« RIEN N’EST PLUS VRAI QU’UN CO­MÉ­DIEN À L’IN­TÉ­RIEUR DE SON MEN­SONGE »

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Mon ami Di­no est ac­tuel­le­ment à l’af­fiche dans toute la pro­vince. Isa­belle Hon­te­bey­rie Agence QMI - JIMMY LA­ROUCHE

Née dans des cir­cons­tances pour le moins amu­santes, l’idée d’un film en­tiè­re­ment consa­cré à Di­no Ta­va­rone a fi­ni par faire son che­min.

Pré­sen­té en clô­ture de la 20e édi­tion du Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal de films Fantasia,

Mon ami Di­no de Jimmy La­rouche est le fruit d’une démarche ori­gi­nale.

«J’ai eu l’idée de faire un film avec Di­no en étant saoul! [Rires] Je l’aime, c’est mon ami de­puis 12 ans, et ça fai­sait long­temps que j’avais en­vie de faire un film avec lui. Je pense que c’est l’un des co­mé­diens les plus ta­len­tueux à Mon­tréal, mais la bar­rière de la langue – l’ac­cent – fait qu’il a moins ac­cès à des rôles», ex­plique Jimmy La­rouche.

«Je trou­vais in­té­res­sant de bri­ser la fron­tière entre le do­cu­men­taire et la fiction», dit le cinéaste. C’est ain­si qu’est née l’idée de Mon

ami Di­no, pré­sen­té sous forme de do­cu­men­taire sur Di­no Ta­va­rone, mais com­por­tant de nom­breux élé­ments de fiction.

«La vraie vie de Di­no est aus­si spec­ta­cu­laire, si­non plus, que de la fiction. Quel­qu’un qui fait quatre ans de pri­son pour im­por­ta­tion de drogue et qui, quatre ans plus tard, de­vient une ve­dette connue par­tout au Qué­bec en jouant le par­rain de la ma­fia dans Omer­ta, ça ne s’écrit pas!», com­mente le réa­li­sa­teur. Conçu comme un hom­mage à Ta­va­rone, Jimmy La­rouche a in­clus une ré­flexion sur la ma­la­die et la mort, sa tante étant tom­bée gra­ve­ment ma­lade. «Comme beau­coup de per­sonnes, j’ai peur de la mort. […] Peut-être que la plus belle fa­çon de rendre hom­mage à la vie est de suivre quel­qu’un dans ses der­niers mo­ments? Tu n’as plus rien à ca­cher [à ce mo­ment-là]. Le ci­né­ma, c’est un peu ça aus­si. Rien n’est ra­re­ment plus vrai qu’un co­mé­dien à l’in­té­rieur de son men­songe. Quand tu joues un per­son­nage, tu le joues de ma­nière vraie à 100 %. Di­no est un hu­main tel­le­ment vrai, avec ses qua­li­tés et avec ses dé­fauts!»

SANS FI­LET…

Autre prouesse, tous les dia­logues ont été im­pro­vi­sés par Di­no Ta­va­rone, l’ac­teur se sen­tant suf­fi­sam­ment en confiance pour pouvoir par­ler li­bre­ment au­tour de su­jets d’im­por­tance comme la re­la­tion dif­fi­cile avec sa fille, la ma­la­die ou la mort. «Je sais que Di­no est un im­pro­vi­sa­teur in­croyable», sou­ligne Jimmy La­rouche qui, sur le pla­teau, a don­né à l’ac­teur des thé­ma­tiques à abor­der. «Il a ha­bi­té [les scènes] à un point tel que même les co­mé­diens non pro­fes­sion­nels qui jouaient leurs propres rôles – l’on­co­logue, par exemple, est une vraie on­co­logue – se sont lais­sés em­bar­quer.»

RE­POUS­SER LES LI­MITES

Dé­si­reux de bri­ser le moule tra­di­tion­nel et d’ex­plo­rer de nou­velles formes d’ex­pres­sion ci­né­ma­to­gra­phique, Jimmy La­rouche voit aus­si Mon ami Di­no comme un long mé­trage grand pu­blic en rai­son des thé­ma­tiques abor­dées. «Ce que je suis content d’avoir fait dans

Mon ami Di­no, c’est d’avoir re­pous­sé les li­mites du ci­né­ma comme forme d’art. On dit, dans les cours de scé­na­ri­sa­tion, que les his­toires ont toutes été ra­con­tées. Alors, qu’est-ce qui nous reste? C’est la ma­nière de les ra­con­ter. Et c’est là qu’il faut être in­ven­tif.»

«J’ai fait un film sur un être hu­main que j’aime beau­coup. J’ai aus­si abor­dé une his- toire, la sienne, mais aus­si l’his­toire de la vie de tout le monde. Pour moi, le film est beau­coup plus une ode à la vie, à l’ami­tié, à la fa­mille qu’un film sur la ma­la­die, même si on aborde ce thème. Qui­conque a des amis, une fa­mille et aime la vie va se re­trou­ver dans Mon ami Di­no. »

Mon ami Di­no, qui rend hom­mage à l’ac­teur Di­no Ta­va­rone, est une fiction pré­sen­tée sous forme de do­cu­men­taire.

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