À FOND LA CAISSE ›

Après Frances Ha, voi­ci que le tan­dem for­mé du réa­li­sa­teur Noah Baum­bach et de l’ac­trice Gre­ta Ger­wig ré­ci­dive. Et Mis­tress Ame­ri­ca a peut-être l’air d’une co­mé­die éche­ve­lée, mais le tout a été soi­gneu­se­ment écrit et réa­li­sé.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hon­te­bey­rie Agence QMI

«Nous ve­nions tout juste de ter­mi­ner

Frances Ha et nous sa­vions, avec Noah, que nous vou­lions re­tra­vailler en­semble. Et, quand le per­son­nage de Brooke est né, nous ai­mions ce qu’elle avait à dire», a in­di­qué Gre­ta Ger­wig lors d’une ren­contre avec les jour­na­listes qui s’est te­nue la se­maine der­nière à New York.

«J’adore tra­vailler avec Noah. Nous avons la même vi­sion du film [sur le­quel nous tra­vaillons], nous ne nous dis­pu­tons pas, nous voyons les per­son­nages de la même ma­nière, un peu comme si nous por­tions les mêmes lu­nettes. Dans le pro­ces­sus, nous pas­sons énor­mé­ment de temps à par­ler, à com­pa­rer nos in­fluences ci­né­ma­to­gra­phiques res­pec­tives, à échan­ger sur les gens que nous connais­sons, les livres que nous ai­mons, etc., et, le temps du film, nous vi­vons tous les deux dans le même monde», a ajou­té l’ac­trice de 32 ans, qui est éga­le­ment pro­duc­trice de Mis­tress Ame­ri­ca.

Le long mé­trage suit Tracy (Lo­la Kirke), jeune étu­diante à New York dont la vie ne res­semble pas tout à fait à ce qu’elle at­ten­dait. Ses cours l’en­nuient et le mec avec le­quel elle ai­me­rait sor­tir, To­ny (Mat­thew Shear) a dé­jà une co­pine, Ni­co­lette (Jas­mine Ce­phas-Jones), ex­trê­me­ment ja­louse.

MÉ­LANGE DÉ­TON­NANT

Quand la mère de Tracy lui an­nonce que son fu­tur ma­ri a une fille, Brooke (Gre­ta Ger­wig) d’une tren­taine d’an­nées, elle entre en contact avec elle. Et elle s’avère fas­ci­nante. Elle vit à fond, fré­quente des gens tous plus in­té­res­sants les uns que les autres… et en veut tou­jours à Ma­mie Claire (Hea­ther Lind), son an­cienne meilleure amie, qui lui a vo­lé son fian­cé Dy­lan (Mi­chael Cher­nus)… et ses deux chats!

«Brooke, c’est l’idéa­li­sa­tion du fait de ré- us­sir à New York, ce que je com­prends par­fai­te­ment d’ailleurs, a dé­taillé la co­mé­dienne. Elle est un mé­lange de tel­le­ment de choses! Elle est am­bi­tieuse, mais ne pos­sède au­cune ha­bi­le­té par­ti­cu­lière, elle est très gen­tille, mais aus­si très mé­chante par­fois, elle est un mé­lange dé­ton­nant de contra­dic­tions. Et elle pos­sède éga­le­ment un brin de fo­lie, trait de ca­rac­tère que j’aime tou­jours jouer.» Une co­mé­die, sur­tout quand elle in­clut des élé­ments de co­mique phy­sique, est d’abord et avant tout un tra­vail de pré­ci­sion, tant au ni­veau des dia­logues que du po­si­tion­ne­ment des ac­teurs.

MI­NU­TIEU­SE­MENT CHO­RÉ­GRA­PHIÉ

Le réa­li­sa­teur et cos­cé­na­riste Noah Baum­bach a dé­taillé la dé­marche, de l’écri­ture de Mis­tress Ame­ri­ca au tour­nage avec plu­sieurs ac­teurs. «Quand on écrit, sur­tout avec quel­qu’un d’autre, le pro­ces­sus est presque de l’im­pro­vi­sa­tion puis­qu’on in­vente au fur et à me­sure. On passe son temps à ré­écrire les scènes.»

«Dès le dé­part, le ton du film – comme le per­son­nage de Brooke, d’ailleurs – était une co­mé­die dans la­quelle nous avions pla­cé la barre plus haut que d’ha­bi­tude. Donc, nous sommes res­tés fi­dèles à ce­la, qu’il s’agisse des dia­logues, des mou­ve­ments de la ca­mé­ra ou en­core des dé­pla­ce­ments des ac­teurs.»

«Les dia­logues de­vaient donc être ex­trê­me­ment pré­cis, tout de­vant être mi­nu­tieu­se­ment cho­ré­gra­phié. […] Je vou­lais que les ac­teurs conservent leur voix, même en in­car­nant des per­son­nages, tout comme je sou­hai­tais gar­der les mou­ve­ments. C’est pour cette rai­son que j’ai pri­vi­lé­gié les plans-sé­quences, afin que les ac­teurs bougent en temps réel, ce qui ajoute du rythme au long mé­trage», a-t-il ajou­té.

«Ce­la rap­pelle d’ailleurs les co­mé­dies des an­nées 1930 ou 1940, dans les­quelles les ac­teurs ont un débit de pa­roles com­plè­te­ment ir­réa­liste. Tout va ex­trê­me­ment vite et, pour le spec­ta­teur, ce­la donne un sens sup­plé­men­taire d’un cer­tain réa­lisme.»

Mis­tress Ame­ri­ca dé­boule dans les salles obs­cures le 28 août.

Dans Mis­tress Ame­ri­ca, Tracy (Lo­la Kirke) sort de son en­nui lors­qu’elle ren­contre Brooke (Gre­ta Ger­wig), une tren­te­naire qui lui fe­ra vivre un autre cô­té de New York.

Mat­thew Shear et Lo­la Kirke

Gre­ta Ger­wig et Lo­la Kirke

Gre­ta Ger­wig et Noah Baum­bach

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