En­homme

Après Ash­ton Kut­cher en 2013, voi­ci que Mi­chael Fass­ben­der prend les traits de Steve Jobs. Mis en scène par Dan­ny Boyle ( 127 heures) et écrit par Aa­ron Sor­kin ( Le ré­seau so­cial), le long mé­trage, pré­sen­té au Fes­ti­val de Tel­lu­ride il y a quelques se­main

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hon­te­bey­rie Agence QMI

Le film pré­sente la vie de Steve Jobs (Mi­chael Fass­ben­der) en l’ar­ti­cu­lant au­tour du lan­ce­ment de trois pro­duits im­por­tants d’Apple.

«C’est le genre de film qui doit être fait», a dé­cla­ré Dan­ny Boyle lors d’une confé­rence de presse au Fes­ti­val de Tel­lu­ride au dé­but du mois de sep­tembre, éta­blis­sant le lien avec Le ré­seau so­cial qui trai­tait de Mark Zu­cker­berg, le pa­tron de Fa­ce­book, et éga­le­ment scé­na­ri­sé par Aa­ron Sor­kin. «Aus­si bé­nins qu’ils puissent pa­raître, ces hommes ont créé des forces qui sont plus puis­santes que des gou­ver­ne­ments. Et ils ne semblent pas mo­ti­vés par l’ar­gent, ce que je trouve ex­tra­or­di­naire. C’est un chan­ge­ment to­tal de mo­dèle que nous sem­blons vou­loir igno­rer de toutes nos John Scul­ley (Jeff Da­niels), an­cien pa­tron de Pep­si qui a re­pris les rênes d’Apple en 1983. Pour Dan­ny Boyle, Steve Jobs est une es­pèce de suite du Ré­seau so­cial - pour la pe­tite his­toire, Da­vid Fin­cher de­vait réa­li­ser cette bio­gra­phie sur le créa­teur du Mac –, long mé­trage qu’il a re­gar­dé avec at­ten­tion afin de se pré­pa­rer à ce­lui-ci. «Comme Jobs lui­même, c’est un long mé­trage de mou­ve­ment. Nous l’avons pen­sé un peu comme s’il s’agis­sait du son émis par son cer­veau.»

Pour Mi­chael Fass­ben­der, pas de pro­ces­sus d’au­di­tions ni d’ater­moie­ments ou de né­go­cia­tions à n’en plus fi­nir. «J’ai été ap­pro­ché par Dan­ny Boyle. Il m’a en­voyé le scé­na­rio et m’a de­man­dé si j’étais in­té­res­sé. Je l’ai lu et j’ai tout de suite trou­vé que c’était mer­veilleu­se­ment bien écrit. De plus, Dan­ny est un réa­li­sa­teur phé­no­mé­nal et une per­sonne for­mi­dable. J’ai donc ac­cep­té, c’est aus­si simple que ça», a-t-il dé­taillé à Ya­hoo Mo­vies.

RE­LA­TION PÈRE FILLE

Kate Wins­let n’en re­vient tou­jours pas des prouesses ac­com­plies par Mi­chael Fass­ben­der, bien connu des ama­teurs de su­per hé­ros pour être la nou­velle in­car­na­tion de Ma­gne­to dans la nou­velle sa­ga des X-Men. «C’est vrai­ment in­ha­bi­tuel pour un ac­teur comme Mi­chael Fass­ben­der d’ap­prendre 182 pages de scé­na­rio, car il a des ré­pliques à toutes les pages. C’est comme de jouer Ham­let… mul­ti­plié par deux», a-t-elle confié.

Mais, con­trai­re­ment à son col­lègue qui n’a pas cher­ché à se plon­ger dans la vie de Steve Jobs ou à imi­ter le fon­da­teur d’Apple le plus pos­sible, Kate Wins­let a ren­con­tré Ch­ri­sann Bren­nan et s’est im­mer­gée dans l’his­toire de la com­pa­gnie. Tout comme Aa­ron Sor­kin a pas­sé énor­mé­ment de temps avec Lisa, la fille de Steve Jobs. Car, pour le scé­na­riste, cette his­toire en est d’abord celle d’un père et de sa fille. «Lisa est l’hé­roïne du film. Ce qui m’a in­té­res­sé ce sont les re­la­tions hu­maines qu’il en­tre­te­nait, par­ti­cu­liè­re­ment celle avec sa fille.»

Le cas de Seth Ro­gen, qui in­carne Steve Woz­niak est sur­pre­nant et amu­sant. L’ac­teur vou­lait tel­le­ment le rôle qu’il a pas­sé sa pre­mière au­di­tion en huit ans. Puis, de longs mois se sont écou­lés. «Je n’ai rien en­ten­du pen­dant huit mois et, pen­dant ce temps, j’ai mis le stu­dio qui de­vait faire le film dans le trouble [NDLR: à l’ori­gine, c’est So­ny qui de­vait dis­tri­buer le long mé­trage. Et Seth Ro­gen est l’une des ve­dettes de L’in­ter­view qui tue qui a va­lu aux stu­dios de se faire pi­ra­ter.] Du coup, les pro­duc­teurs se sont adres­sés à un autre stu­dio et j’ai eu peur que [l’in­ci­dent] me coûte le rôle.»

Et, en guise de conclu­sion, Dan­ny Boyle a fait le pa­ral­lèle entre le film, l’homme et le monde ac­tuel. «La sim­pli­ci­té est, au­jourd’hui, vue comme la so­phis­ti­ca­tion ex­trême. Les pro­duits et la vi­sion mon­diale vont tous deux dans le même sens.» Steve Jobs fascine les ci­né­philes dès le 9 oc­tobre.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.