Pe­tits bon­heurs à flanc de col­lines

SAN FRAN­CIS­CO | Il y a tant à voir et à faire à San Fran­cis­co qu’on a de quoi être es­souf­flé avant même d’avoir gra­vi une seule de ses col­lines.

Le Journal de Quebec - Weekend - - VACANCES - Sarah Bergeron-Ouel­let Agence QMI

Aus­si bien se ré­si­gner, si on n’y passe que quelques jours, il fau­dra faire des choix. La bonne nou­velle, c’est que ce n’est pas grave! Non seule­ment la ville est as­sez pe­tite pour nous per­mettre de faire beau­coup de choses en peu de temps, mais en plus, comme nous l’a si bien dit une Ca­li­for­nienne ren­con­trée au ha­sard sur la route: «on ne peut pas se trom­per avec San Fran­cis­co».

Voi­ci donc une pe­tite sé­lec­tion de choses à faire pour dé­cou­vrir quelques-uns des as­pects uniques de la belle «Ci­ty by the Bay», sans cou­rir.

SI­RO­TER UN CAP­PU­CI­NO AU CAFFE TRIESTE

Vous vous mé­fiez des ca­fés pro­po­sés dans les guides tou­ris­tiques? Ce­lui-là pour­rait bien vous ins­pi­rer. On dit que Cop­po­la y a écrit une bonne par­tie du Par­rain. Ou­vert en 1956 au coin de Grant Ave­nue et Val­le­jo Street, dans le quar­tier ita­lien North Beach, le Caffe Trieste a aus­si ser­vi de re­paire aux ar­tistes de la «beat ge­ne­ra­tion», ce mou­ve­ment des an­nées 1950-60 mar­qué par des écri­vains comme Jack Ke­rouac ( Sur la route) et Al­len Ginsberg ( Howl). Au­jourd’hui, on s’y rend pour le ca­fé bien cor­sé au­tant que pour l’at­mo­sphère et le dé­cor qui semblent avoir ré­sis­té temps qui passe.

Pour conti­nuer sur la même note, on fe­ra un cro­chet par Co­lom­bus Ave­nue et on s’ar­rê­te­ra à la li­brai­rie Ci­ty Lights Book­sel­lers & Pu­bli­shers, connue comme étant la pre­mière mai­son d’édi­tion à avoir pu­blié Jack Ke­rouac. On en pro­fi­te­ra pour je­ter un coup d’oeil au Ve­su­vio Cafe, juste à cô­té. Le bar ne semble pas avoir chan­gé lui non plus de­puis l’époque où il ac­cueillait de jeunes «beat­niks» en quête d’inspiration.

PLEIN LA VUE DANS NORTH BEACH

Pas be­soin d’avoir de pen­chant lit­té­raire pour ai­mer North Beach. Par contre, il vaut mieux avoir de bonnes chaus­sures si on veut le dé­cou­vrir à pied, car ses pentes sont drô­le­ment abruptes. Il faut se don­ner la peine de grim­per jus­qu’au sec­teur ré­si­den­tiel Te­le­graph Hill, pour voir ses riches de­meures, ses splen­dides jar­dins et sa Coit To­wer, une tour Art déco dont on a une vue (payante) à 360 de­grés sur la baie et les in­imi­tables re­liefs de San Fran­cis­co.

Sur la col­line d’en face, Rus­sian Hill, on se join­dra aux hordes de tou­ristes pos­tés dans les buis­sons (ou en plein mi­lieu de la rue) ve­nus pho­to­gra­phier les cé­lèbres vi­rages en épingle de Lom­bard Street. Au som­met de ces huit tour­nants pen­tus – im­mor­ta­li­sés dans des di­zaines de films–, on se­ra ré­com­pen­sé par des pa­no­ra­mas mé­mo­rables (et gra­tuits) sur Te­le­graph Hill d’un cô­té et sur la baie de San Fran­cis­co de l’autre. En haut de la rue Hyde, la vue plon­geante sur le port et sur la my­thique île-pri­son d’Al­ca­traz vous fe­ra ou­blier vos crampes dans les mol­lets.

FAIRE LE PLEIN DE « BIS­CUIT CHI­NOIS »

Vous êtes-vous dé­jà de­man­dé com­ment étaient fa­bri­qués les bis­cuits chi­nois, ceux qui cachent ces chers mes­sages de sa­gesse? Dans la pe­tite Gol­den Gate For­tune Co­okie Fac­to­ry du «Chi­na­town», on les fa­brique de fa­çon ar­ti­sa­nale, à la vi­tesse de l’éclair, à l’aide de fours aux plaques chauf­fantes. Si­tué dans une ruelle nom­mée Ross Al­ley, l’ate­lier passe plu­tôt in­aper­çu, mais on peut bel et bien y en­trer et ob­ser­ver les quelques em­ployés à l’oeuvre. On achète en­suite un ou deux sacs de bis­cuits, que l’on craque en ar­pen­tant le reste du quar­tier chi­nois de San Fran­cis­co, le plus grand en de­hors de l’Asie. On ne manque pas sa rue prin­ci­pale, Grant Ave­nue, au­réo­lée de lan­ternes et bor­dée de temples, ba­zars, res­tau­rants et bou­tiques de toutes sortes.

PO­SER LE PIED SUR LE GOL­DEN GATE BRIDGE

«Une harpe d’acier à 35 mil­lions $»: voi­là com­ment le jour­nal San Fran­cis­co Chro

nicle a dé­crit le Gol­den Gate Bridge lors de son inau­gu­ra­tion en 1937. Au­jourd’hui, on es­time que construire un chef-d’oeuvre du genre coû­te­rait plus de 1,2 mil­liard $. Im­pres­sion­nant, pho­to­gé­nique et in­con­tour­nable, le pont est ac­ces­sible en trans­port en com­mun, tout comme Fort Point, le jo­li parc qui mène les vi­si­teurs jusque sous sa struc­ture. Pour prendre toute la me­sure du Gol­den Gate Bridge, rien ne vaut de le par­cou­rir à pied ou à vé­lo. Vous avez le ver­tige? Sa­chez que le Gol­den Gate Bridge est haut per­ché (son trot­toir est à 67 m des flots, ses tours à 227 m), qu’il est très long (2,7 km), qu’il est ex­po­sé aux vents, qu’il est sou­vent dans la brume et qu’il tremble au pas­sage des ca­mions... Mais quelles vues!

DÉ­COU­VRIR LE QUAR­TIER CAS­TRO

Ber­ceau de la com­mu­nau­té gaie de San Fran­cis­co de­puis la fin des an­nées 1960 et lieu im­por­tant du mou­ve­ment LGBT, «The Cas­tro» est un quar­tier ani­mé, ou­vert et fes­tif qui ne manque pas d’at­ti­rer les vi­si­teurs. Sur la rue Cas­tro, sur­plom­bée de col­lines aux ty­piques mai­sons vic­to­riennes, on s’ar­rête dans les ca­fés, res­tau­rants, bars et ma­ga­sins aux dra­peaux mul­ti­co­lores, de même que de­vant l’his­to­rique Cas­tro Thea­ter (1922). On peut aus­si faire des ar­rêts plus sym­bo­liques, par exemple à la Har­vey Milk Pla­za, nom­mée en l’hon­neur de l’ex-conseiller mu­ni­ci­pal de San Fran­cis­co et mi­li­tant pour les droits des ho­mo­sexuels Har­vey Milk, as­sas­si­né en 1978.

FL­NER AU FER­RY BUIL­DING MAR­KET­PLACE

Pâ­tis­se­ries, char­cu­te­ries, vins, fro­mages ar­ti­sa­naux, cho­co­lats, glaces mai­son, pains tout chauds, sand­wichs à em­por­ter… Le Fer­ry Buil­ding Mar­ket­place est à la fois un marché et un lieu de tran­sit pour les ha­bi­tants de la baie qui viennent tra­vailler à San Fran­cis­co par tra­ver­sier. Notre sug­ges­tion: ren­dez-vous au Fer­ry Buil­ding Mar­ket­place à bord d’un «cable car», ces tram­ways opé­rés à la main de­puis 1873 à San Fran­cis­co. Il en existe en­core trois lignes; celle de la rue Ca­li­for­nia vous mè­ne­ra tout près de l’im­po­sant édi­fice, inau­gu­ré en 1898. À sur­veiller sur place: le marché fer­mier qui se dé­roule les mar­dis, jeu­dis et sa­me­dis.

SE PRENDRE POUR UN «LO­CAL»

Vous ai­mez «faire comme les gens de la place» quand vous voya­gez? Si vous n’avez ja­mais es­sayé le site de lo­ca­tion entre par­ti­cu­liers Airbnb, San Fran­cis­co pour­rait être un bon en­droit pour le faire: c’est ici que le ser­vice est né, en 2008. Le site offre main­te­nant des lo­ge­ments dans 34 000 villes et 190 pays du monde. À San Fran­cis­co, vous pour­rez trou­ver un stu­dio dans un édi­fice vic­to­rien aus­si bien qu’une chambre avec vue. Les prix va­rient se­lon les lieux et les pro­prié­taires, et sont par­fois aus­si éle­vés qu’à l’hô­tel, mais l’ex­pé­rience est dif­fé­rente et vous au­rez fort pro­ba­ble­ment droit aux conseils de vos hôtes pour dé­cou­vrir la ville au­tre­ment.

L’un des fa­meux cable cars de San Fran­cis­co, dans Rus­sian Hill.

La Grant Ave­nue, du cé­lèbre quar­tier Chi­na­town.

Vue sur le Fi­nan­cial Dis­trict de San Fran­cis­co du haut de la Coit To­wer, au som­met de Te­le­graph Hill.

Le Caffe Trieste, qui sert du ca­fé de­puis 1956, at­tire les vi­si­teurs dans le quar­tier North Beach.

Vue sur le port, la baie et Al­ca­traz de­puis la rue Hyde, au som­met de Rus­sian Hill.

La Gol­den Gate For­tune Co­okie Fac­to­ry du quar­tier chi­nois de San Fran­cis­co.

Le Gol­den Gate Bridge vu du sen­tier du lieu his­to­rique na­tio­nal Fort Point.

Le Ve­su­vio Cafe (à gauche) et la li­brai­rie Ci­ty Lights Book­sel­lers & Pu­bli­shers sont deux lieux vi­si­tés par les ama­teurs de la beat ge­ne­ra­tion.

Fi­sher­man’s Wharf

La pri­son d’Al­ca­traz, vue du haut de la Coit To­wer, au som­met de Te­le­graph Hill.

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Fi­sher­man’s Wharf

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