LUC DIONNE RENTRE AU POSTE BLUE MOON AUX GÉ­MEAUX

Per­sonne ne s’éton­ne­ra d’ap­prendre que Luc Dionne a gran­di en­tou­ré de po­li­ciers. L’au­teur a dé­peint cet uni­vers à plu­sieurs re­prises au pe­tit écran, no­tam­ment dans Omer­tà et bien­tôt dans Dis­trict 31, la nou­velle quo­ti­dienne de Ra­dio-Ca­na­da.

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Marc-An­dré Le­mieux Le Jour­nal de Mon­tréal marc-andre.le­mieux@que­be­cor­me­dia.com

Mal­gré cette fas­ci­na­tion ap­pa­rente, Luc Dionne dit n’avoir ja­mais son­gé à joindre les forces po­li­cières plus jeune. «J’avais un pe­tit cô­té peut-être plus in­tel­lec­tuel, ex­plique le scé­na­riste en en­tre­vue au Jour­nal. J’ai­mais lire. J’ai­mais être tout seul. Ça in­quié­tait beau­coup ma mère. Mon père, qui était ma­thé­ma­ti­cien, lui di­sait tou­jours : “Laisse-le tran­quille. Il tra­vaille son ima­gi­na­tion.” Il n’avait pas tort.» Au­jourd’hui, Luc Dionne se ré­jouit d’avoir eu tout ce temps en so­li­taire à nour­rir ses pen­sées. «Ça m’a me­né loin», ob­serve-t-il.

Mu­si­cien de for­ma­tion, Luc Dionne ne croyait ja­mais de­ve­nir au­teur au se­con­daire. Et pour­tant, ses ren­dez-vous chez l’orien­teur avaient don­né des ré­sul­tats nets, clairs et pré­cis : son fu­tur ri­mait avec écri­ture.

«J’avais dit à mon père que c’était pour­ri comme test parce que je n’ai­mais même pas écrire! Je n’écri­vais même pas de cartes pos­tales quand j’étais en va­cances!», s’ex­clame l’homme der­rière les sé­ries Tag, Le der­nier cha­pitre et Bun­ker, le cirque.

SANS PRES­SION

Les choses ont bien chan­gé de­puis cette époque. Heu­reu­se­ment, car ces temps-ci, Luc Dionne four­nit en­vi­ron 140 pages de textes par se­maine pour ali­men­ter Dis­trict 31, une sé­rie de quatre épi­sodes par se­maine qui plon­ge­ra les té­lé­spec­ta­teurs au coeur d’un poste de po­lice mont­réa­lais. On pour­ra y suivre le par­cours des en­quê­teurs Na­dine Meilleur (Ma­ga­lie Lé­pine-Blon­deau) et Pa­trick Bis­son­nette (Vincent-Guillaume Otis).

Bien qu’il doive pondre une pre­mière sai­son de 120 épi­sodes, Luc Dionne dit bien vivre avec cette ca­dence sou­te­nue. «Ce n’est pas une si­né­cure. C’est beau­coup d’heures de tra­vail, mais il y a des avo­cats qui font beau­coup d’heures pour li­bé­rer du monde faus­se­ment ac­cu­sé. Il y a des neu­ro­chi­rur­giens qui font des opé­ra­tions pas mal plus com­plexes que d’écrire un show de fausses po­lices.»

Le plus dif­fi­cile, pour Luc Dionne, c’est d’avoir à re­non­cer à quelques ac­ti­vi­tés qu’il ché­ris­sait par­ti­cu­liè­re­ment. «J’aime bien man­ger. J’aime bien boire. J’aime bien pas­ser des soi­rées à re­gar­der des films de Pa­gnol en fu­mant un ci­gare. Je ne peux plus faire ça. Je dois me cou­cher de bonne heure pour me le­ver tôt et être en forme.»

Quand on lui de­mande s’il res­sent une cer­taine pres­sion à suc­cé­der à Fa­bienne La­rouche, sa pro­duc­trice, comme au­teur d’une quo­ti­dienne à Ra­dio-Ca­na­da en se­maine à 19 h, une case ho­raire pré­cé­dem­ment oc­cu­pée par Vir­gi­nie et 30 vies, Luc Dionne se­coue la tête. «Je fais mon show. Je fais mes af­faires… Ce que Fa­bienne a fait pen­dant 20 ans, per­sonne ne peut faire ça.»

DES ÉLOGES POUR MA­GA­LIE

Les tour­nages de Dis­trict 31 vont bon train de­puis quelques se­maines au deuxième sous-sol de Ra­dio-Ca­na­da. Luc Dionne est im­pa­tient de pré­sen­ter les pre­miers épi­sodes au pu­blic en sep­tembre. Après avoir vi­sion­né plu­sieurs sé- quences, l’au­teur dit être «ren­ver­sé» par «l’in­croyable qua­li­té et jus­tesse du jeu des co­mé­diens».

«J’ai eu quelques coups de coeur pour des ac­teurs, comme Di­no Ta­va­rone et Luc Pi­card dans Omer­tà… Ma­ga­lie Lé­pine-Blon­deau, c’est pas mal en tête de liste. Cer­tains co­mé­diens sont ca­pables de s’ac­ca­pa­rer d’un per­son­nage au point tel qu’il ne t’ap­par­tient plus. Il vit tout seul. C’est rare que ça ar­rive, mais quand ça ar­rive, c’est un mé­chant rush!»

Par ailleurs, Luc Dionne ne semble pas trop dé­çu du faible nombre de no­mi­na­tions ré­col­tées par Blue Moon au pro­chain ga­la des prix Gé­meaux. Dé­bar­quée sur Club illi­co en dé­but d’an­née, sa sé­rie d’ac­tion avec Ka­rine Va­nasse n’a ré­col­té que quatre men­tions mal­gré d’ex­cel­lentes cri­tiques.

«J’ai as­sez d’ex­pé­rience dans ce mi­lieu. Je n’ai pas be­soin de tro­phées pour faire ce que j’aime. Et puis, je connais trop la game. Je sais comment ça marche. Quand tu as du suc­cès dans ce mé­tier, tu es sou­vent très seul. Il y a beau­coup de ja­lou­sie et d’en­vie.»

ICI Ra­dio-Ca­na­da Té­lé pré­sen­te­ra Dis­trict 31 du lun­di au jeu­di cet au­tomne.

L’au­teur Luc Dionne dans les dé­cors de Dis­trict 31, sa nou­velle sé­rie à Ra­dio-Ca­na­da.

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