SE­CRETS DE COU­LISSES

Ren­contre ex­clu­sive avec les ar­ti­sans du cirque Flip Fa­briQue

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - San­dra Godin Le Jour­nal de Qué­bec

Il a fal­lu un mois de tra­vail de longue ha­leine et de ré­pé­ti­tions in­ten­sives à toute la troupe de Flip Fa­briQue pour mettre au monde le spec­tacle Cré­pus­cule - Ra­vi­ver les braises. Voi­ci un aper­çu de ce qu'on trouve dans les cou­lisses, alors que Le Jour­nal ya fait une vi­site ex­clu­sive.

33 COS­TUMES

Pour conce­voir deux cos­tumes pour cha­cun des acro­bates, ain­si que les ha­bits très classe des mu­si­ciens, Sé­bas­tien Dionne a re­çu des di­rec­tives très claires de la part du met­teur en scène Oli­vier Nor­mand.

«Il vou­lait des gens de la ville, qui sont très bien mis et très pro­té­gés, qui ar­rivent dans cet en­droit-là dans une at­mo­sphère de crainte. Et plus ça avance, plus ils se li­bèrent, ils en­lèvent des couches et la cou­leur ap­pa­raît. On est par­ti d'un uni­vers mo­no­chrome avec du noir et blanc, et en­suite, on voit la cou­leur.»

Pour les mu­si­ciens, il s'est ins­pi­ré des groupes des an­nées 1970. Par­mi les ac­ces­soires, on re­trouve éga­le­ment des casques de sou­dures. Une cou­tu­rière est sur place tous les soirs pour faire les ajus­te­ments et ré­pa­rer les vê­te­ments s'il y a lieu.

DES PHYSIOTHÉRAPEUTES PRÉ­SENTS TOUS LES SOIRS

Deux physiothérapeutes, de la cli­nique PCN de Sainte-Foy, sont sur place tous les soirs, de 18 h 30 jus­qu'après le spec­tacle. «En en­trant chaque soir, tout dé­pen­dam- ment des bles­sures, on fait un sui­vi et on éva­lue au be­soin si les ar­tistes peuvent, ou non, par­ti­ci­per au spec­tacle. On fait aus­si quelques in­ter­ven­tions dans le but d'en­le­ver des ten­sions et fa­ci­li­ter leur vie dans le show. On voit des gens su­per heu­reux qui per­forment de­vant le pu­blic, mais sou­vent, ils ont autre chose en tête: ils font une per­for­mance mus­cu­laire avant tout. Ce sont des ath­lètes», confie Pier-Luc Pa­rent.

L'an pas­sé, cer­tains acro­bates ont eu des bles­sures plus sé­rieuses, mais jus­qu'à main­te­nant, tout va bien cette an­née. Des gens sur le ter­rain sont éga­le­ment for­més pour sou­te­nir les physiothérapeutes pour la sé­cu­ri­té des ar­tistes.

JOUER AVEC LE FEU

Croi­sé en ar­rière-scène, Jean-Fran­çois Ro­bi­taille pré­pa­rait son ma­té­riel pour son nu­mé­ro où il ma­ni­pule des bâ­tons en­flam­més. Il ex­plique au Jour­nal comment il fait pour al­lu­mer l'autre bout de la torche avec sa main nue, im­bi­bée d'es­sence.

Quant à lui, le cra­cheur de feu Jean-Sé­bas­tien For­tin ex­plique que le vent est son en­ne­mi. «Quand j'ai le vent dans le dos, je peux faire des flammes plus longues. Mais quand je l'ai dans la face, je me re­trouve à faire des po­si­tions un peu étranges pour que ça puisse se faire», a-t-il confié.

Les nu­mé­ros ont été ap­prou­vés par les pom­piers de Qué­bec, se­lon des normes bien éta­blies pour pré­ve­nir les in­cen­dies.

Les deux ar­tistes qui jouent avec le feu dans le spec­tacle ont des par­cours aty­piques, et sont plu­tôt po­ly­va­lents. Ils sont éga­le­ment cas­ca­deurs: on a pu voir Jean-

Fran­çois Ro­bi­taille dou­bler des ac­teurs dans le film X-Men, et Jean-Sé­bas­tien For­tin dans lol :-), à TVA. Ce der­nier pos­sède un doc­to­rat en études et pra­tiques des arts et fait aus­si de l'es­crime. Jean-Fran­çois Ro­bi­taille est un cham­pion d'arts mar­tiaux acro­ba­tiques, en plus d'avoir fait du ci­né­ma pen­dant trois ans. Il fait éga­le­ment le nu­mé­ro du cube en ou­ver­ture du spec­tacle.

LE VENT ET LA PLUIE

Lors des jour­nées chaudes et en­so­leillées, faire ce spec­tacle de­hors est un vé­ri­table bon­heur pour tout le monde. Mais ef­fec­tuer des nu­mé­ros de cirque lors­qu'on doit com­po­ser avec la pluie et le vent est tout un casse-tête et ap­porte cer­tains dan­gers.

Au­tant pour les nu­mé­ros de feu que pour l'épous­tou­flant nu­mé­ro de barre russe, le vent est un en­ne­mi, se­lon les acro­bates.

Pour la tech­nique, c'est aus­si un dé­fi. Tout l'équi­pe­ment doit être re­cou­vert en cas de pluie. Con­trai­re­ment à un spec­tacle en salle, le fonc­tion­ne­ment de cha­cun des équi­pe­ments de son et d'éclai­rages doit être vé­ri­fié avant chaque re­pré­sen­ta­tion.

VALAIRE

Les cinq gars du groupe Valaire se sont par­fai­te­ment in­té­grés à la troupe de cirque. Ils jouent la trame so­nore du spec­tacle en di­rect, tous les soirs, alors qu'ils se trouvent sur scène avec les ar­tistes. Vous les ver­rez même y al­ler de quelques pi­rouettes – pas très éla­bo­rées, mais très drôles – sur la tram­po­line.

«On n'est pas ha­bi­tués d'avoir un show par soir au même en­droit. Et là, le pu­blic vient à nous, c'est le meilleur des mondes», a confié Luis Cla­vis, qui dit aus­si beau­coup ap­pré­cier son ex­pé­rience.

Ils ont créé la trame so­nore conjoin­te­ment avec le met­teur en scène Oli­vier Nor­mand, à par­tir du ré­per­toire du groupe. Ils ont éga­le­ment in­té­gré du nou­veau ma­té­riel, puisque Valaire sort un nou­vel al­bum dans quelques se­maines.

Il y a une pe­tite part d'im­pro­vi­sa­tion éga­le­ment dans le spec­tacle. «Par­fois, il faut sur­veiller et jouer jus­qu'à tant que tel ou tel truc se soit pas­sé sur la scène.»

Le trom­pet­tiste To est au coeur d'un des nu­mé­ros, lors­qu'il fait un so­lo as­sis sur une pla­te­forme élé­va­trice, à cô­té des équi­li­bristes: un nu­mé­ro fort poé­tique

FLIP FA­BRIQUE

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