BOTTES DE CUIR

Sé­bas­tien Ri­card n’avait ja­mais por­té le cha­peau de cow­boy avant d’en­tre­prendre les tour­nages du Clan en sep­tembre 2014. Mais quand cette aven­ture pren­dra fin dans quelques se­maines, c’est le seul ac­ces­soire qu’il compte ra­me­ner chez lui. Pas pour le port

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Marc-An­dré Le­mieux Le Jour­nal de Mon­tréal

«L’uni­vers coun­try, c’est très pré­sent au Qué­bec, mais ça passe com­plè­te­ment sous le ra­dar dans les mé­dias, sou­ligne le co­mé­dien. C’est sou­vent sno­bé, bou­dé et ri­di­cu­li­sé, mais ça fait par­tie de nous. C’est su­per qu’une sé­rie nous montre cette réa­li­té.»

D’après un scé­na­rio de Joanne Ar­se­neau ( 19-2, Les res­ca­pés), Le clan brosse le portrait de Yan­nick Mo­reau (Sé­bas­tien Ri­card), un cri­mi­nel ori­gi­naire du Nou­veau-Bruns­wick ayant adop­té une nou­velle iden­ti­té après avoir vo­lon­tai­re­ment sa­bo­té une opé­ra­tion illé­gale du­rant la­quelle ses com­plices – son père et ses trois frères – ont été ar­rê­tés et en­voyés en pri­son. Grâce au pro­gramme de pro­tec­tion des té­moins, le dé­la­teur a re­fait sa vie au Qué­bec sous le nom de JeanF­ran­çois Ga­gnon. Au fil du temps, il est de­ve­nu père, mais sa nou­velle conjointe, Bri­gitte (Ka­rine La­gueux), ignore tout de son pas­sé trouble. Or­ga­ni­sa­teur de ro­déos, il vit dans la peur d’être re­trou­vé, sur­tout que ses an­ciens par­te­naires s’ap­prêtent à re­cou­vrer leur li­ber­té. Et pour ex­pli­quer ses crises de pa­nique de plus en plus fré­quentes, il s’est in­ven­té une an­cienne vie de mi­li­taire en Af­gha­nis­tan.

Sé­bas­tien Ri­card s’est joint au pro­jet pour plu­sieurs rai­sons. Jouer les antihéros tour­men­tés fai­sait par­tie d’elles. Tout comme Don Dra­per/Dick Whit­man dans Mad Men, Jean-Fran­çois/Yan­nick craint constam­ment d’être dé­mas­qué. En en­tre­vue, Sé­bas­tien Ri­card parle même de di­lemme cor­né­lien.

«Il est tou­jours pris pour men­tir à ceux qu’il aime. Il est tou­jours en dés­équi­libre pour main­te­nir cette nou­velle exis­tence. C’est ce qui fait tout son in­té­rêt, toute sa beau­té. Il est clair-obs­cur. Pour les té­lé­spec­ta­teurs, qui sont té­moins de tous ses men­songes, qui sont de plus en plus graves et nom­breux, c’est un per­son­nage at­ti­rant, mais re­pous­sant en même temps. C’est loin d’être un hé­ros tra­di­tion­nel.»

UN VENT DE FRAέCHEUR

Au mo­ment de notre in­ter­view, Sé­bas­tien Ri­card re­ve­nait tout juste de Monc­ton, où sont tour­nés les épi­sodes du Clan. Il re­par­ti­ra tou­te­fois au Nou­veau-Bruns­wick di­manche pour le der­nier bloc de tour­nage. En­tre­temps, il en­chaîne les re­pré­sen­ta­tions d’un opé­ra-tan­go in­ti­miste de De­nis Plante au Théâtre Ou­tre­mont, La bi­blio­thèque in­ter­dite.

Dans Le clan, le co­mé­dien suit les in­di­ca­tions de Jim Do­no­van, un réa­li­sa­teur ori­gi­naire de Mon­tréal qui a beau­coup oeu­vré du cô­té an­glo­phone ( Heart­land, Fla­sh­point). Aux dires du co­mé­dien, Do­no­van ap­porte un vent de fraî­cheur à notre té­lé­vi­sion. «Ça vient pro­ba­ble­ment du fait qu’il n’avait ja­mais tra­vaillé au Qué­bec. Il est ar­ri­vé avec un re­gard as­sez neuf. Ça pa­raît quand on re­garde le cas­ting. Il au­rait pu choi­sir des ac­teurs plus po­pu­laires, qu’on voit un peu par­tout, mais non. Il a choi­si d’al­ler ailleurs.»

Par­mi les choix «sur­pre­nants» de Jim Do­no­van, ci­tons ce­lui de Ka­rine La­gueux pour cam­per la conjointe de Jean-Fran­çois, ou en­core Luc Se­nay pour in­ter­pré­ter son beau-père. Ajou­tons au groupe De­nise Bou­chard, Ro­ger Lé­ger, Pier­reYves Car­di­nal, Jean-Sé­bas­tien Cour­chesne, Louis-Phi­lippe Dan­de­nault, Ger­main Houde et Syl­vie Bou­cher.

RE­LA­TION AMOUR-HAINE

Quant à Be­noît Gouin, il in­carne Tom Chamberland, le contrô­leur de JeanF­ran­çois, l’une des seules per­sonnes à connaître sa vé­ri­table iden­ti­té. Les deux hommes en­tre­tiennent une re­la­tion com­plexe, ex­plique Sé­bas­tien Ri­card.

«C’est une re­la­tion amour-haine, une ami­tié tra­ver­sée de pa­ter­na­lisme», pré­cise le co­mé­dien.

Sé­bas­tien Ri­card était heu­reux de re­trou­ver Be­noît Gouin lors des tour­nages du Clan, des an­nées après avoir par­ta­gé la scène en­semble au théâtre. «Je viens de Qué­bec et Be­noît a fait ses études au Conser­va­toire de Qué­bec, ra­conte le

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