ÉVI­TER LES CLI­CHÉS

Trois ans après avoir ému les ci­né­philes avec sa per­for­mance dans Le dé­man­tè­le­ment, Ga­briel Ar­cand est de re­tour au ci­né­ma dans Le fils de Jean, un film fran­çais adap­té li­bre­ment d’un ro­man de Jean-Paul Du­bois, qui a été tour­né au Qué­bec à l’été 2015.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Maxime Demers Le Jour­nal de Mon­tréal maxime.demers@que­be­cor­me­dia.com

Ga­briel Ar­cand dit se mé­fier en gé­né­ral des films met­tant en scène des per­son­nages fran­çais qui partent à la dé­cou­verte du Qué­bec. Ces his­toires souffrent se­lon lui sou­vent du syn­drome «Ma cabane au Ca­na­da», parce qu’elles vé­hi­culent plu­sieurs cli­chés sur la fa­çon dont les Fran­çais per­çoivent la Belle Pro­vince.

«C’est un pro­blème qu’on re­trouve dans cer­tains films fran­çais qui ont été tour­nés au Qué­bec et c’est la rai­son pour la­quelle on s’est as­sis en­semble avant le tour­nage, le réa­li­sa­teur (Phi­lippe Lio­ret) et moi, pour éplu­cher le scé­na­rio et les dia­logues, in­dique Ga­briel Ar­cand en en­tre­vue au Jour­nal.

«On trou­vait que c’était im­por­tant de le faire, parce qu’on vou­lait évi­ter que le film s’at­tarde trop au cô­té su­per­fi­ciel de l’échange cultu­rel. On vou­lait s’as­su­rer que ce soit une vraie his­toire avec de vrais hu­mains. On vou­lait en gros que ce soit le contraire de ce qu’on avait vu il y a quelques an­nées avec Le Bon­heur de Pierre (une co­mé­die avec Pierre Ri­chard tour­née au Sa­gue­nay).

«On a donc peau­fi­né le scé­na­rio en­semble et je pense que ç’a été payant. Si notre film peut être un té­moi­gnage que c’est pos­sible de faire une co­pro­duc­tion pour autre chose que le gla­mour ou des rai­sons mer­can­tiles, je pense qu’on va avoir at­teint notre but. Ce film a été conçu dans un réel ef­fort de col­la­bo­ra­tion.»

HIS­TOIRE PER­SON­NELLE

Adap­té très li­bre­ment du livre Si ce livre pou­vait me rap­pro­cher de toi, de l’au­teur fran­çais Jean-Paul Du­bois, Le fils de Jean ra­conte l’his­toire de Mathieu (Pierre De­la­don­champs), un jeune Fran­çais de 33 ans qui re­çoit un jour un ap­pel d’un mé­de­cin qué­bé­cois (Ga­briel Ar­cand), qui lui ap­prend que son père, qu’il n’a ja­mais connu, vient de mou­rir et qu’il a deux de­mi-frères au Qué­bec. Mathieu dé­ci­de­ra aus­si­tôt de par­tir à la ren­contre de cette fa­mille qu’il n’a ja­mais connue. En plus de Ga­briel Ar­cand, Le fils de Jean réunit à l’écran plu­sieurs ac­teurs qué­bé­cois, de Ma­rie-Thé­rèse For­tin à Ca­the­rine de Léan en pas­sant par Pa­trick Hi­von et Pierre-Yves Car­di­nal.

«J’avais lu le ro­man de Du­bois il y a une di­zaine d’an­nées et je l’avais trou­vé for­mi­dable, re­late en en­tre­vue le réa­li­sa­teur fran­çais Phi­lippe Lio­ret ( Wel­come, Je vais bien ne t’en fais pas).

«Je sen­tais que cette his­toire de fi­lia­tion me per­met­tait de faire des ponts avec une his­toire per­son­nelle que j’ai vé­cue il y a plu­sieurs an­nées. J’ai donc ac­quis les droits du ro­man, mais je l’ai lais­sé de cô­té pour tour­ner quatre autres films. Mais comme elle me res­tait en tête, je suis re­ve­nu vers cette his­toire il y a quelques an­nées. En fin de compte, Le fils de Jean n’a rien à voir avec le ro­man de Du­bois. C’est plus une ins­pi­ra­tion.»

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