« ON PARLE DE LA MA­NIÈRE DONT NOTRE SO­CIÉ­TÉ TRAITE LES FEMMES »

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger

Des frères Jean-Pierre et Luc Dar­denne, on dit sou­vent qu’ils sont les por­teé­ten­dards d’un ci­né­ma à sa­veur so­ciale qui prend par­ti pour les op­pri­més. C’est ou­blier que les ci­néastes belges, double Palme d’or du Fes­ti­val de Cannes, ont fait une large place aux femmes en leur of­frant des rôles im­por­tants dans tous leurs films.

De­puis leur pre­mier sacre sur la Croi­sette pour Ro­set­ta, avec Émi­lie De­quenne dans le rôle-titre, les frères ont sou­vent mis une femme au coeur de leur ré­cit.

C’est en­core plus vrai de­puis qu’ils ont dé­ci­dé de faire ap­pel à des stars au lieu de ne mi­ser que sur des fi­gures peu connues du pu­blic. Dans Le gamin au

vé­lo, Cé­cile de France s’in­té­res­sait à un jeune gar­çon aban­don­né par son père. Il y a deux ans, Ma­rion Co­tillard brillait de mille feux en ou­vrière cher­chant à tout pris à gar­der son bou­lot dans Deux jours, une nuit.

FEMME MÉ­DE­CIN

Cette an­née, c’est au tour de la nou­velle étoile du ci­né­ma fran­çais, Adèle Hae­nel, de vivre l’ex­pé­rience Dar­denne. Dans La fille in­con­nue, elle in­carne un mé­de­cin qui re­mue ciel et terre pour iden­ti­fier le nom d’une femme re­trou­vée morte après qu’elle eut re­fu­sé de lui ou­vrir la porte de son ca­bi­net.

«Nous n’avons ja­mais dou­té que ces per­son­nages se­raient des femmes», dit Luc Dar­denne. «Dans le cas de La fille

in­con­nue, on sa­vait que notre film al­lait té­moi­gner de la vio­lence faite aux femmes. On n’au­rait pas pu le faire avec un mé­de­cin mas­cu­lin. Nos films, je crois, parlent de la ma­nière dont la so­cié­té d’au­jourd’hui consi­dère les femmes. C’est notre fa­çon d’être so­li­daire de toute cette op­pres­sion, qu’elle soit re­li­gieuse, sexuelle, ou so­ciale.»

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