Pan

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Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hon­te­bey­rie Agence QMI

Pas de doute, cette su­per­pro­duc­tion au­tom­nale de 150 mil­lions $, pré­sen­tée en IMAX et en 3D, en met plein la vue et les oreilles! Mais n’est-ce que du tape-à-l’oeil?

Peter Pan fait en­core l’ob­jet d’une adap­ta­tion ci­né­ma­to­gra­phique, cette fois-ci avec Joe Wright ( An­na Ka­re­nine) der­rière la ca­mé­ra et Jason Fuchs ( L’ère de glace: la dé­rive des conti­nents) au scé­na­rio.

Une nuit, une mère au coeur bri­sé se voit contrainte d’aban­don­ner son fils Peter sur le pas de la porte d’un or­phe­li­nat. Douze ans plus tard, en pleine Se­conde Guerre mon­diale, Peter (Le­vi Miller, ex­cellent) et son meilleur ami Nibs (Le­wis MacDou­gal) dé­cident d’en­quê­ter sur les dis­pa­ri­tions noc­turnes d’en­fants de l’éta­blis­se­ment. Un soir, dans le bu­reau de la mère su­pé­rieure (Ka­thy Burke, par­fai­te­ment gri­mée) et di­rec­trice de l’éta­blis­se­ment, les deux bam­bins dé­couvrent une ca­verne d’Ali Ba­ba, rem­plie de pièces d’or et de nour­ri­ture. Plus tard, après que la re­li­gieuse eut his­sé un dra­peau de pi­rate, Peter est em­me­né au Pays ima­gi­naire.

Là, on est bien loin de la vi­sion idyl­lique de l’his­toire don­née à la fois par James M. Bar­rie (l’au­teur du ro­man Peter Pan) et les stu­dios Walt Dis­ney. Car les en­fants – vieux et moins vieux – en­le­vés aux quatre coins du monde se re­trouvent à tra­vailler dans une mine pour le ter­rible Barbe Noire (Hugh Ja­ck­man, ex­cep­tion­nel). Peter fait alors la connais­sance de James Cro­chet (Gar­rett Hed­lund, vu dans Tron et dont le per­son­na-

NAÏ­VE­TÉ OP­TI­MISTE

J’aime beau­coup les ro­mans de James M. Bar­rie et cette naï­ve­té op­ti­miste qui im­prègne toute son oeuvre. On sent d’ailleurs que Jason Fuchs a es­sayé d’être le plus fi­dèle pos­sible à cet es­prit, no­tam­ment en in­cluant des ci­ta­tions lé­gè­re­ment mo­di­fiées de l’écri­vain. Mais ce n’est pas as­sez, le scé­na­rio fi­nit par dé­ra­per une fois Peter ar­ri­vé au Pays ima­gi­naire pour res­sem­bler à une es­pèce de dé­ri­vé de l’une des aven­tures d’In­dia­na Jones. Et c’est d’au­tant plus dom­mage que le per­son­nage de Barbe Noire – to­ta­le­ment in­ven­té – est, tout au long du long mé­trage, ce­lui qui se rap­proche le plus de l’uni­vers de Bar­rie.

L’émer­veille­ment res­sen­ti en re­gar­dant Pan et la ma­gie du ro­man sont trans­mis aux spec­ta­teurs par les fa­bu­leux ef­fets vi­suels. Tant les dé­cors que la 3D, de même que les splen­dides cos­tumes et ma­quillages co­lo­rés – at­ten­dez-vous à une mise en no­mi­na­tion aux Os­cars – sont par­fai­te­ment réus­sis. Quant aux scènes chan­tées (oui, il y a du Nir­va­na dans la trame so­nore), elles font écho à celles d’un Ter­ry Gilliam ( Le ba­ron de Münchhausen) ou d’un Baz Luhr­mann ( Mou­lin Rouge). Mais ce­la suf­fit-il à nous gar­der sur notre pe­tit nuage une fois le vi­sion­ne­ment ter­mi­né? Pas cer­taine.

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