BRI­TAN­NIA

Le Journal de Quebec - Weekend - - VACANCES -

SUR LES PAS DU

Après avoir quit­té Sou­thamp­ton (son port bri­tan­nique ac­tuel), le Queen Ma­ry 2 est ar­ri­vé à Li­ver­pool (son port jus­qu’en 1968) le 4 juillet, date du dé­part du Bri­tan­nia en 1840. L’évé­ne­ment a été sou­li­gné de fa­çon gran­diose à la ca­thé­drale an­gli­cane, où l’or­chestre phil­har­mo­nique Royal de Li­ver­pool, le choeur de la ca­thé­drale et la fan­fare de la garde gal­loise nous ont of­fert un émou­vant concert in­ti­tu­lé The Triumph of a Great Tra­di­tion. Au pro­gramme: mu­sique, airs d’opé­ras et d’opé­rettes, le tout ponc­tué d’images d’archives et de tou­chants té­moi­gnages de gens ayant une re­la­tion par­ti­cu­lière avec Cu­nard, comme la pe­tite-fille du ca­pi­taine du Car­pa­thia, le pe­tit-fils de Sa­muel Cu­nard et d’an­ciens sol­dats.

En soi­rée, c’est sous des feux d’ar­ti­fice illu­mi­nant Li­ver­pool que le Queen Ma­ry 2 a re­pris la mer pour cette tra­ver­sée his­to­rique de l’At­lan­tique.

DÉ­TENTE ET FES­TI­VI­TÉS

Pen­dant les cinq jours sui­vants, nous avons contem­plé la mer, de nom­breux dau­phins, des ba­leines, et vé­cu quelques ins­tants d’ex­ci­ta­tion quand, au large, est ap­pa­ru un vieux ra­fiot aban­don­né. Mis à part ces quelques dis­trac­tions, la vie à bord s’est dé­rou­lée entre les confé­rences, les spec­tacles, les re­pas, les ga­las et la dé­tente.

Il est fas­ci­nant de se pro­me­ner sur cet im­mense pa­que­bot qui a conser­vé les tra­di­tions et les ri­tuels d’an­tan. Sur les larges ponts, on s’at­tend presque à croi­ser de belles dames en robe longue et coif­fées de grands cha­peaux. De grands pan­neaux, ins­tal­lés sur tous les ponts, per­mettent d’ailleurs de se fa­mi­lia­ri­ser avec la riche his­toire de Cu­nard. Cer­tains dé­tails per­mettent de com­pa­rer notre confor­table tra­ver­sée à celles du 19e siècle, qui avaient lieu sur un trois-mâts à aubes de 1100 tonnes, dont la di­men­sion équi­vaut à l’ac­tuel res­tau­rant prin­ci­pal du Queen Ma­ry 2 (151 400 tonnes), au­quel on a d’ailleurs don­né son nom.

À l’époque, le voyage entre Li­ver­pool et Bos­ton pre­nait 14 jours, au­cune ac­ti­vi­té n’était of­ferte et il y avait de la nour­ri­ture fraîche pour trois jours seule­ment. À no­ter ce­pen­dant que les pas­sa­gers avaient tou­jours du lait frais grâce à une vache ins­tal­lée dans un ha­mac, des oeufs grâce aux poules qui étaient du voyage et que trois chats s’oc­cu­paient de faire le mé­nage de la ver­mine!

C’est d’ailleurs pour re­vi­si­ter cette his­toire que l’on a pro­fi­té de l’es­cale à Ha­li­fax pour sa­luer Sa­muel Cu­nard (du moins sa sta­tue), fon­da­teur de la com­pa­gnie et ma­gnat de l’in­dus­trie ma­ri­time au 19e siècle. Par la suite, on a pu vi­si­ter le Mu­sée ca­na­dien de l’im­mi­gra­tion du Quai 21, qui ex­plique la dif­fi­cile réa­li­té des im­mi­grants qui ont fui la mi­sère à bord de na­vires, sou­vent ru­di­men­taires, pour se re­faire une

Un des im­menses bars du Queen Ma­ry 2, de la com­pa­gnie Cu­nard.

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