L’ÉMO­TION L’IN­TEN­SI­TÉ ET de Pa­trick Huard

En rai­son de son suc­cès en 2016 – film ca­na­dien le plus ren­table de l’his­toire –, Bon Cop Bad Cop oc­cupe une place à part dans la culture po­pu­laire, et ce n’est pas un ha­sard si Pa­trick Huard a tra­vaillé au­tant d’an­nées sur l’his­toire avant de li­vrer un s

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie Agence QMI

À moins d’une se­maine de la sor­tie en salles, l’ac­teur, scé­na­riste et producteur, ac­com­pa­gné de ses com­plices Colm Feore, le réa­li­sa­teur Alain Des­Ro­chers et du producteur Pierre Even, dé­cor­tiquent

Bon Cop Bad Cop 2 pour le plus grand plai­sir des fans.

D’en­trée de jeu, pour ce­lui qui agit éga­le­ment ici à titre de producteur, Pa­trick Huard a dé­ci­dé de ne pas tom­ber dans le piège d’une suite sur la même mou­ture que le volet précédent. La ri­va­li­té entre Da­vid Bou­chard (Pa­trick Huard) et Mar­tin Ward (Colm Feore) a donc lais­sé la place à une so­lide amitié. Ils se re­trouvent alors que Da­vid a in­fil­tré un groupe de cri­mi­nels, qui se spé­cia­lise dans le vol et la re­vente de voi­tures de luxe et que Mar­tin, main­te­nant à la GRC, de­vient en quelque sorte son pa­tron dans cette enquête.

Avec l’aide de MC (Ma­ria­na Maz­za), nos deux com­pères au­ront donc comme tâche de dé­cou­vrir l’ob­jec­tif d’en­ver­gure des cri­mi­nels et de les stop­per à tout prix, en fran­chis­sant no­tam­ment la fron­tière amé­ri­caine. Et c’est sans comp­ter sur le sou­tien de Su­zie (Lu­cie Lau­rier), la femme de Da­vid, et ce que vivent Ga­brielle (Sa­rah-Jeanne La­brosse), leur fille, et Jo­na­than (Erik Knud­sen), le fils de Mar­tin.

«Il y a un bon cô­té à chaque mau­vais cô­té. Moi aus­si, j’ai trou­vé ça long d’at­tendre pour faire la suite, mais en même temps, comme au­teur, ça m’a un peu li­bé­ré. C’est comme si le cor­don était cou­pé, c’est-à-dire qu’on aime en­core le bé­bé, c’est le même ADN, mais il y a suf­fi­sam­ment de dis­tance pour em­me­ner les spec­ta­teurs ailleurs sans les dé­rou­ter com­plè­te­ment. Ça a en­ri­chi l’his­toire, je n’au­rais pro­ba­ble­ment pas écrit ça il y a sept ans», a dit Pa­trick Huard en en­tre­vue la se­maine der­nière à Mon­tréal.

L’amitié pro­fonde qui unit dé­sor­mais Da­vid et Mar­tin se ma­ni­feste lorsque leur enquête em­mène les deux hommes aux États-Unis, les Amé­ri­cains s’avé­rant être l’en­ne­mi contre le­quel il faut lut­ter… tou­jours avec beau­coup d’hu­mour!

«Pa­trick n’a ja­mais eu peur de mé­lan­ger les genres, a sou­li­gné Colm Feore. Pour moi, c’était un peu stres­sant, parce qu’il vou­lait une co­mé­die. Bon Cop Bad Cop 2, c’est triste, c’est drôle, c’est de l’ac­tion, on bas­cule, il y a des cas­cades, on parle. Et il y a des choses qui sont, au fond, vraiment in­té­res­santes.»

Ain­si que l’a ex­pli­qué Pa­trick Huard en par­lant du cô­té fa­mi­lial, sym­pa­thique et grand pu­blic de ce long mé­trage, « Bon

Cop Bad Cop, ça ap­par­tient aux gens, c’est leur film. On a es­sayé de faire un film qui leur fe­rait plai­sir, qui les com­ble­rait, qui leur fe­rait pas­ser deux heures ex­tra­or­di­naires. C’est ça le but. Main­te­nant, c’est quand même an­cré sur des choses qui sont très proches de la réa­li­té, [no­tam­ment] po­li­ti­que­ment, avec ce qui se passe avec les Amé­ri­cains. Bon

Cop Bad Cop est groun­dé dans l’iden­ti­fi­ca­tion des gens au film.» MON­TRÉAL, JE T’AIME Long mé­trage à grand dé­ploie­ment, au bud­get de 12 mil­lions $, Bon Cop Bad Cop 2 a été tour­né à Mon­tréal et dans les en­vi­rons l’an der­nier, une vo­lon­té de Pa­trick Huard qui s’est di­rec­te­ment adres­sé à De­nis Co­derre pour mettre en lu­mière la mé­tro­pole.

«C’était im­por­tant pour moi. Je suis al­lé voir mon­sieur le maire avant le tour­nage et je lui ai dit qu’on al­lait lui de­man­der des choses aux­quelles il dit non d’ha­bi­tude ou aux­quelles il dit oui, des fois, aux Amé­ri­cains qui font sem­blant qu’il s’agit de Bos­ton ou New York. Et je lui ai dit que nous, nous vou­lions mon­trer fiè­re­ment que c’était Mon­tréal, que les gens re­con­naissent Sch­wartz’s. Je vou­lais ça, ça a été pen­sé parce que je sais qu’il y a des gens à tra­vers le Ca­na­da qui font: “Je suis dé­jà al­lé là!” ou “C’est ça, Sch­wartz’s!”»

Colm Feore est tout aus­si en­thou­siaste en par­lant de Mon­tréal. «Ro­nald Plante [NDLR le di­rec­teur de la pho­to­gra­phie] a créé des trucs…! J’ai été ra­vi des cou­leurs, de la com­po­si­tion, c’est mont­réa­lais. Quand je vois [l’en­seigne] “Fa­rine Five Roses” dans une scène avec des en­fants, on est exac­te­ment là, ça ajoute des ni­veaux de re­con­nais­sance.»

Et comme l’a sou­li­gné le ci­néaste Alain Des­Ro­chers, qui avait dé­jà tra­vaillé avec

Pa­trick Huard pour la série té­lé­vi­sée Mu­sic Hall, cette aven­ture mont­réa­laise lui a lais­sé des sou­ve­nirs im­pé­ris­sables.

«La fer­me­ture de Dé­ca­rie a été cos­taud! C’était un gros tra­vail de co­or­di­na­tion, de tour­nage. En plus, il a plu une nuit et il a fal­lu “scrap­per” des prises. […] Tout a été un beau gros dé­fi, comme de mettre la ca­mé­ra dans le canal La­chine, ça aus­si c’était quelque chose!»

Et le réa­li­sa­teur a li­vré un pe­tit se­cret: la scène de l’écrou­le­ment de l’écha­fau­dage sur Da­vid Bou­chard a été ajou­tée au mo­ment du tour­nage. «Cette scène est di­rec­te­ment ins­pi­rée de Bus­ter Kea­ton. Je suis un fan fi­ni de Char­lie Cha­plin, pour moi, c’est le plus grand au monde. Et c’est pour ça que je fais du ci­né­ma au­jourd’hui, parce que, quand j’étais “ti-cul”, mon père m’a mon­tré des films de Char­lie Cha­plin en 16 mm sur son pro­jec­teur à ma­ni­velle.»

Mon­tréal n’est pas que mon­tré au tra­vers de plu­sieurs lieux, Bon Cop

Bad Cop 2 porte éga­le­ment l’em­preinte de la mo­saïque cultu­relle de la ville, ain­si que l’a com­men­té Pa­trick Huard.

«Le Ca­na­da de main­te­nant, c’est mul­ti­cul­tu­rel. Pour les jeunes – ma fille a 19 ans, elle va avoir 20 ans, [celle de Colm] a 20 ans –, tel­le­ment de choses sont com­plè­te­ment nor­males, ils sont à des an­nées-lu­mière [de nous] et ne com­prennent même pas que cer­tains su­jets soient l’ob­jet de conver­sa­tions, ça fait par­tie de leur vie de tous les jours! Et ça, ça s’est pas­sé en très peu de temps. […] C’est mer­veilleux! Il y a des mo­ments où on a des peurs, des pe­tites ré­sis­tances et c’est nor­mal, mais il faut conti­nuer à avan­cer là-de­dans. S’il y a une trace de mo­der­ni­té dans Bon Cop Bad Cop 2, c’est qu’il y a des beaux mé­chants. Ils sont beaux, ils sont co­ol! »

BON COP BAD COP 2

Sur le pla­teau de tour­nage avec Pa­trick Huard

Colm Feore et le réa­li­sa­teur Alain Des­Ro­chers sur le pla­teau de tour­nage.

Lu­cie Lau­rier

Sa­rah-Jeanne La­brosse

Ma­ria­na Maz­za

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