MARC-AN­DRÉ GRON­DIN, LE NET­TOYEUR

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ma­lik Co­che­rel Collaboration spé­ciale

Quand il ne joue pas au prince char­mant au ci­né­ma dans Les 12 coups de mi­nuit, l’acteur qué­bé­cois net­toie des scènes de crime sor­dide dans Spot­less, une nou­velle sé­rie qui mêle hu­mour noir et bain de sang.

Les ex­perts en scènes de crime ins­pirent de­puis long­temps les scé­na­ristes de tous bords. Ceux qui passent der­rière eux, un peu moins. Les per­sonnes char­gées de faire le grand mé­nage après une mort vio­lente tiennent ra­re­ment le haut de l’af­fiche.

En 2008, dans le film Le net­toyeur, Sa­muel L. Jack­son a bien in­car­né un an­cien po­li­cier re­con­ver­ti dans le net­toyage de scènes de crime, mais son rôle consis­tait plus à élu­ci­der un meurtre mys­té­rieux qu’à pas­ser la moppe.

De son cô­té, Alan Ball, le créa­teur des sé­ries Six pieds sous terre et True Blood a ten­té sans suc­cès, en 2010, d’adap­ter au pe­tit écran le ro­man de Char­lie Hus­ton, The Mystic Arts of Era­sing All Si­gns of Death, dont le hé­ros était un net­toyeur de scènes de crime.

La nou­velle créa­tion ori­gi­nale de la chaîne fran­çaise Ca­nal + vient donc, quelque part, ré­pa­rer une in­jus­tice en met­tant en­fin la lu­mière sur ces cu­rieux per­son­nages qui exercent une pro­fes­sion où il vaut mieux avoir les tripes so­li­de­ment ac­cro­chées.

Dans Spot­less, Marc-An­dré Gron­din est Jean Bastière, un net­toyeur de scènes de crime ins­tal­lé à Londres qui voit son quo­ti­dien bou­le­ver­sé quand son frère aî­né, Mar­tin, qui n’a pas que des bonnes fré­quen­ta­tions, dé­barque dans sa vie.

EF­FET D’EN­TRAI­NE­MENT

Le pre­mier se re­trouve alors en­traî­né par le se­cond (joué par le fran­çais De­nis Mé­no­chet vu dans Le com­man­do des bâ­tards de Quen­tin Ta­ran­ti­no) dans l’uni­vers du crime or­ga­ni­sé, et obli­gé de net­toyer toutes traces des crimes com­mis par un re­dou­table ma­fieux (in­ter­pré­té par Bren­dan Coyle de Down­ton Ab­bey).

La sé­rie – dont les deux pre­miers épi­sodes ont été réa­li­sés par Pas­cal Chau­meil (à qui l’on doit le film L’Ar­na­coeur) – tient à la fois du drame fa­mi­lial et de la co­mé­die dé­jan­tée à l’hu­mour noir très «bri­tish».

DES FAUX AIRS DE DEX­TER

En voyant le per­son­nage de Jean net­toyer avec une cer­taine froi­deur et une qua­si-in­dif­fé­rence de vé­ri­tables bains de sang, on pense aus­si, bien évi­dem­ment, à un cer­tain Dex­ter Mor­gan po­pu­la­ri­sé à l’écran par l’acteur Mi­chael C. Hall.

D’au­tant plus que sous ses ap­pa­rences de mon­sieur Tout-le-Monde, le hé­ros de Spot­less a éga­le­ment un cô­té obs­cur qui som­meille en lui.

«Jean veut conser­ver les ap­pa­rences d’une vie ran­gée, mais plus il es­saye de pa­raître par­fait, plus sa part d’ombre re­monte à la sur­face», a no­tam­ment ex­pli­qué l’ac­trice an­glaise Mi­ran­da Rai­son, qui in­carne Ju­lie, l’épouse de Jean et la mère de ses deux en­fants. Mais pour Marc-An­dré Gron­din, « Spot­less n’a rien à voir avec Dex­ter », et ce, même si Jean «va prendre goût au pou­voir, au dan­ger, va se prendre pour Dieu et s’amu­ser à du­per la po­lice». À l’ori­gine, Spot­less – dont le 1er des 10 épi­sodes de 52 mi­nutes se­ra dif­fu­sé le 16 mars – de­vait être une sé­rie po­li­cière des­ti­née au mar­ché amé­ri­cain, dans la droite ligne des Ex­perts.

Ce n’est d’ailleurs pas un ha­sard si on re­trouve aux ma­nettes une an­cienne pro­duc­trice de la fran­chise CSI, Co­rinne Mar­ri­nan.

Quand la chaîne Ca­nal + a re­pris le pro­jet en main, ce der­nier a quelque peu chan­gé de na­ture pour prendre des airs de drame fa­mi­lial ir­ré­vé­ren­cieux.

«Ils ne vou­laient pas d’un po­lar, mais d’une sé­rie cen­trée sur les per­son­nages, ces deux frères», a confié l’Écos­sais Ed McCar­die, le prin­ci­pal scé­na­riste de Spot­less, qui a fait ses armes sur la ver­sion bri­tan­nique de la sé­rie trash Sha­me­less.

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