LA LAS­SI­TUDE DU TEMPS QUI PASSE

Week-ends

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI

Film de Anne Villa­cèque. Avec Ka­rin Viard, Jacques Gam­blin, Noémie Lvovs­ky.

Avec ce troi­sième long-mé­trage, la réa­li­sa­trice et scé­na­riste fran­çaise Anne Villa­cèque ( Pe­tite ché­rie, Ri­vie­ra) s’in­té­resse aux vi­cis­si­tudes de la vie des couples trop long­temps ma­riés.

Tout dé­bute quand Christine (Ka­rin Viard, que l’on connaît pour L'amour est un crime par­fait) s’en­gueule avec une conduc­trice dans le sta­tion­ne­ment d’un su­per­mar­ché. À par­tir de cet évé­ne­ment, somme toute ba­nal, son exis­tence va par­tir en vrille. Jean (Jacques Gam­blin, vu ré­cem­ment dans Hip­po­crate) la quitte bru­ta­le­ment, la lais­sant seule et ef­fon­drée avec leur couple d’amis, Syl­vette (Noémie Lvovs­ky) et Ul­rich (Ul­rich Tu­kur). Ra­pi­de­ment, Jean leur présente Pascale (Au­ré­lia Pe­tit, que l’on ver­ra bien­tôt dans Jour­nal d’une femme de chambre), sa nou­velle flamme.

Mal­gré les ap­pa­rences, la re­la­tion de Syl­vette et d’Ul­rich ne va pas mieux. Sous leur fa­çade de couple uni, ils ne se parlent plus, si ce n’est pour s’en­tre­dé­chi­rer. La ba­na­li­té du quo­ti­dien et l’en­nui qui vient avec a tué leur amour. Pour Christine et Jean, c’est un peu plus com­plexe et reste à sa­voir ce qui sur­vi­vra de leur an­cienne vie com­mune.

JEUX DE MI­ROIRS

Le su­jet – rup­ture, amour à l’orée de la cin­quan­taine, rem­pla­ce­ment de la pas­sion par les ha­bi­tudes – n’est pas nou­veau. Par contre, là où Anne Villa­cèque in­nove, c’est dans la construction de son his­toire. En ayant choi­si de pré­sen­ter un qua­tuor d’amis in­times – qui passent leurs week-ends, d’où le titre, dans leurs mai­sons de cam­pagne voi­sines –, la ci­néaste et scé­na­riste joue ha­bi­le­ment sur les jeux de mi­roirs. Tant Christine que Jean n’existent qu’en couple de­vant Syl­vette et Ul­rich, la sé­pa­ra­tion fai­sant naître un in­con­fort pal­pable, sur­tout de­vant Christine qui n’a pas de pe­tit co­pain à se mettre vite fait sous la main.

Mal­heu­reu­se­ment, Week-ends, c’est aus­si de la prise de tête, des si­lences, des len­teurs et des vides. L’el­lipse pri­vi­lé­giée par la réa­li­sa­trice montre vite ses li­mites, on se prend à dé­ri­ver dans des dia­logues et des si­tua­tions qui semblent dés­in­car­nées. Est-ce à force de trop se concen­trer sur ces quatre êtres que l’on de­vient in­ca­pable de s’en ex­traire pour s’iden­ti­fier à leur si­tua­tion? Quoi qu’il en soit, mal­gré la jus­tesse de cer­taines ré­pliques, l’in­té­rêt qu’on porte à l’his­toire s’étiole ra­pi­de­ment.

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