BOUS­CU­LER LA REC­TI­TUDE PO­LI­TIQUE

Sté­phane Crête n’a peur de rien. À preuve, l’ac­teur in­carne lui-même plus d’une ving­taine de per­son­nages dif­fé­rents dans le nou­veau film du ci­néaste Ro­bert Mo­rin, Un Pa­ra­dis pour tous, une co­mé­die sa­ti­rique qui pro­pose de dé­mys­ti­fier l’éva­sion fis­cale.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Maxime De­mers Le Jour­nal de Mon­tréal maxime.de­mers @que­be­cor­me­dia.com

Les films de Ro­bert Mo­rin se suivent mais ne se res­semblent pas. Après avoir bros­sé il y a deux ans le por­trait de trois jeunes au­toch­tones ( 3 His­toires d’In­diens), le réa­li­sa­teur du Nèg’ et de Re­quiem pour un beau sans coeur change to­ta­le­ment de re­gistre pour s’aven­tu­rer cette fois à la fron­tière du mau­vais goût, afin de bous­cu­ler la rec­ti­tude po­li­tique.

Tour­né avec une toute pe­tite équipe (seule­ment quatre per­sonnes), Un Pa­ra­dis

pour tous met donc en scène Jean-Guy «Bus­ter» Si­mard, un ex­pert-comp­table qui vient d’être congé­dié par son em­ployeur parce qu’il avait ten­té de coin­cer un ban­dit à cra­vate. Pour se ven­ger, il dé­cide de tour­ner un guide vi­déo dans le­quel il dé­voile plu­sieurs trucs pour pra­ti­quer l’évi­te­ment fis­cal.

En plus de cam­per le rôle prin­ci­pal, Sté­phane Crête donne vie à une ga­le­rie de per­son­nages (gro­tesques) que Bus­ter ren­contre dans son ré­cit.

«L’idée, c’était que le fond jus­ti­fiait la forme», ex­plique Sté­phane Crête.

«En ra­con­tant son his­toire, le per­son­nage de Bus­ter dé­cide de jouer lui-même les dif­fé­rentes per­sonnes qu’il croise. Avant de com­men­cer le tour­nage du film, on a fait un la­bo­ra­toire dans une salle: je suis al­lé ache­ter des cos­tumes et des ma­quillages dans un Dol­la­ra­ma et on a fait des tests sur un écran vert pour voir si on pou­vait réus­sir à tour­ner des scènes dans les­quelles je jouais dif­fé­rents per­son­nages. On s’est ren­du compte que c’était pos­sible et donc on a com­men­cé à dé­li­rer avec ça.»

«J’ai­mais l’idée de Ro­bert que peu im­porte jus­qu’où on va dans le mau­vais goût, ja­mais on n’ar­ri­ve­ra au ni­veau du mau­vais goût ex­trême que re­pré­sente l’évi­te­ment fis­cal. Ça nous au­to­ri­sait à al­ler très loin dans le bur­lesque. Mon but, pen­dant le tour­nage, c’était de me rendre as­sez loin pour que Ro­bert me mette un frein. Mais ce n’est pas ar­ri­vé souvent!»

« FILM DE PO­LY­VA­LENTE »

Ro­bert Mo­rin n’hé­site d’ailleurs pas à dé­crire ce 16e long mé­trage de sa car­rière comme un «film de po­ly­va­lente».

«On se sen­tait comme des p’tits culs qui pre­naient une ca­mé­ra et qui es­sayaient des choses pour voir ce que ça donne et jus­qu’où ils pou­vaient al­ler. Le film est aus­si une ré­ac­tion contre la rec­ti­tude po­li­tique. On vit à une époque où on s’en prend à quel­qu’un qui a osé faire un black­face à l’écran. Mais pour moi, ce qui est en­core plus de mau­vais goût que ce­la, c’est de pas re­mettre à la so­cié­té l’ar­gent que tu lui dois. C’est un peu ce qu’on a vou­lu illus­trer avec le film.»

Le co­mé­dien Sté­phane Crête

joue à lui seul tous les rôles du film

Un Pa­ra­dis pour tous.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.