UNE AR­TISTE UNIQUE EN SON GENRE

Flo­rence Fos­ter Jen­kins n’était pas une femme comme les autres. Ha­bi­tée d’un amour sans borne pour la mu­sique, cette riche hé­ri­tière qui rê­vait d’être can­ta­trice a fi­ni par char­mer le monde en de­ve­nant la pire chan­teuse d’opé­ra à mon­ter sur les planches d

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Va­nes­sa Gui­mond Le Jour­nal de Mon­tréal va­nes­sa.gui­mond@que­be­cor­me­dia.com

Il n’est pas éton­nant, donc, que son his­toire, aus­si sin­gu­lière que ro­cam­bo­lesque, ait ins­pi­ré de nom­breux créa­teurs, dont le scé­na­riste Ni­cho­las Mar­tin et le ci­néaste re­nom­mé Ste­phen Frears, à qui l’on doit Phi­lo­me­na et The Queen.

D’ailleurs, c’est grâce à un choix ar­tis­tique de Frears, avec qui Me­ryl Streep et Hugh Grant n’avaient en­core ja­mais eu la chance de tra­vailler jusque-là, que les spec­ta­teurs ont droit à un film aus­si spon­ta­né et au­then­tique.

«Au dé­part, on nous avait dit que nous al­lions en­re­gis­trer la mu­sique, a ex­pli­qué Me­ryl Streep, l’in­ter­prète de Flo­rence Fos­ter Jen­kins, au cours d’une con­fé­rence de presse qui a eu lieu à New York, en dé­but de se­maine. Fi­na­le­ment, nous avons tout joué et chan­té live. Ça nous a ren­dus plus vi­vants, car c’était dif­fé­rent à chaque prise. Ç’a dû être l’en­fer au mon­tage, mais je n’étais pas pré­sente pour cette étape (rires).»

«L’as­pect per­for­mance me pa­rais­sait es­sen­tiel, a ajou­té le réa­li­sa­teur. Il fal­lait que Me­ryl chante et que Simon joue réel­le­ment. C’est ce qui comp­tait le plus, ce mo­ment pré­cis. C’est ce que j’ai vou­lu cap­ter. Je ne vou­lais pas que ce soit quelque chose de mé­ca­nique.»

BEAU­COUP DE TRA­VAIL

Simon Hel­berg, re­con­nu pour son rôle de Ho­ward Wo­lo­witz dans The Big Bang

Theo­ry, a dû mettre à pro­fit ses no­tions (très avan­cées) de pia­no pour in­car­ner le mu­si­cien Cosme McMoon. Mal­gré son ta­lent, l’ac­teur a tout de même dû re­le­ver un dé­fi de taille.

«Je me suis concen­tré sur qui était mon per­son­nage, ce qu’il fai­sait là, ce qu’il re­cher­chait et sur la mu­sique que nous de­vions jouer, a af­fir­mé l’ac­teur. (...) Me­ryl et moi avons dû com­po­ser avec le fait de ne ja­mais sa­voir ce qui nous at­ten­dait. C’est ce qui est à l’ori­gine de cer­taines ex­pres­sions fa­ciales plu­tôt co­miques.»

«Ç’a été plus amu­sant de tour­ner de cette fa­çon, mais aus­si plus ter­ri­fiant, sur­tout la scène qui se dé­roule à Car­ne­gie Hall, a confié l’ac­trice. Nous avons fil­mé les spec­ta­teurs en pre­mier afin de pou­voir cap­ter une réelle ré­ac­tion de sur­prise (NDLR Cer­tains fi­gu­rants n’avaient pas été aver­tis que l’ac­trice al­lait faus­ser de fa­çon dé­li­bé­rée). Nous au­rions pu échouer (...) Il (Simon) a été ex­tra­or­di­naire de pou­voir jouer du pia­no tout en in­car­nant son per­son­nage. Il a été stu­pé­fiant.»

L’AMOUR

Bien que le film nous pré­sente plu­sieurs (dé­li­cieux) mo­ments au cours des­quels Flo­rence s’exé­cute pour notre plus grand bon­heur, il ra­conte éga­le­ment une belle his­toire d’amour entre deux êtres pas­sion­nés par l’art.

Hugh Grant, qui in­carne St. Clair Bay­field, le ma­ri de la chan­teuse, campe avec doig­té cet aris­to­crate an­glais qui tente par tous les moyens de pro­té­ger sa femme des mau­vaises cri­tiques.

«Moi, je l’ai ai­mé (ce per­son­nage). Ç’a été le cas lorsque j’ai lu le scé­na­rio, mais aus­si lorsque j’ai ef­fec­tué de plus amples re­cherches à son su­jet, que j’ai lu ses jour­naux in­times, qui sont ar­chi­vés au Lin­coln Cen­ter. Il m’a char­mé. Il l’ai­mait et elle l’ai­mait en re­tour. Ils ont vé­cu une émou­vante his­toire d’amour qui a du­ré 35 ans. Est-ce qu’il ti­rait d’autres avan­tages de cette re­la­tion? Pro­ba­ble­ment, oui. Ce­pen­dant, je ne crois pas qu’il en ait été conscient (…) C’était un amour réel. Je crois que c’est pour cette rai­son qu’il la pro­té­geait de la vé­ri­té.»

ME­RYL

Lors­qu’on lui a po­sé la ques­tion, Simon Hel­berg n’a pas es­sayé de ca­cher qu’il avait été très ner­veux à l’idée de cô­toyer la grande Me­ryl Streep (nom­mée 19 fois aux Os­cars) dans le cadre de ce tour­nage.

«Je suis tou­jours très an­xieux, en gé­né­ral, a-t-il dit. J’étais in­ti­mi­dé jus­qu’à ce que je ren­contre Me­ryl et Hugh. À par­tir de ce mo­ment, ce­pen­dant, j’étais juste mo­dé­ré­ment ner­veux.»

«Pour ma part, j’ai ra­pi­de­ment com­pris que c’était avec lui (Simon) que je de­vais de­ve­nir ami, a ajou­té Hugh Grant, en poin­tant son col­lègue. Je sa­vais qu’il avait joué dans un sit­com, mais je n’avais pas réa­li­sé à quel point c’était gi­gan­tesque. Tu es pro­ba­ble­ment l’homme le plus riche que j’ai ja­mais ren­con­tré.»

Flo­rence Fos­ter Jen­kins, film de Ste­phen Frears, est pré­sen­te­ment à l’af­fiche dans les ci­né­mas.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.