LES MAL­HEURS D’AMÉ­LIE

Les bon­heurs de Sophie,

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Marc-An­dré Le­mieux MARC-ANDRE.LE­MIEUX@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

Sophie Desma­rais doit avoir la tête qui tourne par les temps qui courent. Au ci­né­ma, elle campe une étu­diante qui charme son pro­fes­seur de lit­té­ra­ture dans Gu­rov et

Anne, le sixième long mé­trage du réa­li­sa­teur qué­bé­cois Ra­faël Ouel­let ( Ca­mion). Au théâtre, elle foule les planches du TNM aux cô­tés de Sé­bas­tien Ri­card dans Ri­chard III. Et dans la nou­velle co­mé­die dra­ma­tique de Sé­ries+, Mon ex à moi, elle joue Amé­lie, une nou­velle cé­li­ba­taire ayant per­du ses re­pères. Conver­sa­tion avec une ac­trice «très, très re­con­nais­sante» d’être au­tant en de­mande.

Tu as fait beau­coup de ci­né­ma, mais très peu de té­lé­vi­sion de­puis ta sor­tie du Col­lège Lio­nel-Groulx en 2007. Qu’est-ce que tu as contre la té­lé­vi­sion?

Rien! J’ai tou­jours vou­lu en faire. Mais ça n’a ja­mais vrai­ment adon­né. Je n’ai pas dé­cro­ché de rôles en au­di­tion. Mais j’ai quand même fait En thé­ra­pie, La ga­lère et Ya­mas­ka.

Tu n’as pas pas­sé d’au­di­tion pour Mon ex à moi. Com­ment as-tu trou­vé l’ex­pé­rience?

Me faire of­frir le rôle prin­ci­pal dans une sé­rie de 16 épi­sodes… une co­mé­die en plus, c’était un gros ca­deau. J’ai fait: «Mon Dieu. Est-ce que je vais être ca­pable? Pour­quoi ils m’offrent ça? Ils ne m’ont ja­mais vrai­ment vue dans une co­mé­die… Ça ne mar­che­ra peu­têtre pas…» J’étais plein de doutes.

Quand se sont-ils dis­si­pés?

Dès les pre­miers jours de tour­nage, quand j’ai vu que la connexion entre moi, Jean-Fran­çois Nadeau et Ca­the­rine Pa­quin-Bé­chard, avec qui je n’avais ja­mais tra­vaillé avant, se fai­sait bien.

Dans les pre­miers épi­sodes de Mon ex

à moi, Amé­lie en­chaîne les crises de larmes et mul­ti­plie les gestes déses­pé­rés pour re­con­qué­rir son an­cien co­pain. Est-ce dif­fi­cile de jouer un per­son­nage aus­si pa­thé­tique sans le ju­ger?

Des fois! Ce­la dit, des gens comme Amé­lie, qui perdent les pé­dales après une peine d’amour, j’en ai connu. Ça ne m’est ja­mais ar­ri­vé, mais j’ai vu quelques amis dans des si­tua­tions sem­blables… où le re­jet était tel­le­ment fort que la lo­gique en prend un coup. Les per­sonnes comme Amé­lie, je les trouve at­ta­chantes. En co­mé­die, des per­son­nages bour­rés de dé­fauts, c’est payant. Mais c’est sûr qu’en les voyant, on a ten­dance à dire: «Mais quelle im­ma­tu­ri­té!»

On re­court sou­vent à tes ser­vices pour des drames. Jouer dans une co­mé­die, c’est com­ment?

C’est tel­le­ment plai­sant! Ça m’a fait du bien, d’au­tant plus qu’Amé­lie, c’est un per­son­nage mul­ti­di­men­sion­nel. Elle est très dif­fé­rente quand elle est au tra­vail, quand elle est avec sa mère, quand elle est avec ses amis, quand elle est avec son ex… Elle a plu­sieurs fa­cettes. Même si elle pleure beau­coup dans les pre­miers épi­sodes, j’ai ado­ré jouer Amé­lie, parce qu’elle ne sait pas qu’elle est dans une co­mé­die. Pour elle, c’est tra­gique comme his­toire! C’est pour ça qu’il fal­lait qu’on soit an­cré dans la vé­ri­té. Si­non, ça au­rait don­né une sé­rie de sketches… et ce n’était pas ce qu’on vou­lait.

Mi­ryam Bou­chard et Pierre Théo­rêt réa­lisent la sé­rie. Com­ment as-tu ai­mé tra­vailler avec deux réa­li­sa­teurs sur un même pro­jet?

C’était ex­tra­or­di­naire, parce qu’ils sont tel­le­ment gé­né­reux. Mi­ryam est une fille sin­cère qui pose un re­gard unique sur les choses. Et quand Pierre a pris le re­lais, il était tout aus­si fa­bu­leux.

Re­gardes-tu beau­coup la té­lé­vi­sion?

Mal­heu­reu­se­ment non. Je n’ai pas le câble. J’ai re­gar­dé les grosses sé­ries amé­ri­caines dont tout le monde parle, comme Mad Men et Sex and the Ci­ty. Tout le monde me dit: «Tu de­vrais re­gar­der telle ou telle sé­rie!» J’en ai en­vie, mais je n’ai pas en­core eu le temps de m’as­seoir pour le faire. Je sais tou­te­fois que la té­lé est de­ve­nue un im­mense ter­rain de jeu pour les scé­na­ristes. On sent que c’est un mé­dium qui prend de plus en plus de li­ber­tés.

Dans quel per­son­nage te re­con­nais-tu le plus: Mer­cedes dans Gu­rov et An­na, La­dy Anne dans Ri­chard III ou Amé­lie dans Mon ex à moi?

L’ima­gi­naire de Gu­rov et An­na res­semble plus au mien, donc je di­rais Mer­cedes, même si elle est tour­men­tée et sombre. On puise en nous-mêmes pour chaque pro­jet, mais Amé­lie dans Mon ex à moi, c’est une fille très loin de moi. Ça n’a pas de bon sens! Je me re­con­nais tou­te­fois dans ses re­la­tions avec ses amis. Parce que l’ami­tié, c’est une va­leur très im­por­tante pour moi.

Sé­ries+ présente Mon ex à moi les mer­cre­dis soir à 21 h. À comp­ter du 1er avril.

SOPHIE DESMA­RAIS

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