ON NE S’EST PAS FAIT CENSURER

Si­mon Olivier Fec­teau ap­porte ac­tuel­le­ment les der­nières touches au Bye Bye 2016. Mal­gré son ho­raire char­gé, le réa­li­sa­teur, cos­cé­na­riste et pro­duc­teur au conte­nu de l’émis­sion a trou­vé quelques mi­nutes pour s’en­tre­te­nir avec Le Jour­nal.

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Marc-An­dré Le­mieux Le Jour­nal de Mon­tréal

Met­tant en ve­dette Marc La­brèche, Anne Dor­val, Pierre Bras­sard, Vé­ro­nique Cla­veau et Pa­trice L’Écuyer, le Bye Bye que Ra­dio-Ca­na­da pré­sen­te­ra le 31 dé­cembre de­vrait se dif­fé­ren­cier des der­nières édi­tions du po­pu­laire ren­dez-vous hu­mo­ris­tique de fin d’an­née, puisque der­rière la ca­mé­ra, c’est une tout autre équipe qui suc­cède à Louis Mo­ris­sette et com­pa­gnie. La der­nière édi­tion du Bye Bye a at­ti­ré 5 100 000 té­lé­spec­ta­teurs et rem­por­té 6 prix Gémeaux. Quand on prend les com­mandes d’une émis­sion aus­si sa­luée, qu’est-ce qu’on se dit? «Je vais al­ler com­plè­te­ment ailleurs» ou «Je vais em­prun­ter la même voie»? C’est un Bye Bye. On ne peut pas chan­ger le concept: c’est l’an­née re­vi­si­tée en sketches. Ce­la dit, je suis une per­sonne dif­fé­rente de Louis (Mo­ris­sette). Guillaume (Les­pé­rance, le pro­duc­teur du Bye Bye 2016) aus­si. C’est sûr qu’il y a des trucs qu’on ap­proche dif­fé­rem­ment. On met les choses à notre goût... tout en vou­lant plaire au pu­blic. Le Bye Bye, ce n’est pas quelque chose qui nous ap­par­tient; ça ap­par­tient aux té­lé­spec­ta­teurs. On nous a seule­ment don­né les clés. Est-ce au­tant de tra­vail que ce à quoi tu t’at­ten­dais? Oui. Je m’étais donc pré­pa­ré en con­sé­quence. Guillaume et moi, on s’est en­tou­rés d’une équipe in­croyable, ce qui fait en sorte qu’au­jourd’hui, je ne suis pas en train de faire un burn-out… mais en fonc­tion de l’ac­cueil du pu­blic le 31 dé­cembre, je vais peut-être en faire un le 1er jan­vier! J’ai fait mes de­voirs. Je fais le Bye Bye à temps plein de­puis sep­tembre. Je n’ai rien d’autre que ça! Au cours des der­nières an­nées, Louis Mo­ris­sette or­ga­ni­sait tou­jours un vi­sion­ne­ment test du Bye Bye de­vant un pe­tit groupe de té­lé­spec­ta­teurs pour voir com­ment ces der­niers ré­agis­saient aux sketches. Ça lui per­met­tait d’ajus­ter cer­taines choses – et par­fois de cor­ri­ger le tir – avant de li­vrer la co­pie fi­nale de dif­fu­sion. Comptes-tu faire la même chose cette se­maine? Je ne sais pas. Je suis ré­ti­cent à cette idée. D’un cô­té, prendre le pouls du pu­blic, c’est pré­cieux comme avan­tage. Mais d’un autre cô­té, je ne veux pas qu’on prenne des dé­ci­sions dras­tiques ou im­pul­sives parce que cer­tains pas­sages de l’émis­sion n’ont pas au­tant fait rire qu’on pen­sait. On a beau­coup par­lé de 2016 comme une an­née sombre, no­tam­ment en rai­son des nom­breuses at­taques ter­ro­ristes dans le monde. Vois-tu le Bye Bye comme une oc­ca­sion de pas­ser des mes­sages? Oui, mais il y a des li­mites. Si c’est juste un Bye Bye à mes­sages, on fait fausse route. Le but pre­mier, c’est de di­ver­tir. On veut que les gens passent un bon 31 dé­cembre. Mais po­li­ti­que­ment et so­cia­le­ment, il se passe tel­le­ment de choses im­por­tantes… c’est im­pos­sible de pas­ser à cô­té. Je suis un ci­toyen po­li­ti­sé. J’ai des opi­nions. Ça va trans­pa­raître. Il y a quelques sketches qui prennent po­si­tion, mais dans l’en­semble, ça reste très co­mique et lé­ger. La cen­sure dont Mike Ward et Guy Nan­tel ont été vic­times aux Olivier a beau­coup fait par­ler au prin­temps. Quand la nou­velle est sor­tie, est-ce que ça t’a in­quié­té pour le Bye Bye? Ça n’a pas été une source de pré­oc­cu­pa­tion et ça n’a pas été un pro­blème non plus, parce qu’on ne s’est pas fait censurer. Tout ce qu’on a écrit, c’est pas­sé. Ce qu’on va pré­sen­ter en ondes, ce n’est pas un com­pro­mis. Au contraire. C’est tout ce qu’on vou­lait faire. Si ja­mais ce n’est pas bon, ce se­ra juste de notre faute. Ce ne se­ra pas la faute des avo­cats! Que fe­ras-tu le soir du 31 dé­cembre? Je ne sais pas en­core. Ça se peut que je dé­cide de par­tir dans le Sud à la der­nière mi­nute. Ce n’est pas im­pos­sible. Parce que c’est beau­coup de pres­sion, le Bye Bye. Mais tu sembles pour­tant bien gé­rer cette pres­sion… J’avoue que oui. Je pense qu’on est en train de faire quelque chose de bien. Je ne suis pas mort de stress, mais j’ai tra­vaillé comme un fou. Faire le Bye Bye, c’est comme ac­cep­ter la mort, d’une cer­taine fa­çon. La mort de ton égo. Si ja­mais tu te plantes, tu échoues de­vant tout le monde. ICI Ra­dio-Ca­na­da Té­lé pré­sente le Bye Bye 2016 le sa­me­di 31 dé­cembre à 23 h. En re­dif­fu­sion le 1er jan­vier à 21 h.

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