POUR L’AMOUR DE BAR­BA­RA

Il y a quelque chose d’émou­vant à en­tendre Pa­trick Bruel in­ter­pré­ter les mots de Bar­ba­ra, ar­tiste my­thique qui a mar­qué l’his­toire de la chan­son fran­çaise avec des clas­siques comme Dis, quand re­vien­dras-tu? et L’aigle noir. Après avoir lan­cé l’al­bum Très

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - Va­nes­sa Gui­mond Le Jour­nal de Mon­tréal va­nes­sa.gui­mond@que­be­cor­me­dia.com PA­TRICK BRUEL Plus de dé­tails au pa­trick­bruel.com.

«Je pense à ce pro­jet de­puis tou­jours. Bar­ba­ra fait par­tie de mon uni­vers, de mon en­vi­ron­ne­ment de­puis l’âge de 8 ans, a-t-il ex­pli­qué, lors d’un ré­cent sé­jour à Mon­tréal. Bar­ba­ra a tou­jours été là, pré­sente, comme l’ont tou­jours été Bras­sens, Brel, les Stones, Pink Floyd, le clas­sique et l’opé­ra. C’est la mu­sique avec la­quelle j’ai gran­di.»

Lors­qu’on lui de­mande ce qui a sé­duit l’en­fant qu’il a dé­jà été, dans la mu­sique de cette grande au­teu­re­com­po­si­trice-in­ter­prète, l’ar­tiste nous ex­plique qu’il lui au­ra fal­lu en­tre­prendre cette tour­née pour pou­voir ré­pondre à cette in­ter­ro­ga­tion.

«Je me suis po­sé la ques­tion jus­qu’au jour où j’ai vu, dans ma salle, des pa­rents qui étaient ac­com­pa­gnés d’en- fants de 8 à 12 ans. Je leur di­sais: “Ça va? C’est dur? Pa­pa et ma­man vous ont obli­gé?” Ils me di­saient: “Non, nous ado­rons les chan­sons.” Du­rant ces dis­cus­sions, j’avais l’im­pres­sion de me re­voir. C’est nor­mal. Elle a tou­ché au coeur cinq gé­né­ra­tions de gens.»

LA REN­CONTRE

Dans les re­mer­cie­ments de son al­bum (pa­ru il y a un an), le chan­teur ex­prime sa gra­ti­tude à sa mère, qui lui a «un jour “pré­sen­té” la femme qui chante». Ce­pen­dant, il au­ra fal­lu plu­sieurs an­nées avant qu’il ne la ren­contre réel­le­ment.

«Bar­ba­ra, je ne vou­lais pas la ren­con­trer. Entre ses in­ter­views, ses spec­tacles, ce qu’elle di­sait entre ses chan­sons, ce qu’on écri­vait sur elle, ça me suf­fi­sait, a ex­pli­qué l’ar­tiste. Cette fois-là, au Mo­ga­dor (en 1990), c’est Char­ley Ma­roua­ni, son im­pre­sa­rio, qui m’a convain­cu de la ren­con­trer, après l’un de ses concerts (...) J’y suis al­lé en traî­nant les pieds.»

Après lui avoir rap­pe­lé qu’il ne pou­vait «la fuir in­dé­fi­ni­ment» (ce qu’il fai­sait de peur de bri­ser l’idée qu’il avait d’elle), Bar­ba­ra a dis­cu­té du­rant une heure avec lui.

«Je vou­lais lui par­ler d’elle, mais elle ne me par­lait que de moi. Elle me par­lait de mes chan­sons. Elle me di­sait que c’était im­por­tant d’écrire ses propres chan­sons, s’est-il sou­ve­nu. Après, elle m’en­voyait des fax qu’elle adres­sait à l’“en­fant roi”, au “prince”. Il s’agis­sait d’échanges ex­tra­or­di­naires.»

DÉ­COU­VERTE

Pa­trick Bruel est sûr que ses ad­mi­ra­teurs qué­bé­cois trou­ve­ront leur compte dans le spec­tacle qu’il pré­sen­te­ra dans huit villes du Qué­bec, à comp­ter du 13 avril.

«C’est très beau. Il y a des dé­cors ins­pi­rés des chan­sons de Bar­ba­ra, a ex­pli­qué ce­lui qui se­ra ac­com­pa­gné de quatre mu­si­ciens. Bar­ba­ra a une chan­son qui s’ap­pelle Ô mes théâtres, donc voi­là, sa vie, c’était les théâtres. Pour moi, ça vou­lait dire plu­sieurs as­pects du théâtre, plu­sieurs ri­deaux. Nous al­lons ap­por­ter les dé­cors de France. Je ne vou­lais pas que les gens pensent que parce que nous al­lons loin, nous al­lons pré­sen­ter quelque chose de dif­fé­rent, de mi­ni­ma­liste.»

Main­te­nant la tour­née eu­ro­péenne ache­vée, l’ar­tiste se dit convain­cu que les non-ini­tiés y trou­ve­ront aus­si leur compte. Se­lon lui, il suf­fit d’écou­ter la chan­son Drouot pour com­prendre pour­quoi il faut connaître Bar­ba­ra.

«Com­ment est-ce qu’on peut, avec de simples mots, dé­crire une si­tua­tion aus­si forte, aus­si émouvante, aus­si réa­liste? C’est bou­le­ver­sant.»

Pa­trick Bruel pré­sen­te­ra son spec­tacle hom­mage à Bar­ba­ra dans huit villes qué­bé­coises, en avril.

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