MÉ­NAGE À TROIS CI­NÉ­MA­TO­GRA­PHIQUE

Trois scé­na­ristes, trois réa­li­sa­teurs, trois per­son­nages prin­ci­paux pour un long mé­trage di­vi­sé en trois cha­pitres. Le film D’encre et de sang pousse à son pa­roxysme le con­cept de mé­nage à trois.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger

Ce drame lit­té­raire, qui met no­tam­ment en ve­dette Ly­sandre Mé­nard, marque les dé­buts au ci­né­ma de trois fi­nis­sants de l’Ins­ti­tut na­tio­nal de l’image et du son (INIS), Alexis For­tier Gau­thier, Maxim Rheault et Fran­cis For­tin.

«C’est un trip de gang», lance Alexis For­tier Gau­thier.

«Nous avons dé­ve­lop­pé l’his­toire tout le monde en­semble sur une pé­riode d’un an. On a sé­pa­ré les par­ties seule­ment dans les der­niers mois avant le tour­nage. On ne vou­lait pas un exer­cice de style ni à tout prix mar­quer la per­son­na­li­té de chaque réa­li­sa­teur. On vou­lait sim­ple­ment que le film se tienne», pour­suit-il.

LE SOUS-GENRE DU VOL DE MA­NUS­CRIT

Le film, donc, met en scène le li­braire et as­pi­rant ro­man­cier Sé­bas­tien (Mar­tin Des­ga­gné, per­son­nage prin­ci­pal nu­mé­ro 1). Ce der­nier se lie d’ami­tié avec un écri­vain d’ori­gine haï­tienne, Jo­seph (Fayolle Jean), qui meurt su­bi­te­ment après avoir été heur­té par une voi­ture de­vant la li­brai­rie.

Pen­dant que sa fille Sa­sha (Ly­sandre Mé­nard, per­son­nage prin­ci­pal 2) peine à se re­mettre du drame dont elle a été té­moin, Sé­bas­tien voit son rêve de pu­blier un livre se réa­li­ser après avoir sub­ti­li­sé un ma­nus­crit ap­par­te­nant au dé­funt. Ça va se cor­ser quand Sid­ney (Ian­ni­cko N’Doua, per­son­nage prin­ci­pal 3), le fils de Jo­seph, s’en mêle.

Le vol de ma­nus­crit n’est pas nou­veau au ci­né­ma. Pas plus tard que l’an der­nier, le film fran­çais Un homme idéal s’ar­ti­cu­lait au­tour d’un tel lar­cin.

«On a vu la bande-an­nonce quelques jours avant le tour­nage. C’est cer­tain qu’on s’est po­sé bien des ques­tions. Mais en même temps, c’est de­ve­nu un sous­genre. Beau­coup de grands réa­li­sa­teurs, dont Woo­dy Al­len, ont fait des films à par­tir de ça. Au fi­nal, il y a quelques si­mi­la­ri­tés, mais ça s’es­tompe as­sez vite», sou­met For­tier Gau­thier.

LES LI­MITES DE LY­SANDRE

Pour Ly­sandre Mé­nard, D’encre et de

sang est une deuxième ex­pé­rience au grand écran après sa splen­dide per­for­mance dans La pas­sion d’Au­gus­tine. La pia­niste de for­ma­tion af­firme avoir vé­cu un tour­nage com­plè­te­ment dif­fé­rent.

«C’était un rôle plus de­man­dant parce que je n’avais pas ma zone de confort (elle in­car­nait une pia­niste dans La pas­sion...). J’étais moins li­vrée à mon ins­tinct», ré­vèle la jeune femme, qui a mis ses li­mites après avoir consta­té la pré­sence de scènes de sexe dans le scé­na­rio.

«Il y avait des choses que je me sen­tais pas à l’aise de faire en­core. Avec les réa­li­sa­teurs, j’ai beau­coup par­lé à pro­pos de jus­qu’où je suis prête à al­ler.»

Fayolle Jean et Ly­sandre Mé­nard.

Mar­tin Des­ga­gné.

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