LE RÊVE AMÉ­RI­CAIN

À quelques jours de son dé­part pour New York où il pré­sen­te­ra son spec­tacle Vin­tage Live!, Gre­go­ry Charles se confie sur ses am­bi­tions et ses ap­pré­hen­sions. L’homme a dé­ci­dé de tout mi­ser sur ce pro­jet fou qui pour­rait s’avé­rer un suc­cès ou un flop.

Le Journal de Quebec - Weekend - - SPECTACLES - Éli­za­beth Mé­nard Le Jour­nal de Mon­tréal

Après plu­sieurs allers-re­tours, Gre­go­ry Charles part of­fi­ciel­le­ment s’ins­tal­ler dans la Grosse Pomme ce week-end. Il y res­te­ra pour tout le mois d’avril, es­pé­rant conqué­rir le pu­blic new-yor­kais.

«Moi, très hon­nê­te­ment, je me suis dé­jà pé­té la gueule une couple de fois en es­sayant de réus­sir à l’étran­ger, alors ça se peut qu’on se la pète en­core, ad­met-il. Mais comme di­saient mes pa­rents quand j’étais jeune: si l’ob­jec­tif prin­ci­pal du ca­pi­taine d’un navire était la pré­ser­va­tion du navire, il ne quit­te­rait ja­mais le port. Sa mis­sion, c’est d’ex­plo­rer, c’est de se rendre ailleurs.»

CONCEPT UNIQUE

D’abord pré­sen­té au Qué­bec, Vin­tage est un spec­tacle in­ter­ac­tif conçu par Gre­go­ry Charles. Avant chaque re­pré­sen­ta­tion, les spec­ta­teurs sont in­vi­tés à rem­plir un ques­tion­naire sur leurs pré­fé­rences mu­si­cales. Le musicien et son équipe uti­li­se­ront ces ques­tion­naires pour bâ­tir le spec­tacle en temps réel. Puis les spec­ta­teurs sont in­vi­tés à in­ter­agir avec lui à l’aide de leurs té­lé­phones in­tel­li­gents.

Mal­gré le rêve, l’am­bi­tion et l’es­poir, Gre­go­ry Charles ne se fait pas d’illu­sions. «C’est un énorme saut pé­rilleux. Tu es obli­gé de comp­ter sur le fait que les gens vont être suf­fi­sam­ment in­tri­gués pour que tu puisses par­tir la ma­chine et suf­fi­sam­ment im­pres­sion­nés pour ser­vir de ca­ta­ly­seur après et que le bouche-à-oreille va faire son oeuvre, sou­ligne-t-il. On peut to­ta­le­ment se pé­ter la gueule. Mais si on ne se la pète pas, c’est à New York qu’on ne se la pète pas. Et la chan­son est as­sez claire: if you can make it to New York, you can make it anywhe

re », dit-il en en­ton­nant la cé­lèbre chan­son New York, New York de Frank Si­na­tra.

CU­RIO­SI­TÉ

D’ailleurs, l’in­té­rêt des mé­dias semble dé­jà avoir été pi­qué puisque plu­sieurs, dont le ré­pu­té New York Times, ont confir­mé qu’ils avaient l’in­ten­tion d’al­ler y je­ter un coup d’oeil.

«Ils veulent sa­voir qui sont ces fous qui se pro­mènent avec leur propre théâtre, parce que c’est une for­mule as­sez ré­ser-

vée au monde du cirque ha­bi­tuel­le­ment. Quand on leur dit qu’on est Qué­bé­cois, ils font tout de suite le lien avec le Cirque du So­leil», ra­conte Gre­go­ry Charles.

Gre­go­ry Charles avoue être fé­brile, comme il l’est à tous les soirs de spec­tacle, mais il a une confiance pro­fonde en son concept. «Je suis comme plein d’ar­tistes qui sont in­con­ti­nents avant chaque spec­tacle en se de­man­dant s’ils vont être ca­pables, mais qui sont as­sez confiants en leurs ha­bi­le­tés et leur concept pour es­sayer et es­sayer en­core, peau­fi­ner et raf­fi­ner, bien conscient que tu peux te pé­ter la gueule, mais que si tu crois en tes af­faires, tu ne vas pas bais­ser les bras. À ce mo­ment-ci, il y a une grande lu­ci­di­té dans l’équipe», confie-t-il.

UN PA­RI

Se­lon le suc­cès ou l’in­suc­cès de la chose, le musicien et homme d’af­faires a dif­fé­rents plans en tête. Mais il est dif­fi­cile pour lui d’en par­ler puisque tout se joue­ra réel­le­ment du­rant ces cinq se­maines.

«Un peu comme les élec­tions. Il y a la pos­si­bi­li­té que tu les gagnes, dans le­quel cas tu dois for­mer un ca­bi­net, et il y a aus­si la pos­si­bi­li­té que tu les perdes, dans le­quel cas tu dois ré­flé­chir à com­ment tu vas te re­le­ver de ça. Donc ça a l’air pas ré­flé­chi, mais ça l’est. Sauf qu’il reste une très grosse va­riable, qui est: com­ment les gens vont ré­agir? À quel point ils vont ré­agir? Et com­bien vont ré­agir du­rant ces cinq se­maines?» fait-il va­loir.

Son but, tou­te­fois, n’est pas de rem­plir son théâtre du­rant cinq se­maines, mais de le rem­plir du­rant plu­sieurs an­nées, puis de par­tir à la conquête du monde.

«C’est un gros pa­ri, mais tous les grands suc­cès sont le fruit d’un pa­ri», conclut-il.

Vin­tage est pré­sen­té tout le mois d’avril et quelques jours en mai, au Pier 97 de New York. Ra­chid Ba­dou­ri et Roch Voi­sine y pré­sen­te­ront éga­le­ment des spec­tacles les 14 et 21 avril. Des re­pré­sen­ta­tions sup­plé­men­taires du spec­tacle au Ca­si­no de Mon­tréal cet au­tomne ont été ajou­tées. Pour toutes les dates: vin­ta­geex­pe­rience.com

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