Confes­sions d'une fa­na­tique

Le Journal de Quebec - Weekend - - SUCRÉ SALÉ - Marc-An­dré Le­mieux Le Jour­nal de Montréal

En­fant, Pa­trice Bé­lan­ger vouait une ad­mi­ra­tion sans bornes à Wayne Gretz­ky. Pour un jeune ho­ckeyeur ca­res­sant de grands rêves, la Mer­veille in­car­nait un idéal à at­teindre. Au même mo­ment, Pa­trice Bé­lan­ger adu­lait un tout autre type de hé­ros : Joey Tardif, le chan­teur des Stardust, la for­ma­tion mu­si­cale fic­tive du té­lé­ro­man qué­bé­cois Épo­pée rock. «Pour moi, c’était le plus

show­man, le plus cha­ris­ma­tique», dé­clare le co­mé­dien, qui ra­conte avoir fait du air gui­tar sur plu­sieurs chan­sons du groupe, chan­sons qu’il en­re­gis­trait en col­lant son

ghet­to-blas­ter au té­lé­vi­seur.

L’époque où Pa­trice Bé­lan­ger re­pre­nait les suc­cès des Stardust dans son sa­lon est certes ré­vo­lue, mais le po­pu­laire ani­ma­teur a tou­jours gar­dé son pe­tit cô­té

fan. On s’en rend compte en l’écou­tant par­ler avec grand en­thou­siasme des en­tre­vues qu’il mène de­puis trois mois à

Su­cré sa­lé. L’ac­teur a dû contrô­ler ses pul­sions de

fan fi­ni à plu­sieurs re­prises cet été, no­tam­ment du­rant son en­tre­tien avec RBO. De­vant Guy A. Le­page, Yves P. Pel­le­tier, An­dré Du­charme et Bru­no Lan­dry, l’adolescent en lui s’est presque écrou­lé quand les hu­mo­ristes ont com­men­cé à l’imi­ter. «Se faire pas­ti­cher par RBO, c’est comme un rêve qui de­ve­nait réa­li­té, ex­plique Pa­trice Bé­lan­ger. J’ai 37 ans. Je suis en plein coeur du pu­blic cible de RBO. Je vou­lais faire une entrevue de qua­li­té avec eux. J’avais le trac avant de com­men­cer, parce que Guy A. Le­page fait des en­tre­vues de fond chaque se­maine à

Tout le monde en parle de­puis 10 ans. Je vou­lais réussir la mienne!»

L’ani­ma­teur a éga­le­ment été contraint de domp­ter ses ré­flexes de grou­pie du­rant la vi­site de Mi­ka au len­de­main des deux spec­tacles du chan­teur bri­tan­ni­co-li­ba­nais au Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal de jazz de Montréal. L’in­ter­prète de Grace Kel­ly et Boum

boum boum de­vait of­frir une poi­gnée de chan­sons au cours d’un concert in­ti­miste au Lion d’Or, mais au fi­nal, sa gé­né­ro­si­té l’a em­por­té et sept titres ont été joués.

«Je suis un grand, grand fan de Mi­ka, avoue Pa­trice Bé­lan­ger. C’est un mé­lo­diste ac­com­pli. J’aime son uni­vers très lu­dique. Le re­ce­voir en entrevue, c’était par­ti­cu­liè­re­ment in­ti­mi­dant.»

DES CONSEILS DE DA­NIEL BRIÈRE

En dé­but de car­rière, Pa­trice Bé­lan­ger a dé­jà ap­pe­lé son ami, le joueur de ho­ckey Da­niel Brière, pour lui de­man­der com­ment il fai­sait pour chas­ser ses pa­pillons quand il af­fron­tait des lé­gendes du sport comme Wayne Gretz­ky. Le co­mé­dien ve­nait ef­fec­ti­ve­ment de dé­cro­cher un rôle dans la série Les Boys et crai­gnait de perdre ses moyens en don­nant la ré­plique à Marc Mes­sier, Rémy Gi­rard et Pierre Lebeau, des ac­teurs qu’il ad­mi­rait de­puis son tout jeune âge.

«Da­niel m’avait dit qu’il met­tait de cô­té son ad­mi­ra­tion pour ces grands joueurs le temps du match, se sou­vient Pa­trice Bé­lan­ger. Je de­vais donc faire la même chose, mais du­rant le tour­nage. C’était quand même dif­fi­cile, parce qu’en jouant dans une série de ho­ckey à suc­cès, je réa­li­sais mon rêve ul­time. Mais j’y étais ar­ri­vé.»

Bien qu’il fasse par­tie du pay­sage cultu­rel qué­bé­cois de­puis nombre d’an­nées, Pa­trice Bé­lan­ger est en­core fan de plu­sieurs ar­tistes, dont Fred Pel­le­rin («Son ta­lent m’in­ti­mide»), Patrick Huard («J’en­vie sa car­rière»), Be­noît Brière («Un gé­nie co­mique») et Marc La­brèche. C’est d’ailleurs ce der­nier qui a don­né au jeune co­mé­dien en herbe la pi­qûre du jeu.

«Adolescent, quand j’ai com­pris que ce­lui qui m’avait fait brailler dans L’Amour avec

un grand A de Ja­nette Bertrand était aus­si ce­lui qui fai­sait le Prof Bof dans Le club

des 100 watts, j’ai été ren­ver­sé. Je trou­vais ça ex­tra­or­di­naire de faire rire et pleu­rer le monde dans le même 12 heures de té­lé.»

BI­LAN PO­SI­TIF

Pa­trice Bé­lan­ger trace un bi­lan très po­si­tif de son pre­mier été aux com­mandes de

Su­cré sa­lé, dont la 14e sai­son pren­dra fin ven­dre­di. Bien que TVA n’ait pas en­core confir­mé le retour du ma­ga­zine cultu­rel pour 2016, tous les signes laissent pré­sa­ger son re­nou­vel­le­ment. En rem­pla­ce­ment de Guy Jo­doin, Pa­trice Bé­lan­ger a réus­si à aug­men­ter les cotes d’écoute du ren­dez­vous té­lé­vi­suel de 5 % cet été. Dans la case de 18 h 30, l’émis­sion ral­lie en moyenne 676 000 fi­dèles de­puis le mois de mai, se­lon les don­nées confir­mées de Nu­mé­ris.

Pa­trice Bé­lan­ger dit avoir été «mis au par­fum» des cotes d’écoute à quelques re­prises du­rant la sai­son, no­tam­ment quand l’émis­sion dé­pas­sait le mil­lion de té­lé­spec­ta­teurs. Ces bons ré­sul­tats gal­va­ni­saient le prin­ci­pal in­té­res­sé.

«Quant les gens sont au ren­dez-vous, ça t’en­lève beau­coup de pres­sion, ex­plique Pa­trice Bé­lan­ger. Si nos cotes d’écoute avaient été moins bonnes, j’au­rais peu­têtre com­men­cé à tout re­mettre en ques­tion. Je n’au­rais peut-être pas pous­sé les

concepts au maxi­mum. J’au­rais été moins en confiance.» Le rythme ef­fré­né des tour­nages de Su­cré

sa­lé ne semble pas avoir dé­plu à Pa­trice Bé­lan­ger. Au contraire. En entrevue, le co­mé­dien af­firme «car­bu­rer aux dé­fis».

« Su­cré sa­lé, c’est un ma­ra­thon de sprints, blague-t-il. Mais c’est cor­rect, parce que j’aime avoir un ho­raire exi­geant. Le soir, j’ar­ri­vais chez moi gon­flé à bloc. Quand mes en­fants étaient cou­chés, je pré­pa­rais mes en­tre­vues du len­de­main. C’était pre­nant et exi­geant, mais c’était sur­tout vrai­ment tri­pant.»

REN­TRÉE RA­DIO

Pa­trice Bé­lan­ger pren­dra quelques jours de congé cet au­tomne, mais entre-temps, il gar­de­ra sa vi­tesse de croi­sière puisque dès lun­di, il re­trou­ve­ra Tam­my Verge, Mar­tin Cloutier et Billy Tel­lier à De­bout les co­miques, l’émis­sion du ma­tin à CKOI à Montréal. «Dans le contexte ac­tuel en ra­dio, c’est un grand pri­vi­lège de faire une troi­sième sai­son avec les mêmes gens de­vant et der­rière le mi­cro», com­mente le bour­reau de tra­vail.

Au cours des pro­chaines se­maines, Pa­trice Bé­lan­ger tour­ne­ra éga­le­ment dans Mon ex à

moi, dont la deuxième sai­son se­ra pré­sen­tée en 2016 sur Sé­ries+. Dans cette co­mé­die d’Émi­lie Fan­ning, le co­mé­dien re­pren­dra le per­son­nage de Da­vid, le meilleur ami de Fran­çois (JeanF­ran­çois Nadeau), le fa­meux ex d’Amé­lie (So­phie Desmarais).

«Dans la pre­mière sai­son, Amé­lie vou­lait re­con­qué­rir Fran­çois, mais dans la deuxième sai­son, les rôles sont in­ver­sés», ré­vèle-t-il.

Di­plô­mé du Conser­va­toire d’art dra­ma­tique de Montréal, Pa­trice Bé­lan­ger se consi­dère chan­ceux de pou­voir me­ner de front ses car­rières d’ac­teur et d’ani­ma­teur.

«Je suis gâ­té pour­ri de pou­voir conti­nuer de jouer», re­con­naît-il. La der­nière de Su­cré sa­lé se­ra pré­sen­tée à TVA ven­dre­di pro­chain à 18 h 30. Une émis­sion spé­ciale de 60 minutes re­grou­pant les meilleurs mo­ments des trois der­niers mois se­ra dif­fu­sée le lun­di 7 sep­tembre à 19 h. Pa­trice Bé­lan­ger est le porte-pa­role du Fes­ti­val de mont­gol­fières de Ga­ti­neau, qui se tien­dra du 3 au 7 sep­tembre.

Pa­trice Bé­lan­ger vient de ter­mi­ner sa pre­mière sai­son à la barre de Su­cré sa­lé.

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