UN­JEU VI­DÉO FIL­MÉ

Avec Tueur à gages: agent 47, ti­ré de la série des jeux Hitman, il ne faut s’at­tendre à rien d’autre qu’à de l’ac­tion... qui n’est mal­heu­reu­se­ment pas tou­jours co­hé­rente.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hon­te­bey­rie Agence QMI

Comme pour toutes les adap­ta­tions ci­né­ma­to­gra­phiques de jeux vi­déo, ce n’est pas le scé­na­rio qui prime. Par contre (et je pense ici à la série Tomb

Rai­der avec An­ge­li­na Jo­lie dans le rôle de La­ra Croft), l’ac­tion fonc­tionne, pour­vu que l’uni­vers vi­suel du jeu soit res­pec­té.

L’agent 47 est un tueur, ré­sul­tat d’une suite d’ex­pé­riences mé­di­cales réa­li­sées par une or­ga­ni­sa­tion s’ap­pe­lant The Syn­di­cate et vi­sant à pro­duire le sol­dat invincible. Ce mer­ce­naire – le 47e de la chaîne de pro­duc­tion, d’où son ma­tri­cule – pos­sède des ré­flexes hy­per ai­gui­sés, un ins­tinct de tueur et n’éprouve au­cune peur ni au­cun autre sen­ti­ment d’ailleurs

DÉ­JOUÉ

Ici, l’agent 47 (Ru­pert Friend vu en col­lègue de Car­rie dans Ho­me­land) a pour mis­sion de re­trou­ver une cer­taine Ka­tia (Han­nah Ware), fille du créa­teur (Cia­ran Hinds) du projet «Agent». Le but est de re­tra­cer le scien­ti­fique afin de re­dé­mar­rer la créa­tion de ces tueurs qua­si in­vin­cibles et de les tuer. Évi­dem­ment – si­non, il n’y au­rait pas 108 minutes de long mé­trage –, il y a un hic: le mys­té­rieux John Smith (Za­cha­ry Quin­to, tou­jours aus­si sur­pre­nant dans des scènes d’ac­tion) qui vole au se­cours de Ka­tia, dé­jouant ain­si les plans de l’agent 47 et ren­dant sa tâche plus com­pli­quée.

FROID ET ÉLÉ­GANT

Le réa­li­sa­teur Alek­san­der Bach est connu pour ses pu­bli­ci­tés ul­tras lé­chées et il trans­pose ici ce style froid, mais élé­gant, la com­pa­rai­son vi­suelle s’im­po­sant avec Jo­seph Ko­sins­ki pour TRON: l’hé­ri­tage et L’ou­bli. On y re­trouve éga­le­ment les dé­pla­ce­ments et le style de com­bat du jeu, sur­tout dans la sé­quence d’ac­tion d’ou­ver­ture de Tueur à gages: agent 47 fil­mée sous une lu­mière stro­bo­sco­pique (une idée brillante, qui per­met en­core plus de dé­cons­truire les mou­ve­ments).

Le scé­na­rio, écrit par Skip Woods et Mi­chael Finch, est mal­heu­reu­se­ment d’un vide in­ter­si­dé­ral et d’un manque de co­hé­rence qui fe­ra sur­sau­ter les ci­né­philes qui ne connaissent pas le jeu. Tout comme les Tomb Rai­der en leur temps, Tueur à gages: agent 47 a pour pu­blic cible les joueurs, pas les ama­teurs de films d’ac­tion.

Oui, le tout semble par­fois n’avoir ni queue ni tête (j’ai dé­cro­ché quand on ap­prend de quoi est fait – lit­té­ra­le­ment – John Smith, c’est-à-dire as­sez ra­pi­de­ment), mais on se laisse prendre par les nom­breuses cas­cades et les ma­nières fort ef­fi­caces de tuer de l’agent 47, ce qui fait de ce long mé­trage un film idéal pour les séances à ta­rif ré­duit du mar­di.

Ru­pert Friend tient le rôle prin­ci­pal dans ce film, qui souffre d’un scé­na­rio in­co­hé­rent et manque

de substance.

PHOTOS COURTOISIE

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.