SEAN PENN EN TUEUR À GAGES

Pierre Mo­rel, réa­li­sa­teur de L’en­lè­ve­ment met­tant en ve­dette Liam Nee­son, pro­pose Le ti­reur, dans le­quel il met Sean Penn est en tête d’af­fiche.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI

Dans Le ti­reur, Sean Penn, 54 ans, in­carne un tueur à gages qui, après avoir as­sas­si­né un membre du gou­ver­ne­ment congo­lais, est pris en chasse par ses em­ployeurs. L’acteur, qu’on connaît sur­tout pour ses rôles dra­ma­tiques, a ac­cep­té de se mé­ta­mor­pho­ser.

«Il s’est beau­coup en­traî­né, mais il avait de bonnes bases. On ne le voit ja­mais dans ces rôles-là, donc on le voit ra­re­ment torse nu. Mais il est Ca­li­for­nien, il fait du surf, il a donc de bonnes bases», de sou­li­gner Pierre Mo­rel quand on lui de­mande s’il a en­joint le co­mé­dien à ef­fec­tuer un en­traî­ne­ment im­por­tant. «Il a énor­mé­ment tra­vaillé et s’est beau­coup en­traî­né, pré­cise Pierre Mo­rel. Il a fait de la mus­cu­la­tion et a bossé sur les com­bats. Oui, il y a du tra­vail der­rière.»

LE SE­CRET EST DANS L’ADAP­TA­TION…

En 2008, L’en­lè­ve­ment avait re­mis Liam Nee­son sur la carte, le trans­for­mant en acteur de film d’ac­tion. En 2010, John Tra­vol­ta se prê­tait au jeu pour Bons bai­sers de Pa­ris.

«Il n’y a pas de sché­ma d’en­traî­ne­ment, il faut adap­ter les cho­ré­gra­phies à ce que les ac­teurs peuvent faire. Quand quel­qu’un de ce ca­libre-là veut se lan­cer dans les films d’ac­tion, c’est in­té­res­sant de les for­cer à faire les com­bats et les cas­cades, en te­nant compte de leur sé­cu­ri­té, bien sûr. Ça passe donc par du tra­vail. Il faut qu’ils s’en­traînent et qu’on adapte la cho­ré­gra­phie des com­bats de ma­nière à ce que ce soit réa­liste par rap­port au per­son­nage et donc à l’acteur qui le joue.» De fait, la par­tie la plus im­por­tante s’ef­fec­tue donc avant même le dé­but du tour­nage. «Les com­bats se com­posent avec les cas­ca­deurs et les ac­teurs en fonc­tion de ce qu’ils peuvent faire. Il n’est donc pas ques­tion de chan­ger ce qui était pré­vu, mais de le construire dès le dé­part».

IN­VEN­TEUR D’UN NOU­VEAU GENRE

L’en­lè­ve­ment est de­ve­nu sy­no­nyme d’un nou­veau genre de film d’ac­tion dans le­quel Le ti­reur s’ins­crit éga­le­ment. Pierre Mo­rel fait-il les yeux doux aux ci­né­philes de la gé­né­ra­tion X, plus friands d’ac­tion avec un scé­na­rio que de simples ex­plo­sions?

«Si c’est de l’ac­tion juste pour de l’ac­tion, je m’en­nuie ra­pi­de­ment. Si c’est deux mecs qui s’en­tre­tuent pen­dant deux heures sans rai­son, sans his­toire der­rière, ça ne me sa­tis­fait pas», in­dique le ci­néaste de 50 ans.

«Pour at­ti­rer des ac­teurs de ce ca­libre – parce que ce sont quand même de grands ac­teurs -, il ne faut pas juste que ce soit de l’ac­tion gra­tuite. Je ne suis pas sûr que la gé­né­ra­tion X soit le pu­blic cible. Si je prends L’en­lè­ve­ment, c’est un film qui a mar­ché parce que toutes les gé­né­ra­tions s’y re­trou­vaient. C’est moins une ques­tion de gé­né­ra­tion que de connexion émo­tion­nelle avec l’his­toire et les per­son­nages. Que les ac­teurs aient 30, 40 ou 50 ans ne change rien.»

Et, contrai­re­ment à ce qu’on pour­rait s’ima­gi­ner, les scènes les plus com­plexes à tour­ner ne sont pas les plus ex­plo­sives. Comme le dé­crit le ci­néaste, «les scènes d’ac­tion sont éprou­vantes parce que c’est dur pour les ac­teurs. Une scène d’une mi­nute à l’écran, c’est gé­né­ra­le­ment une se­maine de bou­lot pen­dant 10 heures par jour».

«Je pense que les scènes les plus dif­fi­ciles sont celles de jeu, où il faut que la ma­gie opère. Le mo­ment qui se dé­roule dans la chambre à cou­cher de Ja­vier Bar­dem, par exemple, est une scène de pure fo­lie. C’est donc ex­trê­me­ment com­pli­qué parce qu’il faut trou­ver le ton et la jus­ti­fi­ca­tion pour que les ac­teurs ar­rivent à ce ni­veau d’hys­té­rie.»

Le ti­reur a pour toile de fond la Ré­pu­blique dé­mo­cra­tique du Con­go, le mer­ce­naire in­car­né par Sean Penn se trou­vant mê­lé aux opé­ra­tions mi­nières du pays ain­si qu’aux ac­tions de groupes hu­ma­ni­taires. Mais le propos prin­ci­pal n’est pas po­li­tique, de sou­li­gner Pierre Mo­rel.

«Ce n’est pas un pam­phlet! C’est un di­ver­tis­se­ment. On ai­mait bien, avec Sean, l’idée de si­tuer l’ac­tion dans un monde réa­liste, même si on a choi­si le Con­go au dé­but – qui, ef­fec­ti­ve­ment, a été le théâtre de drames hu­ma­ni­taires épou­van­tables -, les élé­ments qu’on dé­crit ne sont pas réels. Mais on avait en­vie de ra­con­ter une es­pèce de pa­ra­bole sur la fa­çon dont le monde fonc­tionne. Je suis per­sua­dé que rien n’est ni blanc ni noir.»

Le ti­reur dé­boule dans les salles de ci­né­ma dès le 20 mars.

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