À FOND DANS L’ÉLEC­TRO POP

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Cé­dric Bé­lan­ger Le Jour­nal de Qué­bec

Quand le groupe Hô­tel Mor­phée s’est sé­pa­ré l’an der­nier, la chan­teuse Lau­rence Ner­bonne n’a pas mis de temps à re­tom­ber sur ses pieds. Son deuil, elle l’a vé­cu en plon­geant tête pre­mière dans le monde de l’élec­tro pop pour conce­voir l’al­bum XO, sa pre­mière carte de vi­site en so­lo.

«J’ai une bonne ca­pa­ci­té pour re­bon­dir et j’uti­lise beau­coup ce que je vis dans la créa­tion», lance Ner­bonne, que Le Jour­nal a ren­con­trée peu avant le spec­tacle de lan­ce­ment de son al­bum, la se­maine der­nière, au Dis­trict Saint-Jo­seph à Qué­bec.

Elle a donc ou­vert son or­di­na­teur, mis en place les ap­pli­ca­tions né­ces­saires et com­men­cé à com­po­ser fré­né­ti­que­ment de la mu­sique chez elle.

«J’avais dé­jà com­men­cé à faire des beats toute seule. Ça m’in­té­resse vrai­ment. J’en fai­sais dé­jà dans Hô­tel Mor­phée. J’ai donc com­men­cé à pous­ser da­van­tage l’élec­tro et l’ap­pren­tis­sage des lo­gi­ciels plus loin. Je suis de­ve­nue une vraie geek. Mes amis trou­vaient que je n’avais pas de vie (rires). J’étais comme un en­fant dans ses Le­gos. J’aime vrai­ment ça», avoue-t-elle.

FAIRE SES DE­VOIRS

Mais l’élec­tro pop ur­bain, en fran­çais de sur­croît, était un ter­ri­toire en­core peu ex­plo­ré par les ar­tistes qué­bé­cois avant que Lau­rence Ner­bonne ne s’y mette.

«J’ai fait mes de­voirs, as­sure-t-elle. J’ai écou­té toutes les pro­duc­tions ré­centes dans la pop un peu par­tout dans le monde, même celle de Co­rée. J’ai écou­té Di­plo, MØ, El­li­phant, de la pop scan­di­nave, M.I.A. J’ai vu aus­si Ch­ris­tine and the Queens qui sort un su­per pro­jet élec­tro en fran­çais. Il n’y a plus de li­mites alors pour­quoi ne pas faire une pop in­ter­na­tio­nale, mais en fran­çais», ob­serve Lau­rence Ner­bonne.

Avec des titres comme «Tin­der Love» ou «Danse avec moi», XO (qui a été réa­li­sé par Phi­lippe Brault) est aus­si le por­trait doux-amer d’une gé­né­ra­tion qui vit à tra­vers l’écran de son té­lé­phone in­tel­li­gent. «J’es­père que ça va tou­cher beau­coup de gens parce que je crois que nous sommes plu­sieurs dans ce genre de so­li­tude. Et la mu­sique ac­com­pagne de plus en plus notre quo­ti­dien», dit Ner­bonne.

«Mais, pour­suit-elle, je ne vou­lais pas que ça de­vienne lourd, d’où une chan­son comme “Tin­der Love”. Je ne vou­lais pas d’une cri­tique pes­si­miste de notre so­cié­té. Je connais des gens qui se sont ren­con­trés sur les ré­seaux so­ciaux et qui ont des en­fants. Nous vi­vons des mu­ta­tions et on doit en par­ler. L’al­bum s’ap­pelle XO et c’est un peu ça notre gé­né­ra­tion. Nous ne sommes plus des Y, ni des X. Nous sommes sans âge, sans sexe, sans na­tio­na­li­té. Nous al­lons tous deve-

nir des ci­toyens du monde.»

CHOI­SIE PAR APPLE

Tout ce­la mis en­semble donne un mé­lange qui plaît. Non seule­ment les cri­tiques mu­si­cales sont élo­gieuses mais, en outre, elle se­ra le buzz du mois d’avril sur le ré­seau Éner­gie et sa chan­son «Mon­tréal XO» a été choi­sie pour la nou­velle pu­bli­ci­té pan­ca­na­dienne de l’iP­hone 6 et Bell.

Le ca­chet que ça im­plique et la vi­trine qu’une telle pu­bli­ci­té lui pro­cu­re­ra ont de quoi faire sou­rire Lau­rence Ner­bonne. En outre, sou­ligne-t-elle, on en­ten­dra «Mon­tréal XO» pen­dant plu­sieurs se­condes dans la pu­bli­ci­té. «As­sez pour que les gens puissent la sha­za­mer », dit Ner­bonne, qui était par­ti­cu­liè­re­ment heu­reuse de s’as­so­cier avec une en­tre­prise comme Apple.

«Ce n’est pas avec les al­bums qu’on fait de l’ar­gent. La mu­sique est ren­due là. Nous n’avons pas d’autre choix. Si on veut conti­nuer à faire de la mu­sique, c’est ce qu’il faut, la pu­bli­ci­té.»

L’al­bum XO, de Lau­rence Ner­bonne, est en vente de­puis le 18 mars.

Lau­rence Ner­bonne se­ra en concert au Fes­ti­val d’été de Qué­bec, le 7 juillet, au parc de la Fran­co­pho­nie.

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