pages du ma­ga­zine Yoopa, dont elle se­ra une col­la­bo­ra­trice.

UNE AS­SO­CIA­TION «NA­TU­RELLE»

Cette as­so­cia­tion ré­jouit la prin­ci­pale in­té­res­sée puis­qu’elle par­tage les va­leurs vé­hi­cu­lées par l’an­tenne. «Je sa­vais que c’était une belle chaîne, une chaîne qué­bé­coise, dit An­nie Bro­co­li. Notre pre­mière rencontre a été ma­gique. On était toute une gang de ma­mans. Au­tour d’une table. On s’est ren­du compte qu’on avait les mêmes va­leurs. Yoopa présente des émis­sions faites ici au Qué­bec. Quand ils achètent des pro­duc­tions étran­gères, ils gardent ces mêmes va­leurs: la fi­dé­li­té en ami­tié, la to­lé­rance en­vers les dif­fé­rences, la non­vio­lence, le res­pect des autres. C’est très im­por­tant pour moi.»

«Je suis hy­per sti­mu­lée, conclut-elle. Je tra­vaille avec du nou­veau monde pour une chaîne, un ma­ga­zine et un site in­ter­net dé­dié à l’en­fance. Je suis à la bonne place.» An­nie Bro­co­li si­gne­ra des au­to­graphes à Qué­bec le sa­me­di 28 fé­vrier de 14 h à 15 h au Centre com­mer­cial Fleur de Lys. La tour­née s’ar­rê­te­ra éga­le­ment à Place Vertu à Mon­tréal, les 7 et 8 mars. La chaîne Yoopa se­ra dé­brouillée jus­qu’au 23 mars. «Il faut avoir une bonne mé­moire de coeur. Il faut avoir en­vie de jouer. Dans ma vie de tous les jours, j’aime me dé­gui­ser. Tous mes par­tys sont thé­ma­tiques. Avec moi, tout de­vient un concept. Quand tu chantes pour les adultes, tu peux avoir l’air bête, mais quand tu chantes pour les en­fants, tu dois avoir un sou­rire au vi­sage.» «Quand tu fais des émis­sions pour en­fants, tu dois ac­cep­ter d’être sol­li­ci­té un peu par­tout, comme au su­per­mar­ché. Les pa­rents veulent te pré­sen­ter leur en­fant. Tu dois faire ça avec ton coeur. Il faut que ça vienne na­tu­rel­le­ment.»

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