SES MEILLEURS COUPS

Phi­lippe Bond a plus d’un tour dans son sac. Son en­tou­rage en sait quelque chose. Voi­ci quelques-uns des meilleurs ca­nu­lars du stand-up co­mique, réa­li­sés loin des ca­mé­ras de té­lé­vi­sion.

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Marc-An­dré Le­mieux Le Jour­nal de Mon­tréal

EN CLASSE

«J’ai com­men­cé à jouer des tours au pri­maire. C’était des mau­vais coups à pe­tite échelle avec mon ami Sté­phane. Notre pro­fes­seur fai­sait des conjonc­ti­vites à ré­pé­ti­tion et plu­sieurs fois par jour, il sor­tait al­ler se mettre des gouttes dans la salle de bain au deuxième étage. Quand il par­tait, on al­lait cher­cher les dé­co­ra­tions, qui étaient ran­gées dans des boîtes dans un lo­cal proche de notre classe. Il y avait des tonnes de boîtes pour chaque fête: la Saint-Va­len­tin, l’Hal­lo­ween, Pâques, Noël... Et chaque se­maine, on trans­for­mait la classe en 10 mi­nutes. En juin, on pou­vait dé­co­rer le sa­pin, ac­cro­cher des guir­landes au pla­fond, mettre des faux sur son bu­reau… Au dé­but, quand il re­ve­nait, il di­sait: “C’est quoi le pro­blème?” Mais vers la fin, il sa­vait qui était res­pon­sable. Il en­trait dans la classe, pis il criait: “Phi­lippe et Sté­phane, de­hors!”»

AU HO­CKEY

«J’ai joué au ho­ckey toute ma vie. Les hô­tels, quand on jouait des tour­nois, c’était par­fait. Je des­cen­dais au rez-de­chaus­sée. J’al­lais voir la ré­cep­tion, pis je de­man­dais où était la chambre de mon coach. Je de­man­dais en­suite ses clés pour pou­voir al­ler lui por­ter quelque chose. Quand j’étais dans sa chambre, j’en­dui­sais le com­bi­né de té­lé­phone de crème à barbe. Notre gros fun, c’était en­suite d’ap­pe­ler notre coach. Quand il dé­cro­chait, on en­ten­dait: “Voyons, co­lisse?!” C’était tel­le­ment en­fan­tin, mais ça nous fai­sait rire pen­dant des heures!»

AU BU­REAU

«En 2010, mon pa­tron à NRJ n’ar­rê­tait pas de m’ap­pe­ler du­rant mes va­cances au Mexique pour me dire: “Rapporte-moi un sou­ve­nir. Rapporte-moi un sou­ve­nir!” Il rem­plis­sait ma boîte vo­cale avec ses mes­sages. Donc quand je suis re­ve­nu, je suis pas­sé par une pé­pi­nière, j’ai ache­té 50 poches de sables, pis j’ai rem­pli son bu­reau avec! Quand il a ou­vert la porte le lun­di, il n’en re­ve­nait pas. La vi­déo est de­ve­nue tel­le­ment vi­rale qu’après, il m’a en­cou­ra­gé à conti­nuer.»

LA CO­LÈRE DE LOUIS-JO­SÉ HOUDE

«Je fai­sais la pre­mière par­tie de LouisJo­sé Houde du­rant sa tour­née Suivre la

pa­rade. Un soir, on était à Sher­brooke. Avec les tech­ni­ciens, on s’est com­man­dé du Saint-Hu­bert dans les loges pen­dant le spec­tacle. En ar­ri­vant, le li­vreur nous a dit que sa femme et lui étaient des fans de Louis-Jo­sé. Je lui ai dit: “Mon­sieur, vous pou­vez al­ler lui dire. Il est en train de don­ner un show.” Eh bien, avec son sac de li­vrai­son, il est sor­ti des cou­lisses, s’est avan­cé sur scène de­vant 1500 per­sonnes, pis il a dit: “Ex­cu­se­moi… J’ai li­vré du Saint-Hu­bert à ta gang. Je vou­lais juste te dire que ma femme pis moi, on t’aime ben gros.” Il a lâ­ché ça de­vant tout le monde, pis il est res­sor­ti! Nous, on pen­sait que ça al­lait être drôle, que Louis-Jo­sé al­lait rire, mais ça a créé un froid mo­nu­men­tal dans la salle. Louis-Jo­sé a fi­gé, pis quand il est sor­ti de scène à l’en­tracte, il n’était pas très content…»

«Un an plus tard, quand j’ai lan­cé mon pre­mier one-man-show, j’étais en ro­dage à St-Adèle dans une pe­tite salle au Bour­bon. Un mo­ment don­né, je fais un gag qui marche ha­bi­tuel­le­ment bien, mais cette fois-là, sou­dai­ne­ment, c’était le dé­lire: tout le monde rit et ap­plau­dit. Je viens pour dire: “Come on! Ce n’est pas si drôle que ça…” Mais juste avant, je re­garde der­rière moi, pis je vois Louis-Jo­sé ha­billé en li­vreur du Saint-Hu­bert! Il était ve­nu me li­vrer six fi­lets de pou­let sur scène! Ce n’était pas aus­si chien, mais ça m’a quand même fait réa­li­ser: “Fuck man! Tu es tel­le­ment ran­cu­nier!” Après, Louis-Jo­sé m’a avoué qu’il avait hâte que je lance mon show juste pour se ven­ger!»

PE­TITE VEN­GEANCE

«J’ai tel­le­ment fait de coups à mes chums… Mes amis d’en­fance savent jus­qu’où je peux al­ler, sur­tout si c’est toi qui com­mences. Une fois, un de mes chums est ve­nu chez nous en douce pour tout dé­ré­gler mes ap­pa­reils: mon four mi­cro-ondes, ma té­lé­vi­sion, mon hor­loge… Tout était tout croche. Par or­gueil, j’étais en tab… Je de­vais prendre ma re­vanche! Dans ce temps-là, mon chum était en co­loc avec sa soeur à La­val. Ils ha­bi­taient près d’un rond-point avec un beau parc en avant. Un jour, j’ai ap­pe­lé sa soeur pour lui dire: “Je vais avoir be­soin des clés de Simon. Il a ou­blié son stock de ho­ckey dans mon au­to. Je vais de­voir al­ler lui por­ter.” Je me suis poin­té chez eux avec un ami, pis en­semble, on a sor­ti tous ses meubles de­hors: le lit, les com­modes, la table, les chaises, le fri­gi­daire, la la­veu­se­sé­cheuse… On a re­fait son ap­par­te­ment au com­plet dans le rond-point en avant. Après, on s’est as­sis à table, pis on a com- men­cé à jouer aux cartes. En fin de jour­née, les gens qui ren­traient de tra­vailler nous re­gar­daient de tra­vers en pas­sant! Quand mon chum est ar­ri­vé, il a fait: “Ben voyons donc!” Il hur­lait! C’était tel­le­ment drôle! On a pris huit mil­lions de pho­tos du­rant la soi­rée. Les voi­sins sont même ve­nus nous re­joindre!»

EN VOI­TURE

«Un de mes chums s’en­dort par­tout. À 20 ans, quand on sor­tait pis qu’on re­ve­nait chez nous en au­to, il dor­mait tout le temps. Un soir, on est al­lé dans un quar­tier si­mi­laire au sien, pis on s’est sta­tion­né de­vant une mai­son qui res­sem­blait à chez eux. Il de­vait être 3 h du ma­tin. Quand il est sor­ti du char, à moi­tié en­dor­mi, on est par­ti. Pour vrai, il de­vait être à en­vi­ron une de­mi-heure à pied de chez eux. Gros max. Le len­de­main, il nous a ap­pe­lés pour nous dire: “Man, je suis ar­ri­vé à 9 h 15 chez nous!” Il était par­ti dans le mau­vais sens!»

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